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LES «BLEDARS»
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 22 - 11 - 2018


Livres
La péninsule de Collo. L'histoire d'une région. Essai de Kamel Bakiri (préface de Abderrahmane Khelifa). Anep Editions, Alger 2018, 1.000 dinars, 210 pages.
Une «petite» ville sise dans une péninsule, naturellement excentrée, certes grand ouverte sur la mer mais difficilement accessible... et pourtant, une grande et belle histoire. Bien sûr, comme pour beaucoup de cités algériennes, on commence, enfin, à découvrir -à travers les écrits d'«enfants du pays»- la riche histoire, parfois calme mais presque toujours heurtée, faisant face aux multiples invasions, exactions et occupations.
Première partie assez riche en informations : une histoire qui remonte à loin, très loin. La ville (la région) a connu bien des phases. Elle a fait partie du domaine de Syphax, de Massinissa et de ses descendants. Elle a fait partie de la Confédération cirtéenne avec Rusicade (Skikda aujourd'hui), Milev (Mila aujourd'hui) et Cirta (Constantine aujourd'hui). Une ville commerçante ouverte, fenêtre sur la Méditerranée de tout l'arrière-pays constantinois.
Elle a eu sa période musulmane, soulignée par les géographes et les historiens... La ville et son port ont des relations suivies avec les républiques italiennes de Gênes, Pise, Venise...
Vinrent les Ottomans. Une garnisaon est installée pour la défendre des éventuelles agressions. La région, avec son massif indomptable, ne sera complètement occupée par la colonisation française qu'à partir de 1859.
Deuxième partie, présentant les us et coutumes de la région : langage, gastronomie, habitudes vestimentaires, pratiques sociétales, fêtes religieuses et traditions populaires, loisirs... ainsi que les combats politiques et les formes de résistance (scoutisme, enseignement au sein de la médersa, activités culturelles...) afin de préserver la personnalité algérienne.
Enfin, le temps de la guerre de libération nationale jusqu'à l'indépendance.
L'auteur : Né en 1943 à Collo. Ancien haut fonctionnaire dans l'Administration des Transports (aviation civile). Aujourd'hui retraité, il se consacre à l'écriture.
Extraits : «C'est dans le livre «Kiteb el-massalik ouel-mamalik» ou le «livre des itinéraires et des royaumes» du géographe arabe El Bekri que le nom «El Qol» apparaît pour la première fois..» (p. 61), «L'ancien «Chullu» est connu depuis la période numide comme port de Cirta dont il est relié par une voie que l'on attribue aux Romains et qui passe par le «pagus cirtéen», Celtianis (Ezzerga/Bni Ouèlbène)» (p. 79), «Il faut attendre l'année scolaire 1955-1956 pour voir pour la première fois les enfants de la région poursuivre à Collo même leurs études au-delà du Cm2 ou de la classe dite de fin d'études » (p. 129), «De tous ces martyrs de la guerre de libération nationale, il y a ceux et celles qui reposent en paix dans les cimetières, d'autres sont encore là où ils sont tombés, des lieux que l'on situe approximativement ou complètement ignorés à ce jour et combien le sont-ils ?» (p. 172)
Avis : Une région à découvrir. De l'histoire, des pans de la vie quotidienne, des pratiques... Manque l'évocation des personnalités marquantes, car il y en a. Peut-être, pour ne pas faire de «jaloux» ? Peut-être, un autre ouvrage ?A suivre...
Citation : «Il n'existe pas pas une parcelle de terre, le moindre affluent d'un oued, une herbe, un arbre, sans nom. On peut en faire une étude à part. C'est dire la richesse de notre patrimoine !» (p. 12)
BiblioBled ou Vous êtes un livre ! Récit de Lucrèce Luciani. Editions Frantz Fanon, Tizi Ouzou 2018, 500 dinars, 112 pages.
Sauvée de la solitude par des livres ! Des livres que l'on ne lit pas tous et toujours mais seulement et simplement les avoir avec soi, autour de soi, pour combler on ne sait quels vides.
L'histoire d'une dame qui se retrouve quelque part dans un village perdu de la Haute Kabylie : «Redjouana, un village immense, déployé sur les toboggans d'ubac et d'adret, accroché à toute vitesse sur les flancs de sept ou huit collines qui regardent Tizi-Ouzou». Une nature aux spectacles saisissants, à la topographie déroutante et à la beauté qui coupe le souffle et qui vous font oublier toutes les petites et grandes difficultés et autres misères et laideurs matérielles.
L'histoire d'un amour, que dis-je, d'une passion pour le livre, d'où qu'il vienne, et quel que soit son état. La vie avec et pour sa «bibliothèque» dans un pays où le terme n'a pas le même sens. Pour les uns, c'est tout un contenu d'œuvres de l'esprit... Pour les autres (nous !) ce n'est qu'un meuble de bois «toujours sombre avec maints rayonnages et portes vitrées à l'avant...et, à l'intérieur, point de livres. Pas l'ombre ou le reflet d'un seul».
Réaction : elle crée sa «Bibliobled»... dans un hangar jouxtant la demeure familiale et entouré d'oliviers. Assez vite rempli de ses «trésors de guerre» ramenés ou ramassés au fil des visites, des randonnées et des signalements ...Une «petite île, si petite qu'il n'en existe pas de semblable». Les lecteurs ne manquent pas, car la bibliothèque est ouverte à tous...même aux oliviers car, il faut le savoir, «cette Kabylie où elle va et même où elle est, est le seul endroit au monde où les oliviers -jeunots comme centenaires- lisent»
L'auteure : Née en 1952. Psychanalyste et écrivaine française. Plusieurs livres à son actif. A passé sa jeunesse au Maroc et vit, aujourd'hui, entre l'Algérie et le Maroc.
