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Kossayr: c'est ainsi que tout a commencé
Publié dans L'Expression le 02 - 06 - 2012

Que se passe-t-il en Syrie? En un an, des milliers de personnes ont été tuées, mais qui les a tuées? Les témoignages que nous publions sont représentatifs du drame actuel. Souha Moustafa est partie à la rencontre des survivants des affrontements. Pas de ceux qui sont employés et mis en scène par les agences de communication occidentales en Turquie et en Jordanie, mais des gens simples qui fuient les combats. Témoignage d'une journaliste syrienne
La balle a pénétré le corps de mon frère avant d'exploser dans ses poumons, dit un jeune chrétien qui a pu s'évader de Kossayr (ou Qusayr) et s'installer à Damas. Mon frère, ajoute-t-il, était ingénieur civil. Il s'est rendu ce 18 février 2012 à Kossayr pour nous dire au revoir avant de regagner l'Allemagne, où il poursuivait ses études. Arrivé ce jour-là en ville, il s'est retrouvé au milieu d'un accrochage entre les forces de l'ordre et des milices terroristes. Pas loin de la maison familiale, un policier gravement blessé avait besoin de l'aide. Mon frère s'est dirigé vers lui pour le secourir. Mais il ne savait pas que la mort l'attendait. Une balle a été tirée par un franc-tireur.» Kossayr est désormais une ville fantôme. Nous avons rencontré à Damas ce jeune homme chrétien, qui a souhaité préserver son anonymat. Il nous a proposé de l'accompagner dans la capitale, là où se sont réfugiés ses amis et voisins, environ 150 familles chrétiennes. La vie n'est plus supportable à Kossayr après la montée de la violence; les milices scandent des slogans confessionnels, appellent à bannir toutes les minorités ethniques ou religieuses de la ville, conclut-il.
Notre interlocuteur demande à un journaliste français: «J'ai visité plusieurs fois la France. J'ai pu constater que les Français sont aimables en général. Alors pourquoi Sarkozy est comme ça? Pourquoi soutient-il des extrémistes sanguinaires qui cherchent à nous massacrer?» N'ayant pas reçu de réponse immédiate, il a repris: «Vous ne saviez peut-être pas comment nous vivions ensemble dans cette petite ville frontalière avec le Liban? La «révolte» a détruit des siècles de bonne entente entre musulmans et chrétiens dans la ville. Au début, les manifestations se déroulaient sans violence, jusqu'au moment où des intrus, barbus, armés et violents, sont apparus dans les rues. C'était en mai 2011. Ces miliciens, très excités, commencèrent à dévaster la ville, à enlever des hommes pour réclamer des rançons, à piller, à incendier les maisons et les commerces appartenant à tous ceux qui refusaient de se ranger dans leur camp, notamment les chrétiens.»
«Les alaouites furent leurs premières victimes, puis les chrétiens, poursuit une dame qui partageait un appartement avec deux autres familles, tout comme les 150 autres familles chrétiennes réfugiées dans les banlieues de Damas». Elle ajoute: «Quand ces fous d'Allah se mirent à scander leur trop fameux slogan, au su et au vu de tout le monde, Les alaouites dans les cercueils et les chrétiens à Beyrouth! '', nous avons eu peur. Leurs dignitaires religieux - tout particulièrement le cheikh Arrour qui pousse au crime ces jeunes fanatiques à travers la chaîne saoudienne Wesal -, leur ont promis qu'ils accéderaient au paradis céleste s'ils tuaient tous les "infidèles". Dès lors, nos vies étaient sérieusement menacées. Les familles alaouites survivantes ont dû quitter la ville bien avant nous. Ce fut une épuration confessionnelle. Ils ne veulent plus de nous dans la région. Et il fallait s'attendre au pire. Plus les jours passaient, plus la situation sur le terrain se dégradait.
Avant, la plupart des miliciens qui semaient la terreur étaient des jeunes, de 15-25 ans, armés de kalachnikov. Maintenant, il y en a de plus âgés. Ils patrouillent la ville à bord des camionnettes armées de mitrailleuses.» Ce sont eux qui font la loi «Et l'armée, où elle est dans tout cela?» demandons-nous à ces familles nous entourant. Un des hommes présents répond. Selon lui, l'intervention de l'armée était nécessaire, et les gens l'ont réclamée. Mais les soldats ne peuvent pas faire face et des milliers d'entre eux ont péri depuis le début des événements. Les miliciens sont mieux armés qu'eux, ils disposent non seulement d'armes lourdes, mais aussi de systèmes de communication ultrasophistiqués, dont l'Etat ne dispose pas. Récemment, quelques jours avant que nous quittions Kossayr, raconte une jeune femme, j'ai vu deux hommes du quartier attachés à deux grosses roues d'un tracteur. C'étaient des sunnites, comme les miliciens. Nous les connaissions tous. Ils étaient accusés à tort d'être des indics des Renseignements généraux. Ce n'étaient en fait que deux paisibles pères de famille. Les miliciens les ont brûlés vifs, attachés sur ces grosses roues. Nous savons tous qu'ils ne travaillaient pas pour la police. Ce n'était qu'un prétexte. Ils les ont tués parce qu'ils refusaient de payer «l'impôt révolutionnaire».
A vrai dire, réplique un homme d'une cinquantaine d'années: «Ces miliciens que nous voyons depuis bientôt un an, ne sont pas tous des Syriens. Leur accent et leur manière de s'habiller les trahissent. Certains sont des Libanais de Wadi Khaled et Arsal, des bourgs limitrophes. D'autres sont des Arabes de diverses nationalités. Ils sont tous venus en Syrie pour y créer un émirat islamique. C'est pourquoi ils veulent expulser du pays tous ceux qui ne leur ressemblent pas. Nous ne sommes pas allés chercher refuge à l'étranger, comme les salafistes le veulent. Nous sommes montés à Damas en attendant des jours meilleurs où nous pourrons retourner chez nous, dans nos maisons, à Kossayr, car, nous sommes chrétiens, nés ici, dans ce pays qui est aussi le nôtre.»


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