Après l'appel adressé, il y a quelques jours seulement, par le ministère de l'Industrie pharmaceutique aux fabricants, importateurs et exploitants pharmaceutiques à redoubler de vigilance face aux risques élevés d'une éventuelle crise sanitaire mondiale et d'éventuelles perturbations des chaînes d'approvisionnement internationales en produits pharmaceutiques, causés par la guerre au Moyen-Orient, une réunion urgente sera tenue, aujourd'hui mercredi, au siège du ministère entre la tutelle et les représentants de Snapo. «Certes, c'est une rencontre périodique mais elle intervient et s'inscrit à la fois dans un contexte très particulier et dans un moment de vigilance accrue autour de la situation au Moyen-Orient et de ce qui en ressort de cette guerre contre l'Iran, notamment autour de la disponibilité des médicaments en Algérie. Cette réunion entre le Syndicat national des pharmaciens d'officine, (Snapo), et le ministère de l'Industrie pharmaceutique permettra d'examiner de manière claire, honnête et objective, les situations de rupture et de tension, en citant précisément les produits concernés et en évaluant les mesures à renforcer», c'est ce qu'a déclaré, hier, le vice-président du Syndicat national des pharmaciens d'officine, et néanmoins membre de l'Observatoire national de la veille sur la disponibilité des produits pharmaceutiques, Mehdi Bouchene, sur les ondes de la Chaîne III de la Radio algérienne. Convié, hier mardi, à l'émission de ''L'invité du jour'' de la Chaîne III de la Radio algérienne, le numéro 2 du Snapo a tenu à préciser que l'objectif de cette réunion est «de maintenir un équilibre du marché et d'anticiper d'éventuelles perturbations liées notamment aux tensions géopolitiques internationales qui pourraient impacter les chaînes d'approvisionnement». Selon lui, les dernières notes diffusées samedi dernier par le ministère ont marqué un tournant important, estimant qu'elles ont appelé l'ensemble des opérateurs «à signaler toute difficulté liée au transport, au déchargement ou à l'approvisionnement en matières premières», précisant que «parallèlement, des commissions d'enquête mixtes, composées des services du commerce et de l'industrie pharmaceutique, ont été déployées au niveau des wilayas». «Ces commissions d'enquête sont chargées à contrôler les producteurs, les importateurs et les distributeurs afin de vérifier le respect des programmes prévisionnels, d'identifier d'éventuelles pratiques non réglementaires et de s'assurer que les stocks disponibles sont effectivement injectés dans le circuit de distribution. Ces inspections peuvent déboucher sur des sanctions allant jusqu'à la fermeture d'établissements en cas de manquements graves», a fait observer Mehdi Bouchene, lors de son intervention sur les ondes de la Chaîne III. A propos des médicaments en tension, le vice-président du Snapo s'est montré rassurant en expliquant que la situation reste globalement maîtrisée. «Les chiffres varient entre 30 et 60 produits qui sont soit en rupture, soit sous tension», a-t-il indiqué, en distinguant deux catégories : «Les produits disponibles mais difficilement accessibles, estimés entre 20 et 30», et «ceux totalement indisponibles, beaucoup moins nombreux». Les causes sont multiples. «Il s'agit notamment de dépendance aux matières premières importées, principalement d'Asie, de contraintes logistiques liées au transport international, ou encore de choix économiques des laboratoires qui privilégient des marchés plus rentables et moins coûteux». Appelant les citoyens à ne pas céder aux rumeurs qui circulent depuis quelques jours sur la pénurie de certains médicaments, le membre de l'Observatoire national de la veille a appelé, surtout, à «une responsabilité collective afin de garantir un accès équitable aux médicaments pour tous les citoyens».