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Transformation de l'Arabie Saoudite : Le Prince héritier opte pour une nouvelle ère révolutionnaire
Publié dans Le Maghreb le 13 - 11 - 2017


Dossier réalisé par : Saïd B.
A quelques semaines de la fin de cette année 2017, le roi de l'Arabie Saoudite, Mohamed ben Salmane, vient de " bouleverser " la scène politique mondiale et plus précisément, celle de la région du Proche et Moyen-Orient avec des " actes surprises " aussi bien à l'intérieur du royaume qu'à l'extérieur, au point où, il pourrait bien être désigné "HOMME DE L'ANNEE" !
Ces " gestes et décisions" qui ont été qualifiés par les observateurs et spécialistes comme une " véritable Révolution " dans la perspective de gagner la bataille contre la crise économique que traverse son pays, due à la chute des prix du pétrole en tentant de ne plus dépendre du pétrole justement. Assurer une " double révolution " à l'intérieur qu'à l'extérieur du pays, est un gros risque. Qu'encourt le jeune roi de l'Arabie saoudite Mohamed Ben Salmane (32 ans) ?
Par ces décisions, le roi est déjà entré dans l'histoire en y faisant entrer également son royaume en rompant avec plus d'un siècle d'histoire saoudienne.
Les derniers actes de l'homme fort de l'Arabie saoudite ont " surpris " les politiciens les plus racés : le roi, partisan de la modernisation du pays, a lancé une purge sans précédent pour mieux asseoir son pouvoir et lancer ses réformes.
Ces derniers mois, Mohammed ben Salmane, désigné prince héritier en juin, a multiplié les réformes avec l'objectif de sortir l'Arabie saoudite de ses archaïsmes bouleversant la tradition politique du pays basée sur le principe du compromis. C'est donc " une brutale politique " inédite qu'a opéré le jeune roi d'Arabie Saoudite.

De la " Révolution " intérieure
A l'intérieur du pays, le premier homme fort du royaume saoudien a lancé sa révolution sociétale, en remettant en cause le discours de l'establishment religieux, avant de s'attaquer à toute opposition politique au sein de la famille royale.
" Nous voulons vivre une vie normale, où notre religion signifie tolérance et bonté ", a-t-il lancé, plaidant pour un islam " ouvert ".
"Nous n'allons pas passer trente ans de plus à nous accommoder d'idées extrémistes ", a-t-il tenu à bien préciser.
Sur ce plan-là, il y a cet acte significatif fait en septembre où, les femmes saoudiennes ont enfin obtenu le droit de conduire ! Le décret, pris par le roi Salmane sera effectif à partir de juin prochain. Les Saoudiennes ne seront pas contraintes d'obtenir l'accord de leur tuteur légal pour passer leur permis et pourront conduire seules.
Mohammed ben Salmane a également dirigé une série d'arrestations de plusieurs prédicateurs conservateurs. Les jeunes sont plus ouverts, étudient davantage à l'étranger, notamment grâce au système de bourses mis en place en 2000. Ce qui veut dire que le roi a voulu saisir l'occasion pour avoir la masse des jeunes à ses côtés pour briser les tabous sachant que 70% de la population saoudienne a moins de 30 ans. Là aussi, il y a lieu de noter que la jeunesse saoudienne, qui se forme de plus en plus aux Etats-Unis, acquiert donc les qualifications nécessaires pour participer au développement du royaume en matière de nouvelles technologies.
D'autre part, le jeune roi décide l'ouverture d'ordre culturel à savoir celle des cinémas et surtout cette autre ouverture " économique " du côté touristique.
Plus remarquable : des Saoudiennes ont célébré la Fête nationale mêlées aux hommes !
Mieux encore et pour ne pas trop perdre de temps, l'Arabie saoudite s'apprête à lancer en 2018 la construction d'une gigantesque cité de divertissements grâce à des investissements locaux et étrangers, dans le cadre des projets de diversification de son économie, fortement dépendante du pétrole.
La zone située au sud-ouest de la capitale saoudienne Ryad, accueillera "la plus grande ville culturelle, sportive et de divertissement du royaume (...), avait affirmé récemment le fils du roi et ministre de la Défense Mohammed ben Salmane.
Considérée comme unique en son genre dans le monde, elle aura une superficie de 334 km²", a-t-il ajouté, soit environ trois fois celle de Paris.
La ville offrira "des activités de qualité soigneusement choisies", dont un parcours de safari et un gigantesque parc d'attractions, a énuméré Mohammed ben Salmane.
Toujours dans le cadre de ce plan, le gouvernement du royaume conservateur a récemment créé une agence pour soutenir les entreprises privées organisant des événements de divertissement.
La première pierre de la cité de divertissements sera posée en 2018 et le projet sera officiellement inauguré en 2020.
Le Fonds public d'investissements qu'il préside en sera le principal investisseur, aux côtés d'une "élite de grands investisseurs locaux et étrangers".
Elle accueillera également des compétitions sportives et des courses automobiles. Elle comprendra également des restaurants et des hôtels pour attirer les touristes dans ce qu'il a qualifié de "capitale des aventures futuristes". Et en évoquant le sport, on n'omettra pas de signaler ce geste du roi de permettre désormais aux femmes d'assister aux matchs de football, chose interdite jusque-là pour la gent féminine.
En effet, l'Arabie saoudite va autoriser les femmes à assister à des événements sportifs dans trois stades du pays à partir de 2018, une autre première dans ce royaume ultraconservateur.
" Début de la préparation de trois stades à Riyad, Djeddah et Dammam pour accueillir des familles à partir de début 2018 ", a précisé l'Autorité générale du sport sur Twitter à la fin du mois passé. Il est utile de rappeler qu'auparavant et en juillet, des militants des Droits de l'homme se sont félicités d'une décision du ministère de l'Education permettant aux jeunes filles de faire du sport dans les écoles publiques. Ce qui était également interdit auparavant.
D'autre part, il y a lieu de rappeler au passage, qu'au mois d'août, l'Arabie saoudite a annoncé son intention de développer, sur les rives de la mer Rouge, des stations balnéaires haut de gamme, à destination des touristes étrangers ; elles seraient dotées d'" un statut juridique à part, aligné sur les standards internationaux ".
Ce qui, en d'autres termes, voudrait simplement dire, en catimini, que les femmes pourraient être autorisées à s'y baigner en maillot de bain et que de l'alcool pourrait y être servi, deux choses inconcevables dans le reste du pays, régi par le wahhabisme, une interprétation ultra-rigoriste de l'islam.
Baptisé, " The Red Sea Project " (le projet mer Rouge), devrait s'étendre sur 34 000 kilomètres carrés, un territoire, entre Amlaj et Al-Jawh, deux localités situées au nord de Djeddah. De quoi faire de l'ombre, pour ne pas dire plus, aux champions du tourisme balnéaire dans la région, comme Hourghada et Charm Al-Cheikh, en Egypte.
Les infrastructures hôtelières, dont l'ouverture est annoncée pour 2022, seront éparpillées sur un archipel d'îlots, accessibles par bateaux ou hydravions.
De plus, les futurs clients de cette zone touristique pourront se livrer à des excursions dans le désert, jusqu'aux ruines de Madaïn Saleh. Ces tombeaux taillés dans la roche, vestiges du royaume nabatéen, à visiter.

