Syndicat national des magistrats: Des élections régulières, garantes de la légitimité populaire    Présidentielle du 12 décembre : Révision exceptionnelle des listes électorales dès ce dimanche    USA: La Fed baisse son taux directeur, la suite reste incertaine    Y a-t-il une vie en dehors des GAFAM? Episode I : les réseaux sociaux    Lutte contre le changement climatique: L'ONU salue les efforts de l'Algérie    Présidentielle en Tunisie … La logique arithmétique plaide pour Kaïs Saïed    Brexit : Le Royaume-Uni quittera l'Union européenne le 31 octobre    L'impasse iranienne met en lumière un fossé croissant entre l'UE et les Etats-Unis    Match amical Algérie - Colombie : La FAF officialise la rencontre contre la Colombie    Supercoupe d'Algérie de hand : Le CRBBA (messieurs) et le GSP (dames) vainqueurs    Incident de Oued Rhiou: Le parquet de la République ouvre une enquête    Côte d'Ivoire : La profanation de la tombe de DJ Arafat ne restera pas impunie    Le chef de la Minurso visite les camps de réfugiés sahraouis    Apple dévoile 3 nouveaux iPhones et un nouvel iPad    14 postulants ont retiré les formulaires de souscription    Un rapport de l'IGF pointe un risque de faillite    Les nouveaux walis délégués installés    Horreur à Oum El-Bouaghi    Des contrats gaziers à long terme prochainement renouvelés    7e Festival du melhoun du 25 au 27 septembre à Mostaganem    Créances de plus de 2,9 milliards DA à recouvrer par la Sonelgaz    La FAF officialise la rencontre contre la Colombie    Un jeune homme trouve la mort par électrocution à Ouled Ayaiche    Une vingtaine de projets hydrauliques proposés au plan de développement de 2020    Arrestation de 6 personnes impliquées dans une affaire de détournement de deniers publics    Agacé, Mourinho éteint les rumeurs et réclame du respect pour Zidane !    Les premiers pas vers l'élection présidentielle du 12 décembre    Ouverture de la 5e édition aujourd'hui    La police retire le permis de port d'arme à Tliba    AIN BEIDA (ORAN) : Saisie de 1242 unités de boissons alcoolisées    MOSTAGANEM : 207.621 élèves inscrits pour l'année scolaire 2019-2020    7EME EDITION DU FESTIVAL NATIONAL DU MELHOUN : 34 artistes au rendez-vous    Forte mobilisation à Alger et dans les autres villes du pays : Plus déterminés que jamais    Ligue 2: Le programme des rencontres de la 5ème journée    L'Algérie 4e en Afrique et 38e au niveau mondial    Amnesty fustige l'usage excessif de la force par la police    "Makanch l'vote, diroulna les menottes"    Plus de 3 200 demandeurs d'emploi placés depuis janvier    Le centre et le nord du Mali sombrent dans la violence    Vent de révolte contre le pouvoir militaire d'al-Sissi    Les problèmes et les enjeux du 6e art en débat    Les luttes citoyennes racontées autrement    Des ONG progressistes soutiennent le "hirak"    En France : quand un anti-raciste noir est accusé de racisme    CRB : Plus qu'une rencontre, un classique    MCO : Suite à la suspension de CEO... Les Hamraoua en colère !    Tizi-Ouzou, Béjaïa: Protesta des avocats    Amnesty International dénonce le «blocage de l'accès à Alger»    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





"Sacralisation..."
MOUNA BENNAMANI, ARTISTE, À L'EXPRESSION
Publié dans L'Expression le 10 - 03 - 2018

Une des oeuvres marquantes de cette exposition organisée par ONU Femmes et placée sous le thème de «l'égalité» est incontestablement l'installation de Mouna Bennamani qui, réalisée à l'aide de papier, se veut provocatrice certes, par sa taille, mais ô combien révélatrice d'une réalité socioculturelle bien ancrée dans la mémoire de notre société, à savoir la sacralité de la virginité féminine. Cette oeuvre géante est placée en effet comme un gros coup de gueule de la part de l'artiste, pour souligner la dimension gravissime de ce phénomène qui entoure ce tabou en Algérie. Lui redonnant forme, l'artiste plasticienne qui n'est plus à sa première oeuvre dédiée à la cause «féminine» ou féministe, nous explique le pourquoi et le comment de son travail. Nous lui avons donc posé trois questions. Réponses ci-dessus.
