La Bulgarie a annoncé, hier vendredi, l'arrestation de six personnes soupçonnées d'espionnage au profit de la Russie, alors que Moscou a regretté des «tentatives inlassables» de porter atteinte au dialogue russo-bulgare. Les suspects, parmi lesquels plusieurs cadres du ministère de la Défense, sont accusés d'avoir fourni des informations classifiées au chef du réseau, un ancien des services de renseignement. Son épouse de nationalité russo-bulgare « jouait ensuite le rôle d'intermédiaire » avec Moscou, a déclaré une porte-parole du parquet, lors d'une conférence de presse à Sofia. Elle remettait les éléments confidentiels récoltés sur la Bulgarie, l'Otan et l'UE à « un employé de l'ambassade de Russie » et recevait en échange de l'argent pour rémunérer les espions, a poursuivi Siyka Mileva. Dans un communiqué, l'ambassade de Russie a regretté vendredi soir des « tentatives inlassables » de porter atteinte au dialogue russo-bulgare et de « diaboliser » la Russie. Elle a aussi appelé à cesser « les spéculations sur l'implication présumée » de Moscou tant que l'enquête du parquet bulgare ne sera pas terminée, et demandé qu'un potentiel procès soit « dépolitisé et impartial ». Les enquêteurs ont dit s'être appuyés sur des bandes de vidéosurveillance pour confondre les suspects, qui rencontraient le leader du réseau dans des lieux publics, notamment à l'occasion de matchs de tennis. Ils disposent également d'enregistrements de conversations entre les membres du groupe et d'une photo de la femme entrant et sortant de l'ambassade, documents que le parquet a présentés aux médias. Selon sa représentante, c'est « la première fois » qu'un réseau de ce type est identifié dans ce pays de 6,9 millions d'habitants. Il s'agit d'une affaire « sans précédent dans l'histoire récente de la Bulgarie », a renchéri le procureur général Ivan Geshev. « Elle est d'une grande importance pour la sécurité nationale et celle de nos partenaires de l'UE, de l'Otan et des Etats-Unis ». Le ministère de la Défense avait auparavant annoncé dans un communiqué l'interpellation de deux militaires, mais les procureurs ont fait état de trois cadres visés par les investigations. En outre, un ancien attaché militaire, actuellement chargé des informations classifiées au Parlement, a été arrêté. « Ce n'est pas la première fois que nous sommes témoins d'activités d'ambassades étrangères incompatibles avec la convention de Vienne des relations diplomatiques, ce qui est inadmissible », a réagi pour sa part la diplomatie bulgare, dans un communiqué. Sur les six personnes du réseau, cinq restent en détention, tandis qu'un autre a été remis en liberté pour avoir « collaboré à l'enquête ». La Bulgarie entretient traditionnellement des relations économiques étroites avec la Russie. Depuis octobre 2019, plusieurs affaires d'espionnage ont cependant affaibli leurs liens. Cinq diplomates russes et un assistant technique à l'ambassade ont été expulsés sur la période. APS