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«Les islamistes qui se battent au Mali et en Syrie ont les mêmes objectifs et les mêmes bailleurs de fonds»
Eric Denécé, directeur du Centre français de recherche sur le renseignement, au Temps d'Algérie :
Publié dans Le Temps d'Algérie le 24 - 03 - 2013

Le Temps d'Algérie : Comment voyez-vous l'évolution de la campagne militaire au Nord-Mali ?
Eric Denécé : Courant mars, les unités françaises et tchadiennes, aidées par les Touaregs du MNLA, ont donné l'assaut au massif des Iforas, dans lequel s'étaient retranchés de nombreux terroristes. Les combats ont été d'une grande intensité, loin des caméras de la presse internationale tenue à distance.
Une nouvelle fois, ils se sont soldés par une lourde défaite des islamistes : ils ont perdu beaucoup d'hommes et l'essentiel de leurs stocks d'armements, de munitions, de vivres et de carburant ont été détruits. Les djihadistes ont ainsi été pris entre «le marteau» franco-tchadien et «l'enclume» algérienne, qui a fermé hermétiquement ses frontières, interdisant toute possibilité de fuite aux djihadistes. Les différentes phases de l'opération Serval ont permis de «casser les reins» des groupes terroristes qui sévissaient au Sahel depuis une décennie. Incidemment, cette opération a très fortement perturbé l'activité des réseaux criminels d'Afrique de l'Ouest.

La situation vous semble donc en train d'évoluer ?
Oui et non. Oui, militairement mais non, politiquement. Car si la totalité du territoire malien est presque sous contrôle, les problèmes locaux sont loin d'être réglés : relations Touaregs/Bamako, rivalités internes au sein de l'armée malienne, graves problèmes de développement et de reconstruction pour sécuriser et stabiliser durablement le Nord-Mali,...). L'un des principaux sujets de préoccupation est la grande faiblesse de l'armée malienne. Celle-ci n'a joué aucun rôle concret dans la reconquête du Nord et est incapable, en l'état, d'assurer la sécurité du pays.
Pire, elle a manifesté son mécontentement vis-à-vis des autorités avec des affrontements internes alors que le pays était en danger. C'est scandaleux. Notons, de plus, qu'aucune autorité malienne n'était présente lors de la cérémonie d'hommage aux soldats tchadiens tués en opération pour reconquérir le Nord. Le futur du Mali dépendra certes de l'assistance militaire internationale et des aides économiques pour la reconstruction, mais surtout de la capacité des Maliens à mettre sur pied un gouvernement national stable et durable, déterminé à rouvrir les négociations avec les Touaregs. Il ne semble pas que l'on en prenne le chemin…

Doit-on craindre une contre-offensive terroriste ?
Depuis le début de l'opération Serval, les contre-attaques terroristes ont été rares et leurs quelques tentatives ont été, jusque-là, de bien piètre réussite. Ils se déclarent néanmoins déterminés à «organiser des attaques contre les convois et des opérations kamikazes», selon le porte-parole du Mujao, Abu Walid Sahraoui. Evidemment, la contre-attaque des djihadistes est quasiment inévitable. Le principal risque est l'infiltration de bandes terroristes au sein du dispositif franco-malien pour se livrer à des actions de guérilla, des attentats, de minage d'itinéraires...
L'idée d'une ligne de front en arrière de laquelle tout serait tranquille, est totalement illusoire : il est impossible de verrouiller un aussi vaste secteur avec si peu de moyens. Toutefois, l'aide de la population civile, qui déteste profondément les islamistes et craint leur retour, devrait permettre d'alerter les forces de sécurité de leurs mouvements. Pour l'instant, force est de constater que les terroristes cherchent davantage à échapper à l'étau franco-tchadien, qui se referme sur eux chaque jour davantage, qu'à contre-attaquer.
Il faut également souligner que les djihadistes ne sont pas parvenus, jusque-là, à attirer des volontaires internationaux afin de rejoindre leur combat au Sahel. Malgré les déclarations d'Al-Qaïda au Yémen - qui, le 12 février, a appelé au djihad contre les Français au Mali - et de la branche saoudienne d'Al-Qaïda - qui en a fait de même deux jours plus tard -, les groupes armés n'ont pas reçu de renforts. Pour une raison simple : les éléments radicaux se concentrent aujourd'hui en Syrie.
L'opération Serval est donc un réel succès...
Oui. En moins de trois mois, l'armée française est parvenue à renverser une situation qui menaçait l'Etat malien de disparition. Non seulement la descente des colonnes armées islamistes vers Bamako a été stoppée et en deux mois, la contre-offensive lancée a permis aussi de reconquérir la quasi-totalité du Nord-Mali. La menace djihadiste a été considérablement réduite et les actions conduites par les forces françaises et tchadiennes ont porté des coups sévères aux terroristes islamistes. Nous avons montré qu'une force conventionnelle pouvait faire reculer une guérilla.
C'est une opération magistrale de l'armée française, menée pourtant dans une situation de réduction des effectifs et de contraintes budgétaires fortes. Sans doute, le contrôle étroit de la communication ne permet pas à nos compatriotes d'en prendre pleinement conscience. L'ampleur de la défaite qui a été infligée aux djihadistes rendra longue et difficile leur remontée en puissance. Certes, tous n'ont pas été éliminés et il convient de s'attendre à ce que certains tentent de réagir par des actes extrêmement violents (attentats, prises d'otages). Mais cela ne saurait faire illusion : l'offensive française les a renvoyés dix années en arrière !
Toutefois, une ombre demeure : la France est en partie responsable de la situation actuelle au Sahel, en raison du rôle clé que Paris a joué lors de l'intervention de l'Otan en Libye, en 2011. Ainsi, les positions françaises apparaissent paradoxalement contradictoires. Nous luttons contre les djihadistes au Mali, mais nous continuons de vouloir les aider en Syrie, en armant les salafistes opposés à Bachar Al Assad.
C'est à rien n'y comprendre. Certes, les islamistes qui opèrent au Mali ne sont pas les mêmes qui se battent en Syrie, mais ils ont les mêmes objectifs, les mêmes inspirateurs, les mêmes idéologues et les mêmes bailleurs de fonds. Il y a là une incohérence profonde. La France, par méconnaissance ou par aveuglement, fait ainsi la politique étrangère du Qatar, de l'Arabie saoudite et des Etats-Unis…


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