Le Président Tebboune préside la cérémonie d'accueil des restes mortuaires des 24 martyrs de la Résistance populaire à l'Aéroport Houari-Boumediene    Béjaïa : moyens aériens pour éteindre un important feu de forêt à Adekar    L'Espagne ne veut pas d'Algériens sur son territoire    Deux navires de Sonatrach séquestrés au Liban    Chengriha confirmé au poste de chef d'état-major de l'ANP    L'Algérie ne renoncera pas à sa demande de restitution de ses archives détenues par la France    Colonisation. Bugeaud peut bien tomber de haut    Liste des résistants algériens dont les ossements ont été rapatriés vendredi de France    ONU/CDH: l'Algérie appelle à Genève au respect de la souveraineté des Etats    France : « Pour une République française antiraciste et décolonialisée »    SONELGAZ : Le PDG élu à la tête l'association Med-TSO    Coronavirus : 413 nouveaux cas, 490 guérisons et 9 décès durant les dernières 24h    REBOND DU CORONAVIRUS : Benbouzid incrimine les rassemblements familiaux    Le Covid-19 est une maladie ‘'de nature génétique'' propre à chaque personne    SETIF : Une septuagénaire repêchée d'un puits    413 nouveaux cas confirmés et 9 décès en Algérie    FETE DE L'INDEPENDANCE NATIONALE : La journée du 5 juillet chômée et payée    PARTI RND : Le travail collectif pour préserver la stabilité du parti    POUR SES SACRIFICES CONSTANTS AU SERVICE DE LA PATRIE : La reconnaissance de la nation à l'ANP renouvelée    Ecouter la musique pourrait réduire les crises d'épilepsie    FUNERAILLES NATIONALES LE 5 JUILLET A ALGER : Retour au pays pour 24 chahids    ORAN : Une enveloppe de 1300 milliards allouée pour les JM 2022    LE PDG DE ‘'SADEG'' A MOSTAGANEM : Des inaugurations et une redynamisation des projets en cours    Cyclisme : les Algériennes Bensalah et Bouchoucha admises comme Commissaires de courses sur piste (UAC)    Constantine/Covid-19 : des spécialistes face à un agent émergent et des agents propagateurs    Rapatriement des restes mortuaires des martyrs algériens    Heureusement que le cœur du hirak n'est pas à la place de la République.    Quotidien Ech-chaâb: la réforme prévue en Algérie repose sur une pré-prospection    Décès du poète et parolier Mohamed Angar    Le Président Tebboune renouvelle la reconnaissance de la nation à l'ANP pour ses sacrifices    Sahel: la France annonce une nouvelle force sur fond de doutes sur son efficacité    Epuration de tous les dossiers inhérents aux médicaments fabriqués localement    Optimisation des dépenses à Sonatrach : "les acquis des travailleurs ne seront pas touchés"    L'Atlético Madrid enterre presque les espoirs de titre du Barça    Des milliers de Ghazaouis manifestent contre le plan israélien d'annexion    L'empire Haddad s'écroule    Poutine dénonce les nouvelles sanctions américaines contre la Syrie    Zeffane blessé au niveau de l'ischio-jambier    Un triptyque de Francis Bacon vendu 84,6 millions de dollars aux enchères sans public de Sotheby's    Le schiste américain dans le rouge    Communiqué de l'AJSA    Agence CNAS : Une campagne d'information sur la plateforme numérique AraaCom    La mère des batailles    "Le BF a juste émis le vœu de reprendre la compétition"    Répression contre l'opposition à Hong Kong    L'épreuve    L'infrangible lien...    Mohamed Sari à la tête du Conseil national des arts et des lettres    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Une bien triste leçon égyptienne
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 20 - 06 - 2019

Mardi 18 juin, les étudiants algériens, admirables de persévérance et d'opiniâtreté, ont une nouvelle fois défilé en revendiquant pour leur pays un régime civil et non militaire. Nombre d'entre eux avaient certainement à l'esprit ce qui vient de se passer en Egypte avec la mort en plein tribunal de l'ex-président égyptien Mohamed Morsi. Pour mémoire, cette figure des Frères musulmans était en détention depuis juillet 2013, date à laquelle il fut destitué par le chef de l'armée, le général et futur maréchal et président - Abdel Fattah Al-Sissi.
