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Elieshi Lema, une amazone des lettres africaines
Publié dans La Nouvelle République le 17 - 08 - 2016

Roman féministe, «Terre aride» de la Tanzanienne Elieshi Lema s'inscrit dans la grande tradition de la critique sociale qui a fait les beaux jours de la littérature africaine en ses débuts.
Si le réalisme social de Lema paraît aujourd'hui un peu décalé par rapport à la production littéraire postcoloniale qui a délaissé l'engagement pour la révolution scriptuaire, il ne manque pas de faire sens dans un continent noir encore soumis aux lois du patriarcat. Elieshi Lema est romancière, poètesse et éditrice. Le roman « Terre aride », une histoire d'amour, traduit en français cette année par les éditions Présence Africaine, est un classique de la littérature tanzanienne de langue anglaise. Paru en 2001, il est considéré comme un monument de l'écriture féministe africaine grâce à son intrigue qui met au premier plan la condition des femmes et leurs rapports de force avec les hommes dans la société tanzanienne contemporaine. Son auteur Elieshi Lema écrit aussi pour la jeunesse et elle fait partie de la petite poignée d'écrivains anglophones de la Tanzanie, dont Abdulrazak Gurnah qui, on se souvient, a failli remporter en 1994 le Booker prize, équivalent du Goncourt en France, pour son magnifique roman « Paradis » (Denoël). Trois générations de femmes Malgré son sous-titre, « Terre aride, une histoire d'amour », n'est pas un roman à l'eau de rose à la Barbara Cartland mais un récit réaliste et grave qui puise son inspiration dans le vécu tanzanien, plongeant le lecteur au cœur des rapports entre hommes et femmes mais aussi entre femmes. Trois générations de femmes cohabitent dans ce livre : Doreen la narratrice, sa mère Foibe et la grande-tante Mai. Elles se confient, s'entraident et se racontent leur passé et leur présent faits de grandes défaites et de petites avancées. Les plus âgées comme Mai se souviennent de l'époque où les femmes n'avaient pas le droit de s'approcher des hommes dans les lieux publics et ne pouvaient se déplacer dans la rue sans être chaperonnées ou après avoir été explicitement autorisées à le faire. Or, paradoxalement, dans le récit que fait Lema du gynécée tanzanien, les femmes les plus libres ne sont pas celles qu'on croit. Le personnage central du roman, Doreen est enseignante dans une école pour jeunes filles. Sa mère agricultrice a élevé seule ses quatre enfants, après avoir été répudiée par sa famille parce qu'elle était tombée amoureuse d'un homme marié, beaucoup plus âgé qu'elle. Celui-ci était là pour faire les enfants, mais a brillé par son absence lorsqu'il a fallu s'en occuper. Foibe a dû alors retrousser ses manches pour subvenir aux besoins de ses enfants, leur donner à manger, les habiller convenablement et les envoyer à l'école... Cette mère courage se révèle être aussi une femme de caractère. Elle ne se rebelle pas contre la société qui l'a marginalisée pour avoir cru en l'amour, elle la défie en donnant son nom de jeune fille (Seko) à ses enfants plutôt que celui de leur père (Shoshe). Sa défiance de la société se traduit aussi par l'affirmation de sa liberté sexuelle. « Elle avait aussi appris, lit-on, qu'une femme avait le droit d'avoir une maîtrise totale de sa vie sexuelle, qu'elle devait gérer en toute liberté ». Comme un homme, aurait pu ajouter la narratrice. Révolution tranquille contre le patriarcat Il n'est donc pas étonnant que, devenue adulte, Doreen Seko fasse de sa mère son modèle, allant jusqu'à commettre les mêmes erreurs, en faisant confiance elle aussi à l'amour. A la différence près que l'homme qu'elle aime finit par l'épouser, avant toutefois de se détourner d'elle sous prétexte qu'elle ne peut pas lui donner un fils. Les hommes n'ont pas le beau rôle dans ce roman : ils sont réduits à leur pouvoir social dont ils jouissent éhontément. Ils sont naturellement acteurs de leur destin, et ne mettent pas en cause leur condition masculine privilégiée. La seule exception, c'est Joseph, le dernier homme que Doreen va rencontrer après le naufrage de son mariage, lors d'un trajet en bus. Celui-ci va aider la jeune femme à évoluer et lui apprend à être libre en assumant pleinement sa vie, ses choix, ses amours. Il lui enseigne surtout la peinture, activité créatrice à travers laquelle la protagoniste peut enfin s'exprimer et donner un sens à sa vie devenue une « terre aride ». Derrière son écriture parfois naïve, ce roman cache beaucoup de subtilité dont témoignent les métaphores de la toile d'araignée ou de la femme comme « orpheline de la société », mises en œuvre pour décrire la condition féminine. Dans la révolution tranquille d'Elieshi Lema contre le patriarcat, il n'y a pas de place pour la violence lexicale ou la guérilla idéologique à la Calixthe Beyala, mais les propos des personnages sont animés d'une contestation réelle des mythologies (mariage, procréation, virilité) sur lesquelles s'est construite la domination masculine au cours des siècles. D'ailleurs, le récit de la Tanzanienne commence là où s'arrêtent les contes de fée. Non, ils ne vécurent pas heureux et n'eurent pas beaucoup d'enfants non plus !

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