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Quand l'Egypte séduit la France
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 10 - 05 - 2021

Selon les détails dévoilés il y a quelques jours par Disclose (une ONG du journalisme alternatif), la France et l'Egypte ont conclu le 26 avril un contrat d'un montant de 3,95 milliards d'euros, comprenant la vente de 30 avions de chasse Rafale ainsi que deux autres contrats au bénéfice du missilier MBDA et de Safran Electronics et Defense. Du côté français, la ministre de la Défense, Florence Parly, s'est réjouie de ce «partenariat stratégique militaire», mettant en avant l'enjeu de «la lutte contre le terrorisme», menée par les deux pays et «la stabilité dans l'environnement régional» au Proche-Orient. Il est vrai qu'en janvier 2019, Macron, en visite officielle en Egypte, avait bien regretté que la situation politique n'y évolue pas «dans la bonne direction», car des «blogueurs, des journalistes et des activistes» y étaient emprisonnés. Mais, depuis, bien de l'eau a coulé sous les ponts du Nil et de la Seine ! Devenue le quatrième pays client de la France en matière d'armements, avec quelque 7,7 milliards d'euros entre 2010 et 2019, l'Egypte du maréchal Al-Sissi semble s'être liée ad vitam aeternam avec la France «macronienne», pourtant d'habitude très exigeante, du moins dans le discours, sur le principe du respect des droits de l'homme et des libertés.
Face à un président égyptien qui peut se targuer d'avoir fait de son pays l'un des plus gros importateurs mondiaux d'armes, tout en faisant abstraction du poids de ces acquisitions massives sur la dette extérieure (celle-ci s'élève, pour rappel, à plus de 125,3 milliards de dollars, soit 33% du PIB), Macron ne regarde que du côté du fric et des intérêts. Cela est d'autant plus pressant pour lui que les Egyptiens auraient, depuis plus d'un an, tendance à plutôt lorgner du côté de l'Allemagne et de l'Italie. Plusieurs paramètres sont venus modifier les choses, à vrai dire. L'un en particulier, a pour nom «Turquie». Or, Rome est le premier fournisseur d'armements à Ankara ! Le journal La Tribune rappelle, d'ailleurs, que, selon le rapport italien des exportations de 2018, le volume des autorisations d'exportation (AEMG) vers la Turquie s'élevait à 362,3 millions d'euros, soit un bond de 36% par rapport à 2017 (266,1 millions). Donc, le temps presse aussi pour l'Elysée afin de se rattraper et réactualiser à son tour ses contrats d'armes. La seule carte qui lui reste à jouer dans ce sens n'est autre, paraît-il, que le renforcement de son partenariat avec l'Egypte, le pays le plus peuplé du Monde Arabe, considéré par Paris lors de la visite d'Al-Sissi à l'Hexagone, en décembre dernier, comme un «pôle de stabilité» dans une région «volatile». Cette dernière formule, à l'origine utilisée pour définir la lutte contre le djihadisme, aurait pris une certaine extension, si l'on ose dire.
D'autant qu'en réalité, l'Egypte a besoin de la France et la France a besoin de l'Egypte dans cette région sensible du Moyen-Orient. Autrement dit, le maréchal Al-Sissi a besoin d'armes, pas seulement pour faire face aux djihadistes ayant fait allégeance à l'organisation dite de l'«Etat islamique» (Daech) dans le Sinaï, mais aussi pour se repositionner en terme de puissance géostratégique concurrente face à la Turquie d'Erdogan, l'Arabie Saoudite et toutes les autres monarchies-mastodontes du pétrodollar du Golfe. Ce qui arrange bien les desseins de la France, grande pourvoyeuse d'armements, classée troisième sur le podium des vendeurs mondiaux, derrière les Etats-Unis et la Russie. Bref, face aux changements en cours, susceptibles de redessiner la physionomie du Moyen-Orient et de l'Afrique du Nord, la France et l'Egypte y trouvent bien leurs comptes et cherchent à conforter, voire maintenir leurs rapports diplomatiques en bonne et due forme, malgré toutes les tempêtes.


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