On peut faire nombre de reproches à Morsi pour ce qui fut son unique année de présidence (2012-2013) notamment une propension certaine à l'autoritarisme - mais il faut tout de même rappeler qu'il a d'abord été le premier président civil librement élu de l'histoire de l'Egypte indépendante. En ce sens, ce qui lui est arrivé symbolise parfaitement l'enlisement de son pays mais aussi, de manière plus globale, du monde arabe. Car qu'est devenue l'Egypte depuis sa destitution et son emprisonnement dans des conditions dénoncées par nombre d'organisations internationales de défense des droits humains ? Ce fut aussi le cas en mars 2018 lorsque des parlementaires britanniques, pourtant peu suspects de sympathie pour l'islamisme politique, relevèrent que sa détention relevait « de la torture ou du traitement cruel, inhumain ou dégradant. » Et ne parlons pas du fait qu'il n'était pas convenablement soigné ce qui permet à ses partisans de dire aujourd'hui qu'il a été tué à petit feu.
Mais revenons à la question initialement posée. Qu'est devenue l'Egypte depuis la chute de Morsi ? La réponse est simple. Le régime politique qui dirige ce pays n'est pas autoritaire ou autoritariste. C'est bien pire que cela. C'est une dictature violente comme en témoigne la mort par balles, en août 2013, de centaines de partisans de Mohamed Morsi, tous abattus alors qu'ils protestaient sur une place publique du Caire contre sa destitution. L'Egypte, ce sont des dizaines de milliers d'arrestations, des dizaines de condamnation à mort, des procès iniques qui ne durent parfois que quelques minutes. Mohamed Morsi, lui-même, comparaissait devant les juges en étant placé dans une pièce de verre totalement étanche sur le plan acoustique afin de lui interdire de faire entendre sa voix.
L'Egypte d'aujourd'hui, c'est le silence des opposants, quelle que soit leur orientation politique. Ce sont des chercheurs et des journalistes étrangers qui peinent à faire leur travail et qui subissent nombre de pressions. C'est une presse muselée qui évite d'aborder tous les sujets qui fâchent, nationaux ou régionaux, sauf s'il s'agit de relayer la parole officielle. Mais l'Egypte d'aujourd'hui, c'est surtout la défaite des espérances de 2011. Depuis avril dernier, le pays dispose d'une Constitution révisée qui ouvre la voie au maintien au pouvoir du président Sissi jusqu'en 2030, autrement dit une quasi-présidence à vie.
Le « tout sauf les islamistes » a beaucoup contribué à renforcer la position du président égyptien notamment vis-à-vis de l'étranger. Ses parrains saoudiens et émiratis lui sont grés d'avoir stoppé puis inversé la dynamique révolutionnaire née en janvier 2011 sur la place Tahrir du Caire. Les capitales occidentales lui vendent des armes et célèbrent un homme pragmatique qui ne cherche pas à remettre en cause le statu quo au Proche-Orient. Le maréchal-président Sissi est donc l'exemple parfait pour qui estime que seul un homme fort, de préférence un militaire, doit diriger un pays arabe. Qu'importe l'Etat de droit, qu'importe la démocratie, pourvu que l'ordre règne, fut-il brutal.
Tout cela se paiera. En Egypte mais aussi ailleurs. Un pays de plus de quatre-vingt millions d'habitants ne peut être durablement géré avec le gourdin et la peur. C'est d'autant plus vrai que l'économie égyptienne est sous perfusion et que Le Caire en est réduit à tendre la main vers ses riches sponsors du Golfe et à accepter les « conseils » du Fonds monétaire international (FMI). Tôt ou tard, les mêmes causes qui provoquèrent la révolte de 2011 seront à l'origine de nouvelles explosions populaires avec leurs cortèges de répression et de drames sanglants.
Tout cela pour dire que l'idée de l'homme providentiel au service de la patrie est l'un des plus gros mensonges politiques qui brouillent les jugements. C'est une vision archaïque du monde, une réminiscence de périodes féodales que l'on aimerait effacées à jamais. Un homme seul ne peut faire le bonheur de son peuple et de son pays. Pour paraphraser un chanteur célèbre, le général Sissi a rappliqué en sauveur de la République et de l'ordre moral, puis, avec la complicité active ou passive des élites, il a confisqué le pouvoir.
Tout cela doit demeurer à l'esprit des Algériennes et des Algériens. Celles et ceux qui pensent qu'il faut un homme fort pour diriger le pays doivent se rappeler que l'on disait déjà ça pour vanter la candidature d'Abdelaziz Bouteflika à un premier mandat présidentiel en 1999 (on connaît la suite...). De même, l'armée, institution pyramidale et ultra-hiérarchisée, ne peut constituer un acteur politique neutre. Et il ne suffit pas de proclamer qu'elle qu'elle doit être la garante de la démocratie et de l'Etat de droit. Il faut nous expliquer comment sachant que ce n'est pas sa mission puisque sa tâche principale est la défense du pays. L'actualité algérienne est telle que l'on reviendra certainement sur ce point important.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.