Lors de son entrevue périodique accordée aux représentants de la presse nationale, diffusée ce samedi sur les chaînes de Télévision et de Radio nationales, le Président Abdelmadjid Tebboune a donné un éclairage instructif sur nombre de questions nationales, régionales et internationales qui intéressent les Algériens.Le président de la République a souligné que l'Algérie est un «Etat social» qui autorise la liberté des affaires, mais qui «veille en même temps à la protection de la classe ouvrière, dans le cadre d'une solidarité nationale garantissant des prix à la portée des citoyens». Ainsi, il a exprimé son refus, à l'heure actuelle, d'imposer le péage pour l'utilisation de l'autoroute Est-Ouest, afin de préserver le pouvoir d'achat des citoyens, ajoutant que le transport inter-wilayas des produits de première nécessité s'effectue sur cet axe routier. Auparavant, le Président Tebboune a d'abord insisté, une fois encore, sur le projet de Gara Djebilet-Tindouf-Béchar qui constitue «l'une des batailles menées par les grands hommes du pays», La concrétisation de ce projet «avec des capacités nationales en un temps record», prouve encore une fois que l'Algérie est un «pays d'exploits», a-t-il estimé, indiquant qu'il devrait permettre la création d'environ 18.000 emplois. Il a souligné qu'il s'agit du «début d'un projet national d'envergure visant à exploiter les richesses minières du pays», ajoutant qu'il s'agit des «premiers pas d'un pays émergent». Il a précisé que le produit intérieur brut (PIB) de l'Algérie devrait dépasser les 400 milliards de dollars d'ici la fin de l'année 2027 «au plus tard», ajoutant que l'Algérie «poursuit son projet national visant à devenir un pays émergent». Les deux autres projets : la mine de zinc-plomb d'Oued Amizour (wilaya de Béjaïa), sera lancé avant la fin du premier trimestre de l'année 2026 ; le phosphate algérien sera chargé sur le quai minéralier du port d'Annaba «entre fin 2026 et la fin du premier semestre de 2027» par la ligne minière Est reliant la mine de Bled El-Hadba au port d'Annaba. Le président de la République a, par ailleurs, précisé que le réseau national de transport ferroviaire est en cours d'extension pour atteindre l'extrême sud du pays, la mise en exploitation de la ligne Alger-Tamanrasset étant prévue en 2028, tandis que le réseau atteindra Adrar «entre fin 2026 et le premier semestre de 2027». Concernant l'endettement extérieur, le président de la République a assuré que l'Algérie «n'y aura pas recours», précisant que tout financement extérieur se fera «selon une vision rationnelle et exclusivement orientée vers des projets économiques à haute rentabilité». Il a, à ce titre, précisé que l'Algérie bénéficie d'un financement de la Banque africaine de développement (BAD) d'une valeur dépassant 3 milliards de dollars, destiné à la réalisation du projet d'extension de la voie ferrée vers El Meniaa et Ghardaïa «avec possibilité de remboursement adapté s'étalant sur 13 ans». Il a rappelé que l'Algérie est l'un des membres fondateurs et l'un de ses principaux contributeurs de la BAD, qui est une institution africaine créée pour soutenir le développement des Etats membres et non une entité privée. Le président de la République a, par ailleurs, insisté sur l'exploitation de ces financements «selon une vision rationnelle, parallèlement à l'entrée des projets structurants en phase de rentabilité», ajoutant que l'Algérie «n'hypothèquera pas l'avenir de ses enfants par l'endettement et ne renoncera jamais à l'indépendance de sa décision». Concernant les exportations hors hydrocarbures, le Président Tebboune a indiqué qu'elles ont atteint 5 milliards de dollars, qualifiant ce chiffre de «miracle à tous égards» comparé aux niveaux précédents qui ne dépassaient pas 1,5 milliard de dollars. Il a ajouté qu'en dépit de cette progression, une «guerre est menée contre l'Algérie en matière d'exportations hors hydrocarbures», en faisant référence aux «pratiques déloyales» auxquelles sont confrontées les exportations algériennes de rond à béton en Europe. A ce propos, il a fait remarquer que l'Algérie a demandé une renégociation, mais qu'«aucun consensus européen» n'a été atteint. Dans le même sillage, le président de la République a souligné que «certains pays incitent à la haine contre l'Algérie, en croyant que nous allons succomber à ces méthodes viles». A propos du taux d'inflation, le président de la République a précisé qu'il est passé de près de 11% en 2019 à moins de 1,8%, qualifiant cette évolution de «miracle dans le contexte actuel», comparativement à d'autres pays ayant connu une flambée des prix.