Sur le plan économique
Et dans ce même ordre d'idées et pour bien mener sa " révolution économique " une vague d'arrestations touchant les plus hauts cercles dirigeants a eu lieu. Ainsi, deux cents personnalités entre princes royaux, anciens ministres et hommes d'affaires ont été appréhendés, dont le célèbre milliardaire Al-Walid Ben Talal.
Parmi les victimes de cette spectaculaire purge, présentée comme une opération anticorruption, figurent aussi des membres du clan Abdallah, le précédent souverain, notamment son fils Mitab, jusque-là ministre de la Garde nationale, une unité d'élite, forte de 80 000 hommes. Autres personnalités touchées par cette vague d'arrestations, on notera, l'ancien ministre des Finances Ibrahim Al-Assaf, en poste pendant vingt ans, le ministre de l'économie, Adel Faqih, le patron des chaînes de divertissement MBC, Al-Walid Al-Ibrahim, et Bakr Ben Laden, le PDG du géant du BTP du même nom.
Le royaume cherche à attirer les investisseurs étrangers et à sortir de sa dépendance au pétrole qui a fait sa richesse. Avec un prix du baril divisé par deux depuis 2014, le premier producteur mondial d'or noir affiche un déficit budgétaire cumulé de 170 mds d'euros.
L'Arabie Saoudite est frappée par une stagnation du prix du baril. Ce qui s'est repercuté sur le royaume saoudien qui enregistre des déficits budgétaires sans précédent : celui de 2016 s'est élevé à quelque 80 milliards d'euros, soit l'équivalent de 15% du PIB.
Pour mettre fin à la dépendance de la rente pétrolière, le roi a donc décidé du projet " Vision 2030 " en s'attelant à une diversification de l'économie.
Son financement repose essentiellement sur la mise en vente de 5% de Saudi Aramco, la plus grande compagnie pétrolière au monde, dont le prix total est évalué à 2 000 milliards de dollars (un montant supérieur au PIB annuel de l'Italie).
La valorisation de l'Aramco qui déterminera ce que débourseront les investisseurs, se fera à la fois sur la base de ses réserves prouvées de pétrole mais aussi de son chiffre d'affaires avant taxation sans oublier ses bénéfices. Ainsi, plus le baril sera élevé et plus la valorisation sera haute et ce, pour le plus grand bien des finances saoudiennes. Par ailleurs, il y a quelques jours, l'Arabie saoudite a annoncé une baisse de sa production de 560 000 barils par jour à partir du mois de novembre. Ce qui veut dire que Riyad semble favoriser le prolongement de l'accord de limitation des pompages (1,8 million de barils par jour) conclu au sein de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) en novembre 2016. Avec une telle réduction, le royaume veut favoriser le retour du prix du baril dans une fourchette comprise entre 60 et 70 dollars en moyenne.
De plus et pour parer aux déficits enregistrés par le royaume au cours de ces dernières années, Riyad a un besoin urgent de fonds pour financer la diversification de son économie mais aussi pour continuer à la fois d'acheter la paix sociale et de poursuivre la guerre au Yémen.
Par ailleurs, il y a lieu de noter que permettre aux femmes de conduire les voitures permet d'accroître la participation des Saoudiens au marché du travail. Et notamment celui des femmes qui ne représent aujourd'hui que 22 % de la main-d'œuvre, contre plus de 40 % dans le reste du Golfe. Riyad vise 30 % à l'horizon 2030. " Et je parie qu'on y arrivera plus tôt, assure Abdulaziz Alrasheed, vice-ministre saoudien de l'Economie, de passage à Paris, jeudi 28 septembre, pour un débat à l'Assemblée nationale sur les réformes saoudiennes. Le transport est l'un des principaux freins à l'emploi des femmes. Cela d'autant plus que nous ne disposons pas de système de transport public efficace qui aurait pu compenser. "
En moyenne plus diplômées que les hommes, les Saoudiennes pourraient donner un petit coup de fouet à la faible productivité de l'économie locale.

