Face aux manifestations en Iran, le président américain menace le régime des mollahs d'une intervention militaire sans précédent. Mais comme le notent bon nombre d'observateurs , entre contraintes opérationnelles, risques d'escalade régionale et calculs politiques, Washington temporise tandis qu'Israël se place en alerte maximale. Ainsi, le cours du pétrole a gagné 3 à 4 points étant coté le 14 janvier 2026 à 65,47 dollars le Brent puis le 16 janvier 64, 14 dollars, le Wit 59,47 dollars et le gaz environ 30 dollars le mégawattheure, dus non aux fondamentaux économiques mais à ces tensions géostratégiques. L'objet de cette présente contribution est premièrement l'analyse du système politique de l'Iran et deuxièmement, les impacts de ces tensions, outre le contrôle du détroit de d'Ormuz par l'Iran sur tout le Moyen-Orient qui recèle les plus grandes réserves mondiales d'hydrocarbures. Le système politique en Iran Selon la constitution de 1979, le système institutionnel iranien fait cohabiter deux légitimités : d'une part une légitimité démocratique issue du suffrage populaire et une légitimité religieuse, d'autre part, incarnée en priorité par le Guide de la Révolution qui en font un régime semi-démocratique. Ainsi, même si la majorité du gouvernement est élue par le peuple iranien au suffrage universel, directement ou indirectement, le conseil des gardiens (élu indirectement) peut opposer son véto à toute candidature aux élections. Nous avons l'Assemblée du groupe des experts composé de membres, tous religieux, sont élus pour un mandat de huit ans ayant pour tâche de nommer le Guide suprême, d'évaluer son action et de le destituer s'il est jugé inapte à accomplir son devoir. Le Guide suprême, autorité religieuse dominante, est élu ou/et révoqué par l'Assemblée des experts, composée de membres religieux élus pour 8 ans au suffrage universel direct, qui valide l'élection du président de la république. C'est le Guide, et non le président, qui contrôle les forces armées et prend les décisions en matière de sécurité, de défense et de politique étrangère, étant habilité à nommer le chef du système judiciaire, les membres du Conseil des gardiens de la révolution, les commandants des forces armées, les imams des prières du vendredi et le directeur de la station de radio et télévision. Il valide aussi l'élection du président. Dans ce cadre, plus des forces régulières, les forces armées comptent le corps des gardiens de la révolution (Pasdaran), avec pour mission de combattre ceux qui sont opposés à la révolution où les principaux chefs des armées et des gardiens de la révolution sont nommés par le Guide suprême et ne rendent compte qu'à ce dernier. Le guide est assisté par un Conseil de discernement, qui est un organe consultatif qui soumet ses analyses au Guide suprême dont les membres du Conseil sont des personnalités religieuses et politiques de premier plan. Le président de la République, deuxième personnage de l'Etat, est élu pour un mandat de quatre ans et ne peut exercer plus de deux mandats consécutifs. En tant que chef de gouvernement, il signe les traités et accrédite les ambassadeurs. Mais en pratique, ses prérogatives sont limitées et pouvant être destitué par le Guide suprême et même s'il nomme les ministres, leur nomination doit être approuvée par le parlement et indirectement par le Guide suprême très impliqué dans les affaires liées à la défense, à la sécurité et à la politique étrangère. -Le pouvoir législatif dit parlement est composé de députés élus tous les 4 ans au suffrage universel supervisé par un Conseil des gardiens de la Constitution qui approuve ou s'oppose aux résolutions de l'assemblée. 2.- Impact des tensions au Moyen- Orient sur le cours des hydrocarbures : l'importance du contrôle du détroit d'Ormuz Les pays du Moyen-Orient ont une population inégalement répartie : pour 2023, Egypte 105 millions, Iran 90 millions d'habitants, Arabie saoudite 33 millions, les Emirats 10 millions, Oman 5 millions et le Qatar estimation FMI 2,8 millions. Le Moyen-Orient recèle 40% des réserves prouvées mondiales de pétrole dont : l'Arabie saoudite environ 262,7 milliards de barils, soit un quart des réserves mondiales, Irak : ~112,5 milliards de barils, EAU : ~97,8 milliards de barils. Koweït : ~96,5 milliards de barils. Iran : ~93,1 milliards de barils et 40% des réserves mondiales de gaz dont Iran : 32 100 milliards de m3 (fin 2020), le Qatar : 24 700 milliards de m3, l'Arabie saoudite 9.800 milliards de mètres cubes gazeux, les Emiratis une moyenne de 7000 milliards de mètres cubes gazeux et l'Irak 3500 milliards de mètres cubes gazeux, et tout conflit dans la région risque assurément d'affecter la production. Sans compter, selon la Fondation de la recherche scientifique de Paris, les réserves de gaz extractibles dans le bassin Est de la Méditerranée qui sont estimées à environ 35 milliards de mètres cubes gazeux avec une capacité annuelle de production de 1,5 milliard de m3 sur une période de 12 ans, pour cet espace. On y a jusqu'à présent découvert près de 2 000 milliards de m3 de gaz naturel et le même volume, ou presque, serait encore enfoui sous le plateau continental du bassin levantin, ce qui pourrait également expliquer, en partie, les tensions actuelles pour contrôler ces réserves. (A suivre…) Dr Abderrahmane Mebtoul