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Histoire, supplices et défaite
La Porte de Bab Azzoun
Publié dans La Nouvelle République le 11 - 12 - 2025

Sous la Régence d'Alger, la Casbah était protégée par un réseau de cinq portes, chacune jouant un rôle crucial dans la défense et les échanges entre la ville, le port et l'intérieur du pays. Ces portes – Bab El Djedid, Bab El Bahr, Bab El Djezira, Bab El Oued et Bab Azzoun – étaient fermées chaque soir après la prière d'El Icha et rouvertes à l'aube par un Agha (officier) de permanence. Elles incarnaient le premier rempart contre les envahisseurs et garantissaient le contrôle sur l'entrée des visiteurs étrangers. Parmi elles, Bab Azzoun se distingue non seulement par son importance stratégique mais aussi par son histoire macabre et les récits légendaires qui l'entourent.
La Porte de Bab Azzoun : carrefour du Ravitaillement
Située au sud de la ville, la porte de Bab Azzoun se distinguait par ses deux voûtes : l'une intérieure, haute de 17 mètres, et l'autre extérieure, en chicane, plus à l'ouest. Grâce à sa hauteur imposante, elle permettait le passage sans encombre des caravanes de chameaux lourdement chargés de denrées. Cette porte jouait un rôle essentiel dans le ravitaillement d'Alger, en facilitant l'entrée des marchandises et des matières premières en provenance de l'intérieur du pays. En tant que lien vital avec l'arrière-pays, Bab Azzoun était véritablement le poumon économique de la ville, assurant l'approvisionnement indispensable à la vie quotidienne des Algérois.
Un lieu de supplice et de terreur
Malgré son rôle vital, Bab Azzoun est tristement célèbre pour les atrocités qui y ont été commises. Sur les remparts entourant la porte, de grands crochets de fer étaient fixés et utilisés pour des exécutions brutales. Les condamnés à mort étaient projetés contre ces crochets ou y étaient suspendus, mourant lentement sous les yeux des passants.
Un témoignage marquant est celui de M. de Roquelville, qui, en 1675, a décrit la barbarie des bourreaux : « Ils ont un fer long de trois pieds qui est fixé à la muraille, pointu comme une épée. Ils attachent un homme pieds et mains ensemble, et le laissent tomber sur ce crochet, de sept ou huit pieds de haut, et s'il s'accroche par le pied, le bras ou le côté, il demeure en cet état jusqu'à ce qu'il soit mort. »
En plus de ce supplice, Bolle décrit une autre méthode d'exécution pratiquée à Bab Azzoun : « A l'heure dite, on faisait sortir de ces ouvertures une corde arrêtée par un bâton en travers. Les patients étaient conduits sur la terrasse supérieure. On leur passait la corde au cou ; ils étaient aussitôt précipités et pendaient le long de la muraille où leurs cadavres demeuraient jusqu'à ce qu'ils se détachassent d'eux-mêmes. » Ces scènes macabres étaient courantes et renforçaient l'image redoutable de cette porte dans l'imaginaire collectif.
L'origine mystérieuse du nom «Azzoun»
Le nom de Bab Azzoun a longtemps suscité des interrogations. Selon le consul Laurent d'Arvieux au XVIIe siècle, « cette porte est ainsi dénommée du fait qu'un prince de Mauritanie, appelée Azzoun, assiégea la médina par cet accès ». Cette explication reste toutefois imprécise et incomplète.
Une autre légende, rapportée par Félix Lemoine dans sa chronique « A travers l'Islam », raconte qu'à la fin de la construction de Bab Azzoun, le beylerbey d'Alger prit une décision symbolique pour immortaliser cet événement. Il décréta que la porte serait nommée d'après le premier étranger à la franchir en venant de la campagne. Un jour, un humble marchand kabyle nommé Azzoun passa sous la porte « par une belle et claire matinée d'automne, poussant devant lui son bourriquot chargé de marchandises de son pays ». Son nom plut tant au beylerbey qu'il décida de baptiser la porte « Bab Azzoun », tout en espérant que ce nom ne serait pas de mauvais augure. Selon la légende, Azzoun fut même enterré près de la porte qui porte désormais son nom.
L'assaut de Charles Quint : une défaite légendaire
Ponce de Balaguer plantant sa dague
Outre les atrocités et les mystères qui l'entourent, Bab Azzoun est également le théâtre d'une défaite légendaire. En 1541, l'empereur Charles Quint lança une expédition pour conquérir Alger. Les forces chrétiennes, comprenant notamment les chevaliers de Malte, avancèrent vers la ville sous une pluie battante. Cette pluie eut pour effet de rendre les arquebuses espagnoles inutilisables, éteignant les mèches et détrempant la poudre. Aux abords de Bab Azzoun, les Algérois, résolus et farouches dans leur défense, offrirent une résistance acharnée. Les chevaliers de Malte, dirigés par Pons de Balaguer, se heurtèrent à cette détermination inflexible, incapable de percer la défense des Algérois. Pour empêcher toute avancée des forces chrétiennes, Hassan Pacha ordonna la fermeture de la porte. Face à l'échec imminent, le chevalier français Pons de Balaguer, planta sa dague dans la porte et lança : « Un jour, nous reviendrons ! ». Ce geste courageux impressionna tant les défenseurs d'Alger qu'ils firent une prophétie : « Si Alger est un jour prise, ce sera par des soldats vêtus de rouge. » Cette prédiction se réalisa près de trois siècles plus tard, en 1830, lorsque les troupes françaises, dirigées par le maréchal de Bourmont et vêtues de rouge, prirent Alger.
Malheureusement, comme les autres portes de la Casbah, la porte de Bab Azzoun, fut démolie au XIXe siècle lors de l'extension de la ville sous l'occupation coloniale française, effaçant ainsi une partie visible de ce patrimoine historique. Cependant, son héritage demeure à travers les récits et les souvenirs qu'elle a laissés dans l'histoire d'Alger.


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