Du côté politique internationale
L'Arabie Saoudite s'est ouvert plusieurs fronts " négatifs " en politique qui compliquent ses " finances ", entre autres, la guerre contre le Yemen n'est pas bien appréciée dans le monde où la dernière réaction de l'ONU qui évoque le cas d'une famine indescriptible est considérée comme une " erreur " tactique des Saoudiens qui, depuis son lancement en 2015 se complique de plus en plus et fait subir justement aux Saoudiens beaucoup de " pertes " dont celle des finances.
Sans trop entrer dans les détails, l'Arabie saoudite a lancé une opération militaire au Yémen à la tête d'une coalition de pays arabes et musulmans pour empêcher les rebelles chiites houthis, accusés d'être soutenus par l'Iran, de prendre le contrôle de l'ensemble de ce pays voisin. La coalition a été critiquée pour des "bavures" à répétition ayant fait nombre de victimes civiles lors de frappes aériennes.
En janvier 2016, l'Arabie saoudite exécute 47 personnes condamnées pour "terrorisme", dont le dignitaire chiite Nimr al-Nimr, figure de la contestation contre le régime saoudien sunnite. Cette mise à mort suscite de violentes manifestations en Iran et voilà que Ryad rompt ses relations diplomatiques avec Téhéran après l'attaque de son ambassade en Iran.
Par la suite et pas plus tard qu'en juin dernier, l'Arabie saoudite et plusieurs de ses alliés rompent leurs relations diplomatiques avec le Qatar, l'accusant de soutenir des groupes "terroristes" et lui reprochant ses liens avec l'Iran, accusations rejetées par Doha. Le royaume interrompt les liaisons aériennes et maritimes avec le Qatar et ferme la seule frontière terrestre de l'émirat.
Enfin il est à noter les derniers événements qui ont eu lieu dans un contexte de fortes tensions sur plusieurs dossiers entre les deux poids lourds de la région, l'Arabie saoudite sunnite, qui soutient M. Hariri, et l'Iran chiite, grand allié du Hezbollah. Les deux puissances régionales sont farouchement opposées sur des questions comme la Syrie, le Yémen et le Liban, où elles soutiennent des camps adverses.
D'ailleurs, la démission du Premier ministre libanais Saed Hariri de son poste de chef de gouvernement libanais à partir de l'Arabie Saoudite a été très mal perçue au Liban.
Les Libanais estiment que c'est une " ingérence des Saoudiens " dans leurs affaires internes. Au même moment, le Président libanais, observe un " mutisme bien calculé " attendant le retour de Hariri au Liban pour formaliser sa démission et comprendre mieux les tenants et aboutissants de cette décision surprise pour accepter ou refuser sa démission. C'est dire que l'Arabie Saoudite se trouve donc mêlée à plusieurs conflits dans la région au point où certains l'accusent même de travailler pour l'Etat sioniste et les Etats-Unis que gênent particulièrement le Hezbollah et le régime iranien et son arsenal nucléaire, entre autres…
Si c'est ainsi que le roi de l'Arabie Saoudite compte devenir le maître du Monde arabe et de la région du Moyen et Proche-Orient, il va falloir d'abord être plus performant en matières d'avancées techniques, technologiques avec l'ancrage réel de l'ouverture socio-culturelle que d'autres pays des régions concernées.


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