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Abus de fonction, clientélisme et rapine
ce que révèle le procès de l'ex-wali d'alger
Publié dans Liberté le 30 - 11 - 2020

Le procès d'Abdelkader Zoukh, dont une partie s'est déroulée samedi au tribunal de Tipasa, renseigne sur le degré de l'incurie et de la corruption qui a gangrené, des années durant, le corps de l'Etat. L'exemple de la wilaya d'Alger démontre qu'aucune institution n'est épargnée.
Mis face à d'autres fonctionnaires et surtout face à certains des bénéficiaires de ses largesses, l'ancien wali d'Alger n'a pas trouvé mieux que de se défausser sur les autres ou, au mieux, de plaider la bonne foi.
C'est ce que l'ancien responsable, qui est resté longtemps à la tête de la capitale, a fait dans les deux dossiers traités par la chambre correctionnelle du tribunal de Tipasa.
Dans l'affaire liée à l'octroi d'avantages à la famille de l'ancien directeur général de la Sûreté nationale, Abdelghani Hamel, tout comme dans celle de l'homme d'affaires Mahieddine Tahkout, des interventions de hauts responsables pour accorder des avantages à ces gros bonnets du système sont visibles.
Et dans les deux cas, le coup de pouce des cercles du pouvoir — du moins celui d'Abdelkader Zoukh — ne s'est pas limité à octroyer des terrains destinés à l'investissement ou d'autres biens immobiliers sans la fourniture de dossiers.
Le préjudice causé au Trésor public est énorme. Et au lieu de se soucier de la manière de récupérer ces sommes que les investisseurs ont refusé de payer, le wali a demandé aux responsables d'arrêter l'envoi des mises en demeure et des poursuites judiciaires.
C'est ainsi que lors de son témoignage, le directeur de l'Agence de gestion et de régulation foncière de la wilaya d'Alger (Agerfa), Yazid Bekka, révèle qu'à sa nomination en 2017, il avait découvert que les arriérés de paiement des redevances et charges de viabilisation avaient atteint la somme de 3 milliards de dinars.
"J'avais posé le problème au wali, et il nous a dit de prendre les mesures nécessaires. Nous avons commencé à déposer plainte, mais il nous a demandé de ne pas inquiéter Chahinez Hamel, Tahkout, Haddad, Faderco, Haisam Immo", a-t-il indiqué.
Au juge qui demande pourquoi, le responsable explique que l'ancien wali avait argué cela par "le prix exorbitant des tarifs imposés" par les autorités. Le problème, interpelle le juge, c'est que cela devait être relevé au début du contrat et non pas 3 ou 4 ans après.
Or, il se trouve, selon les déclarations des protagonistes, que des concessions avaient été accordées sans qu'aucun centime soit versé au Trésor public comme le stipule la loi.
Rien qu'à Chahinez Hamel, dont le projet de construire une tour et un hôtel n'a jamais vu le jour, malgré l'octroi d'une assiette de terrain de 7 000 m2 et des crédits bancaires, le Trésor public réclame encore 166 millions de dinars (140 rien que pour l'Agerfa et 2,6 millions de dinars au titre de redevances).
Mais la puissance dont se prévalaient ces "investisseurs" était visiblement supérieure à toute autorité. Preuve en est que les plaintes en justice n'ont été déposées qu'en mai 2019 ; c'est-à-dire deux mois après le limogeage d'Abdelkader Zoukh et la démission d'Abdelaziz Bouteflika.
L'attribution du marché du transport urbain à Mahiedine Tahkout et l'octroi des biens immobiliers aux enfants et à l'épouse d'Abdelghani Hamel sur un simple coup de téléphone, comme l'ont attesté plusieurs témoignages concordants, sont l'illustration de ces pratiques qui se faisaient au mépris des lois.
Cette pratique qui pousse, par exemple, un wali à utiliser une loi qui lui donne la possibilité de réserver un logement d'urgence à une famille en détresse ou victime d'une catastrophe naturelle, pour gratifier le fils du chef de la police, faisait partie des anecdotes que les Algériens se racontaient dans les cafés ou dans les chaumières. Mais ce procès de Tipasa et ceux qui l'ont précédé l'ont actée.

Ali BOUKHLEF


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