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"J'appelle les Algériens à se tourner vers l'Afrique"
22ÈME SALON INTERNATIONAL DU LIVRE D'ALGER: ABDOULAYE RACINE SENGHOR, PROFESSEUR DE LITTERATURE, CRITIQUE ET DIRECTEUR DU MONUMENT DE LA RENAISSANCE AFRICAINE, À L'EXPRESSION
Publié dans L'Expression le 01 - 11 - 2017

img src="http://www.lexpressiondz.com/img/article_medium/photos/P171101-02.jpg" alt=""J'appelle les Algériens à se tourner vers l'Afrique"" /
Il a à son actif plusieurs livres ainsi que des poèmes. Il est l'invité de la 22e édition du Salon international du livre d'Alger. Impossible de passer à côté du petit-fils du grand cofondateur du Mouvement de la négritude. Il est aussi le directeur du grand Monument de la renaissance africaine. Rencontre.
L'Expression: Quel héritage gardez-vous de votre grand-père, un des pères fondateurs du Mouvement de la négritude, Léopold Sédar Senghor?
Racine Senghor: En général c'est un héritage laissé ou légué à tous les Sénégalais et Africains. C'est l'héritage d'une conscience. Que l'Afrique existe. Qu'elle a joué un rôle important dans le monde depuis les origines, que l'Afrique est riche d'une culture et des civilisations nombreuses, très puissantes et luxuriantes j'allais dire. De cela on ne peut être que fier pour affronter le monde avec une bonne estime de soi. Et pouvoir également révéler au monde notre capacité à construire une société heureuse pour l'Afrique, le Sénégal et le monde entier parce que Senghor d'abord, c'est la thèse de l'enracinement dans ses propres valeurs de civilisation, mais également de l'ouverture. Son souci était de construire ce qu'il a appelée «La civilisation de l'universel». Il n'a pas dit la civilisation universelle. La civilisation de l'universel traduit l'idée qu' il faut qu'il y ait un apport de chacun et cette civilisation de l'universel il l'a appelée aussi «le rendez-vous du donné et du recevoir». c'est-à-dire qu'à ce banquier de l'universel- c'était aussi sa formule- il fallait arriver avec toutes les valeurs positives que les uns et les autres portent. De ces valeurs on pouvait s'enrichir de leur complémentarité.
C'était ça Senghor. Il l'a traduit à travers des oeuvres littéraires qui en ont fait un des plus grands poètes du point de vue du monde, mais il l'a fait aussi à travers une action militante, déjà quand il était étudiant où le mot «Négritude» a été créé avec Césaire, ils ont développé des revues, ils se sont battus et ont suivi la création de la revue Présence Africaine. Ils se sont après, tous engagés en politique, quasiment pour devenir les porte-paroles de leur peuple. Césaire avait écrit cette phrase magnifique: «Ma bouche sera la bouche des malheurs qui n'ont point de bouche... Ma voix, la liberté de celles qui s'affaissent au cachot du désespoir».
C'est ça qu'ils ont porté comme parole. Ils se sont voulu les porte-drapeaux, les agents actifs d'une Afrique indépendante qui va jouer son rôle dans le cadre de la souveraineté parmi le concert des nations.
L'esprit panafricanisme semble s'essouffler ou se disloquer aujourd'hui.? Qu'en pensez-vous?
Je suis plutôt optimiste. Je ne pense pas qu'il y ait dislocation, au contraire, les efforts des uns et des autres convergent vers une consolidation de l'Union africaine qui a remplacé l'Organisation de l'unité africaine.
Il y a aussi un faisceau de productions artistiques et actuel et de littérature d'intellectuels qui ont conscience de cela. Il y a des manifestations comme celle qui nous réunit aujourd'hui ici, à Alger, qui traduisent aussi ce souci de rapprochement des peuples. D'Afrique, de cultures africaines à travers ce qu'il y a de plus précieux qui est la création littéraire, le livre et la lecture. Je suis optimiste. Je pense qu'on va inévitablement vers cet esprit panafricaniste.
Vous suivez vous aussi les traces de votre grand-père en écrivant dans ce sens? Pourquoi avoir choisi cette voie?
Est-ce qu'on choisit d'être auteur? Non, je ne pense pas avoir choisi. Je suis d'abord professeur et critique littéraire. Cela m'a mis en contact avec le monde du livre et la littérature et la création. Tous les Senghor ne sont pas des écrivains. Les enfants de Senghor ne sont pas écrivains non plus. Ce qui m'a amené à l'écriture, je pense c'est comme disait Diderot, est d'avoir des choses à dire et certainement un organe, une possibilité de le dire avec l'écriture.
J'écris personnellement depuis très jeune. Depuis que je suis enfant, à l'âge de onze douze ans. J'avais déjà écrit un texte qui avait été publié dans la grande revue Bingo. Depuis, je n'ai pas arrêté d'écrire. Mais j'ai publié assez tard. J'étais pris par les activités professionnelles, les activités associatives et militantes dans le sens où nous sommes tous engagés à travers des idéaux que nous défendons par-ci par-là et j'ai eu des responsabilités nationales comme directeur de cabinet du ministre et aujourd'hui comme directeur de la plus grande institution culturelle du Sénégal qui est le Monument de la renaissance africaine.
Un mot sur ce grand Monument?
C'est un très grand monument, le plus grand monument au monde que l'on peut visiter de l'intérieur, qui est bâti sur une colline à Dakar et qui fait 50 mètres de haut, 15 étages avec à l'intérieur de nombreuses expositions, de toutes sortes, des oeuvres d'art, des objets anciens du patrimoine africain etc. Mais avec pour projet justement ce que je disais tout à heure de travailler avec les instituions universitaires avec tous les hommes de culture, les jeunes en particulier pour donner une meilleure image de l'Afrique et participer à la renaissance africaine et quand on dit renaissance africaine ce n'est pas produire seulement des livres et des oeuvres d'art, mais des idées aussi, c'est pour que ces jeunes puissent être scientifiquement dotés et qu'ils aient conscience qu'ils doivent aller travailler etc. c'est cette excellence qu'il faut promouvoir.
Qu'en est-il de l'échange avec l'Algérie, notamment sur le plan artistique et culturel?
Le monument lui-même est un lieu touristique et ouvert à tous les touristes et notamment algériens. Nous appelons tout le monde à venir visiter. Les Algériens sont de grands voyageurs. il faudrait qu'ils se tournent vers l'Afrique, au sud du Sahara et qu'ils puissent venir visiter le Monument de la renaissance. C'est un voeu que j'exprime. Il y a une bonne relation entre le Sénégal et l'Algérie, ça c'est sûr. C'est aussi vieux que nos deux pays, mais il y a un travail important à faire pour que ces relations se consolident et qu'il puisse y avoir une bonne colonie d'Algériens qui viennent visiter le Sénégal et le Monument de la renaissance africaine et inversement, qu'il y ait une bonne colonie de Sénégalais qui viennent visiter l'Algérie et connaître mieux l'Algérie. Il y a plusieurs siècles, l'islam a évolué au Sénégal par le Maghreb.
Ceux qui ont ramené l'islam par le Maghreb et ont bâti cette civilisation musulmane magnifique que nous partageons ensemble et qui fait que 95% des Sénégalais soient musulmans. Eh bien, ceux qui ont bâti cela il y a neuf siècles ont traversé le désert dans des conditions atroces, difficiles.
Aujourd'hui, nous avons plus de facilité pour aller les uns vers les autres. Il n'y a pas de raison pour que l'on ne le fasse pas.


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