Résumé de la 56e partie n En ce soir de Noël, Cally se rappela son mari Frank, tué par un chauffard alors qu'il était sorti acheter du lait. Je sais que j'aurais dû le faire ; Pourquoi ne l'ai-je pas fait ?La réponse lui vint immédiatemént : je n'avais pas seulement peur pour Brian. J'avais peur pour moi aussi, et Brian pourrait le payer de sa vie. Elle se leva pour aller voir Gigi. Comme chaque nuit, la petite fille avait sorti un pied de sous ses couvertures. C'était une habitude chez elle, même lorsqu'il faisait froid dans la pièce. Cally borda les draps autour de sa fille, puis caressa le petit pied. Gigi remua. «Maman, murmura-t-elle d'une voix ensommeillée. — Je suis là.» Elle regagna la salle de séjour et jeta un coup d'œil à la télévision. Soudain, elle se précipita pour augmenter le son. Oh non ! Non ! pensa-t-elle en entendant le reporter expliquer que la police venait d'être informée que le petit garçon recherché avait été kidnappé par le meurtrier évadé, Jimmy Siddons. La police va mettre cette fuite sur mon compte, se dit-elle, affolée. Ils vont croire que je l'ai dit à quelqu'un. C'est ce qu'ils croiront, je le sais. Le téléphone sonna. Lorsqu'elle décrocha et reconnut la voix de Mort Levy son émotion trop longtemps contenue explosa. «Ce n'est pas moi, sanglota-t-elle. Je ne l'ai dit à personne. Je le jure. Je jure que je n'ai rien dit.» Voyant la poitrine de Brian se soulever et s'abaisser régulièrement, Jimmy constata que son petit otage s'était endormi. Tant mieux, pensa-t-il. Ce gamin est trop malin. Assez malin pour savoir qu'en sautant de la voiture sur la voie de dégagement, il ne risquait pas de se faire écraser par une autre voiture. Si cet abruti n'avait pas fait un tête-à-queue et provoqué un accrochage, je serais cuit, à l'heure qu'il est. Le gamin se serait jeté hors de la voiture et la police m'aurait pris en chasse. II était onze heures. Le gosse devait être épuisé. Avec un peu de chance, il dormirait encore deux heures. En dépit de la neige, ils atteindraient la frontière dans trois ou quatre heures au maximum. II fera encore nuit, pensa-t-il avec satisfaction. II savait pouvoir compter sur Paige. Elle l'attendrait comme prévu du côté canadien. Ils avaient fixé le lieu de rendez-vous dans la forêt, à environ cinq kilomètres du poste-frontière. Jimmy réfléchit au moyen de se débarrasser de la voiture. Une fois qu'il aurait effacé ses empreintes digitales, on ne pourrait pas établir le moindre lien entre lui et la Toyota. Peut-être l'abandonnerait-il dans un fossé au milieu des bois. Mais par ailleurs... II y avait le Niagara... le fleuve passait non loin du poste-frontière. Le courant y était si violent que l'eau ne serait pas gelée. Avec de la chance, la voiture ne remonterait jamais à la surface. Et le gamin ? Alors même qu'il se posait la question, Jimmy sut qu'il ne pouvait prendre le risque que Brian soit retrouvé près de la frontière et puisse parler de lui. A suivre