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De Rousseau à Taos Amrouche
Publié dans La Nouvelle République le 15 - 08 - 2018

Un genre très courant chez les chevronnés de la littérature classique au Liban ou en Egypte
Ahmed Amine en est un représentant. Celui qui nous revient comme roman épistolaire, c'est L'amant invisible que Taos Amrouche a écrit à la première personne. Ce mode d'écriture remonte à J. J. Rousseau avec La Nouvelle Heloise, roman par lettres plagié par Laclos pour composer à son tour, mais sans en avoir le même style, Les Liaisons dangereuses. Et parmi les romans épistolaires plus accessibles, même s'ils ont été composés dans un relevé, on ne peut pas ne pas citer Les Lettres persanes de Montesquieu ou Les lettres de Voltaire composés par des auteurs universalistes devenant tour à tour, au fil des lettres, expéditeurs et récepteurs ou inversement.
Une technique pour élargir son lectorat
Pour peu qu'elles soient enrichissantes et thématiquement assez piquantes pour répondre aux besoins du public frustré, les lettres deviennent merveilleusement captivantes. Elles nous font découvrir l'intériorité des personnages dont les situations sentimentales sont complexes. Les écrivains qui ont une longue expérience du genre romanesque ont jugé utile de remplacer la linéarité ou la chronologie dans la narration, par une lecture de portraits plus agréable, pour les relations que les personnages entretiennent avec d'autres. Il se peut que le genre épistolaire soit inventé pour brouiller la piste à ceux qui exercent la censure. Si cela n'est pas vrai pour tous, ça l'est indiscutablement pour Les lettres de Voltaire.
Les connaisseurs affirment que la première personne dans ce genre littéraire qui réunit à la fois la description, le récit, le portrait moral s'accommode beaucoup plus de problèmes sentimentaux de ceux qui disent leur vie en même temps qu'ils la vivent ou la faisant vivre, à la différence d'un héros de théâtre à qui on dicte ce qu'il doit dire en tant qu'acteur mis dans la peau d'un personnage dont il raconte la vie. Le personnage du roman par lettres évince l'auteur pour devenir lui-même l'auteur, le narrateur – des tranches de vie rapportées pour être dites dans toutes leurs fluctuations. Les personnages qui se présentent comme de vrais narrateurs sont suivis dans tous les recoins de leur vie marquée d'abord par la naissance puis par les relations bonnes ou mauvaises, les sentiments évoluant en bien ou en mal.
La lettre donne l'illusion du réel et nous rapproche le plus possible de l'entretien ordinaire, en faisant éprouver des émotions en nous sensibilisant à la douleur ou à la joie des autres. Cela est d'autant plus vrai que le style est fantaisiste, tendre, badin, grave, triste, vrai. On dit que la lettre est le portrait de l'âme qui se prête à tous les mouvements. Tour à tour, elle s'anime, jouit, se repose, avant de se relancer vers d'autres horizons. La vie d'un personnage est représentée par une courbe d'idées imprévisibles et d'instantanés. La courbe est d'autant plus animée que le personnage est de nature vif, amoureux de la vie qu'il consomme à pleines dents. La courbe représentative de l'évolution dans le temps et l'espace, d'un personnage, peut être tour à tour marquée par les renversements d'humeur.
Il peut être, selon les moments, anxieux, déprimé, comblé. L'itinéraire subit parfois des retours en arrière, dans un passé vécu dans un bonheur total ou des péripéties éprouvantes qui marquent à vie. Quelquefois une métamorphose par le souvenir nous renvoie dans des perspectives d'avenir très alléchantes. Il arrive que le personnage ignore le passé et l'avenir en ne s'attachant qu'au présent. Les acteurs ne racontent pas de la même façon selon qu'ils tâtonnent au présent ou qu'ils ont choisi la voie pour un avenir bien tracé. Certaines lettres s'apparentent beaucoup au journal ; ce qu'on y raconte est perçu comme une suite de fragments d'un journal intime. Ceci fait partie de la nature humaine qui n'ose pas dire tout ou qui fait part de tout. C'est ce que nous trouvons chez Taos Amrouche, dans son roman de plus de 400 pages, où le je montre bien la diversité des personnes, c'est-à-dire des états d'âme représentatifs de l'immense diversité des individualistes.
Parfois, au fil des lectures, on découvre une lettre qui se rapproche du journal intime par un personnage qui se raconte à lui seul par un monologue. On dit qu'il s'explore lui-même. La lettre peut être un moyen d'inciter l'autre, celui à qui elle est destinée, à se manifester, réagir. Le destinataire absent est plus que jamais présent. Ce qui change parfois le monologue en dialogue pour prendre l'autre à témoin de sa propre conscience. L'auteur s'efface puisqu'il laisse tout dire aux personnages, bien qu'il apparaisse souvent comme l'auteur du livre, de la forme de son roman et de son ordonnance. Il est le maître indéniable de l'œuvre.


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