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Justice et médias
Publié dans Le Quotidien d'Algérie le 25 - 04 - 2019


Par: Nidal Aloui 25 Avril 2019 à 07:45
Il n'y a pas de démocratie sans justice indépendante et sans liberté d'expression. Le vice-ministre de la Défense est en droit de s'offusquer des « interprétations » faites de ses propos sur la justice mais il n'empêchera pas une lecture politique de ses déclarations.
Ses fonctions au sein du gouvernement et comme chef d'état-major de l'armée ne l'autorisent pas en théorie à s'introduire dans le champ de la Justice, d'autant qu'un Garde des Sceaux est en poste. Mais la situation exceptionnelle que vit le pays l'a peut-être conduit a tordre le cou à la théorie.
Depuis la sommation faite à Bouteflika de rendre les clés de la présidence, le général Ahmed-Gaïd a mis l'armée au devant de la scène politique. Avec un président intérimaire et un Premier ministre transparents comme le sont Bensalah et Bedoui, c'est le vice-ministre de la Défense lui-même qui est monté en première ligne.
Dans sa volonté évidente d'éviter la méfiance envers l'institution qu'il dirige, il a tenu à la situer auprès du peuple qui lutte contre la « bande » décriée par lui-même. Or on ne lutte pas contre les « bandits » sans les traduire devant les tribunaux. Et à ce sujet, il y a une demande populaire qu'il est vain d'ignorer.
Peut-être que le chef de l'état-major a voulu mettre en phase l'ANP avec cette demande de justice. « Je valorise l'appel de la justice quant à cet appel qui représente un volet important des revendications légitimes des Algériens, ce qui permettra de rassurer le peuple que son argent pillé sera récupéré par la force de la loi et par la rigueur requise », a-t-il plaidé.
Du coup, il s'est saisi de la volonté et a multiplié les déclarations. Il a commencé par dire que les dossiers de Khalifa et de Sonatrach seraient exhumés des tiroirs où on les croyait définitivement rangés. Khalifa ce sont surtout des ministres qui ont réussi à se soustraire au premier procès, comme Tayeb Bélaïz, le Secrétaire général de l'UGTA entendu seulement comme témoin. Et Sonatrach, c'est l'ancien ministre de l'Energie Chakib Khellil contre lequel Bouteflika a annulé les poursuites pourtant matérialisées par la délivrance d'un mandat d'arrêt. Finalement, c'est le ministre de la Justice de l'époque qui a payé son audace.
Les déclarations du chef de l'état-major ont été suivies d'une cascade de procédures. Après l'arrestation du patron du FCE suite à une tentative de fuite à l'étranger, il y eut une liste de suspects interdis de quitter le territoire national, puis l'incarcération de l'industriel Rebrab et des frères Kouninef.
La Cour suprême a adressé de son côté des convocations à des ministres et le Sénat s'apprête à lever l'immunité parlementaire de Djamel Ould Abbes et de Said Barkat.
Le général Ahmed Gaïd Salah a même demandé à la justice d'augmenter la cadence des procédures. Désir de solder un passé lourd de scandales étouffés ? Plutôt que de s'enthousiasmer face au vœu exprimé du général de « rapatrier » les montants détournés, une partie de l'opinion publique s'est mise à douter. Et s'il ne s'agissait finalement que des règlements de compte ?
Le doute se fonde sur le fait que les enquêtes préliminaires sont conduites par la gendarmerie dans le silence complet de la chancellerie et du parquet et sur la liste des prévenus qui ne contient pas pour l'instant des hommes d'affaires présumés proches de l'armée. Sur les réseaux sociaux, les doutes sont allés jusqu'à rendre fictives les procédures.
L'opinion semble ne pas avoir d'égards pour le droit de l'image que des chaînes de télévision ont cru bon de détourner. En plus des doutes, des craintes se sont manifestées. Est-il possible que des juges ayant toujours obéi aux injonctions se soient libérés d'un coup et puissent rendre des décisions justes et en toute sérénité ? Jusqu'à preuve du contraire, personne ne leur fait crédit de cette option. C'est juste l'ordonnateur qui se présenterait sous une nouvelle identité !
Face à ce scepticisme, le chef de l'état-major s'indigne que sa volonté de chevalier soit mise en doute. Il s'offusque des interprétations et menace de poursuites judiciaires les médias indociles. En fait, le rôle des médias n'est pas de rapporter les déclarations. C'est justement de les interpréter. De leur donner du sens. Rappel utile ?


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