Extraits : «Qui n'a pas vu les oliviers de Kabylie n'a jamais vu d'oliviers...En Kabylie, et spécialement dans cette région de Tizi-Ouzou, l'olivier existe en tant que tel. Pour lui-même. A chaque fois différent» (p. 34), «Olivette : clos planté d'oliviers, bibliothèque : lieu planté de livres» (p. 90), «Le soir elle est au lit avec les livres. Ils lui écrivent une histoire à chaque fois différente et il arrive que l'un deux, gagné par le sommeil, pique brusquement du nez dans l'oreiller d'à côté» (p. 98)
Avis : Un peu déroutant... Il faut aimer ceux et celles qui aiment les livres...et ceux et celles qui aiment la Kabylie.
Et, toujours, des «digressions» qui font tache dans un aussi gentillet livre consacré à l'amour de la nature et du livre. Assez courtes cependant pour ne pas être relevées...comme des messages subliminaux : sur «ceux du Fln, ces horribles oiseaux de malheur...», sur l'habitat : «les inévitables et à profusion fils barbelés algériens.. » (p. 48), sur l'Algérie : «Tu parles d'un pays. L'erreur c'est sans doute d'y être» (p. 93), «Ce pays impossible» (p. 102), sur... sur...
Citations : «Le champ kabyle d'oliviers écrit un entier poème avec ses vers alignés, ses rimes sonores, son rythme balancé» (p. 35), «Heureusement que le sourire est là, que faire sans lui ?» (p. 40), «Livre, je t'aime tant/Que je voudrais te tatouer/Comme les sirènes nues/Sur les corps des marins» (p. 46), «Pourquoi chez tant d'auteurs, y a-t-il autant d'appel à la tristesse, mélancolie, voire de désespoir autour de cette pratique de la littérature qu'est la lecture ?» (p. 99), «On n'est pas du tout en dehors de la vie et du monde quand on lit et écrit. On est au contraire en plein dans le monde, dans la vie, on n'y est jamais autant que on litécrit» (p. 100)
PS :
1- On attend avec impatience (non plus les chiffres (habituels) de la fréquentation du récent Sila ou des sondages limités), les cogitations du fameux (et relativement invisible) Conseil national du livre qui est installé depuis déjà plus d'une décennie et qui, pour l'instant, n'a rien fourni de très consistant : Aucune étude approfondie sur le marché du livre et des lecteurs, sur les genres édités, sur les librairies et les points de vente, aucune enquête ou sondage national continuel (et non circonstanciel) sur la lecture, sa répartition et son évolution, aucune initiative réglementaire pour (ré-)animer le secteur du livre et ses intervenants...On sait que si un texte de loi sur le livre existe bel et bien, les textes d'application, qui devaient suivre, tardent à venir...augmentant ainsi le stress du secteur en général et des éditeurs (1200 ?!?!), des distributeurs et des libraires (ceux qui existent encore) en particulier. En attendant, foisonnent des œuvres «piratées», des éditeurs occasionnels ou/et souffrant le martyre, des éditions à compte d'auteur, des auteurs de pacotille, des «librairies» de facade, des gros stocks en souffrance, des lecteurs assoiffés...et des prix qui montent, qui montent. Heureusement qu'il y a des quelques belles œuvres, quelques grands Prix et quelques Auteurs lumineux...et un sondage (plus ou moins indicatif) effectué dans dix wilayas. Des hirondelles qui feront un printemps du livre et de la lecture...et de la vraie culture ? Bof !me dira-t-on, il y a plus urgent, il y a (eu) plus grave...
2/ Selon un site électronique d'informations, le portrait de l'ancien président de la Ligue de football professionnel, Mahfoud Kerbadj, a(urait) été retiré de la LFP. Les portraits de tous les anciens présidents de la Ligue sont accrochés dans le hall du siège de la LFP. Le portrait du dernier président a(urait) été donc enlevé «car l'actuelle équipe fédérale et de la ligue a une dent contre l'ancienne équipe dirigée par Mohamed Raouraoua et Mahfoud Kerbadj. Par honnêteté intellectuelle, la LFP que dirige Abdelkrim Medouar ne doit aucunement effacer ou travestir l'histoire, car Kerbadj a été président de la LFP». Bof ! me dira-t-on, il y a plus urgent, il y a (eu) plus grave...D'ailleurs, l'histoire mémorielle (documentation écrite et photographique ou simplement affichée ou affichée) de nos institutions est émaillée de ces comportements puérils d'«effacement», le titulaire enterrant toute trace visible (le portrait mais aussi les activités...sauf les mauvaises, of course) de celui qui l'a précédé. Au fait, le portrait de Raouraoua est-il toujours en place ? Deux citations à méditer : «L'oubli est l'enfant indigne de l'ignorance et de l'ingratitude des hommes», écrit Benyaa Kamel, «Mes souvenirs au passé composé. Sidi Aïch : 1952-1962». Récit © Lazhari Labter Editions & Edition Pixal Communication, Alger 2015) et «Un peuple sans mémoire est un peuple otage» , écrit Kader Benamara, «Eclats de soleil et d'amertume». Essai © Editions Barkat, Alger 2012)


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