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"Algérie année 0" de Dalila Dalléas Bouzar ou la mémoire collective revisitée par l'art
Publié dans Algérie Presse Service le 22 - 06 - 2012

La plasticienne algérienne Dalila Dalléas Bouzar revisite deux périodes de l'histoire algérienne contemporaine, la guerre de libération nationale et la "décennie noire", dans "Algérie Année Zéro", un livre d'art regroupant des peintures de l'artiste commentées par des intellectuels.
Après avoir exposé sous le même titre ces tableaux à l'Institut français d'Alger en décembre 2011, l'artiste, née en 1974 à Oran et vivant actuellement à Berlin, donne la parole à des universitaires et des journalistes pour parler de ses œuvres et du "travail de mémoire" qu'elle tente d'accomplir par ce biais. Les textes en question sont présentés en français et en anglais.
Sous-titré " Ou quand commence la mémoire", le livre, publié aux éditions Barzakh, regroupe une série de reproductions de photos d'archives renvoyant à la guerre de libération et aux années du terrorisme (décennie 1990) ainsi que des tableaux plus abstraits symbolisant ces mêmes époques, travaillées et revisitées par l'artiste.
Des œuvres dont la conception a été motivée par la nécessité de "se souvenir", écrit Dalila Dalléas Bouzar en préface de l'ouvrage pour qui ces deux pages de l'histoire sont des moments "fondateurs de l'histoire de l'Algérie contemporaine".
Pour l'auteur la nécessité de "se souvenir", relève, par ailleurs, d'un "sentiment très intime" concernant ces deux époques, "très liées" à son "histoire personnelle", mais aussi à "l'absence d'images sur ces deux moments", justifie-t-elle.
La plasticienne redessine, ainsi, des photos d'archives devenues célèbres, à l'instar du tableau "Fraternité", une reproduction d'une photo de trois moudjahidine au maquis, ou encore, la photo de Mohammed Boudiaf en 1957, peinte en noir et blanc en face de celle de l'ancien président au moment de son assassinat, le 29 juin 1992, un dessin intitulé "Boudiaf, l'instant avant la mort".
Presque toujours en arrière-plan de ces reproductions, l'on retrouve la couleur jaune, un "jaune fluo éclatant, couleur qui revient dans plusieurs œuvres, il capte le regard en s'imprimant dans la rétine, avant même que le cerveau ait eu la possibilité d'analyser le contenu du tableau", écrit l'universitaire camerounais Bonaventure Soh Bejeng Ndkiung dans un texte intitulé : "De l'imagination des images".
Dans le même texte, Soh Bejeng Ndkiung, commissaire de l'exposition de l'artiste en 2011, estime que la plasticienne "initie un processus d'imaginations d'images susceptibles, un jour, de combler les lacunes de l'histoire et, peut-être même, de créer des images aptes à donner tout son sens au dicton selon lequel +une image en dit plus long à elle seule qu'un millier de mots+", pronostique-t-il.
Un autre texte de l'intellectuel camerounais, intitulé "Conflit" replace le travail de la peintre dans un cadre plus général, celui de la capacité purement humaine de dépasser les traumatismes grâce à la "capacité (humaine) prodigieuse à oublier".
En se référant à des études réalisées sur la mémoire, l'auteur classifie les mécanismes de l'oubli en quatre groupes : l'échec de la remémoration ou l' "incapacité à accéder à un souvenir", le phénomène d'interférence, c'est à dire le mélange de souvenirs analogues, l'incapacité à stocker des informations et l'oubli consenti comme mécanisme psychologique de refoulement.
Pour Soh Bejeng Ndkiung, la notion de l'oubli consenti, est symptomatique des situations liées aux traumatismes engendrés par les conflits violents, comme ceux pris en charge par l'artiste, ce qui amène l'auteur à s'interroger sur le "rôle que peuvent jouer les intellectuels et les artistes dans ce domaine mettant en jeu l'oubli, ou, au contraire, la prise en compte des traumatismes liés au conflit".
Les peintures de Dalila Dallèas Bouzar participent, selon l'auteur, à une remise en surface progressive et contrôlée, par la recherche esthétique et la sublimation, des "refoulements" liés aux traumatismes de la guerre de libération et de la "décennie noire".
Dans le même sillage, le sociologue algérien Hassan Remaoun analyse, dans un texte titré "Dalila Dalléas Bouzar, une artiste dans la cité", les rapports entre le travail de l'artiste et la violence de ces deux époques. La recherche esthétique de Dalia Dalléas Bouzar permet, selon le sociologue de "sublimer" cette violence, tout en donnant la possibilité de "porter un regard critique sur celle-ci".
L'évocation du thème de la violence est aussi l'occasion pour Hassan Remaoun de réfuter, à la suite de Franz Fanon, "l'essentialisme abject véhiculé par l'histographie coloniale" qui veut faire du peuple algérien un peuple "violent par nature", en rappelant que "chaque société porte en elle un potentiel de violence suspendu à ses contradictions sociales" et au "contexte historique", étrangers à cette même société.
L'historienne Annisa Bouayed rappelle dans "Apprendre, c'est se souvenir", le travail accompli par des artistes algériens, tels que Khedda ou Issiakhem, pendant la guerre de libération et qui a joué un rôle dans la prise de conscience de la lutte du peuple algérien, comme pour évoquer l'héritage artistique de Dalila Dallèas Bouzar.
Le livre se referme sur d'autres tableaux de l'artiste représentant les "massacres de Bentelha" ou encore le masque mortuaire du chanteur Matoub Lounès, assassiné en juin 1998.


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