L'Expression: Un mot sur le rapport entre votre oeuvre et la thématique de la légalité?
Mouna Bennamani: Mon sujet évoque justement une forme d'inégalité qui prévaut dans notre société que je voulais mettre en lumière à travers cette installation. Epicharme affirme: C'est la pureté de l'âme qui fait la pureté du corps. Chez nous c'est plutôt «c'est la pureté du corps qui fait la pureté de l'âme...» Dans une réalité où le symbole est au-dessus des valeurs intrinsèques, la pureté féminine se veut sacrée, divine, nécessaire et non négociable, révélatrice de valeurs, principes et de «hourma!». Cette sacralisation de la chasteté féminine, mise en scène par le rituel sacré du drap blanc, cette installation se veut métaphore plastique de cette fameuse coutume ancestrale, dont la pratique se veut moins répandue de nos jours, mais dont la symbolique est toujours aussi forte, ancrée.
Parlez-nous de votre démarche artistique justement...
Il fallait que cette oeuvre soit grande! Qu'elle dépasse l'échelle humaine, qu'elle dépasse l'humain et les valeurs qu'il peut porter, qui constituent sa personnalité en quelque sorte. Qu'elle remplisse l'espace ne laissant place à aucune autre caractéristique féminine. Elevée au rang de divinité, rien n'est plus important que la virginité féminine, cette pureté de l'âme traduite par une pureté du corps! J'ai abordé ce sujet, parce qu'il me paraît être la plus grande inégalité dans notre société. Chasteté sélective; ce qui est imposé aux femmes n'est nullement de même pour les hommes. Toujours à la quête d'une preuve, l'attente de cette tache rouge sur ce blanc immaculé, l'intime dévoilé au grand public! Complexité d'une société où la pudeur et l'impudeur «flirtent» de manière continue.
Pourquoi le papier?
Ma rencontre avec le papier remonte à l'enfance j'imagine, mais la révélation que j'ai eue dans un cadre artistique s'est faite au japon, je suis simplement rentrée dans une papeterie, où j'y ai trouvé des étalages de différents papiers, des tonnes! J'étais simplement émerveillée! l'odeur du papier, les différents touchers, j'y ai passé des heures discutant avec cette personne qui a toujours tenu cette boutique, il me parlait de son métier auquel il avait consacré sa vie, l'art des origamis, j'avais tout simplement redécouvert ce papier, matière qui fait appel à tous les sens. Un vrai dialogue s'est installé entre nous. Ça s'est construit intuitivement. Le papier est un matériau riche qui répond au geste assez facilement, on le touche, il vibre, se plie se froisse, très sensible matière qui nous permet de s'y refléter en tant qu'humains, si on lui propose quelque chose, un pli, un froissement, elle va y répondre et garder l'empreinte, un peu comme la terre aussi, une sorte de côté spongieux, absorbant de la matière, on y laisse une part de nous-même à chaque fois. Et puis au-delà de tout cet aspect de fragilité qui, finalement, n'en est pas un, je parlerai plutôt de sensibilité, il y a ce rapport à la construction, déconstruction et reconstruction de la matière notamment avec le mouvement concret du geste qui se fait totalement naturellement Ce qui est très intéressant avec le papier: c'est un matériau plane, fin, souple qui n'a pas de volume initialement, mais qui va pouvoir en avoir si on joue avec de la bonne manière, à travers le pliage, froissement, collage. Cette matière permet autant le plein que le vide qui va permettre un volume immense alors que la feuille elle-même n'en a pas, et ce volume existe par le vide qu'il contient. J'aime le côté éphémère que peut avoir ce matériau, la vie qu'une oeuvre de papier peut avoir, avec un début et une fin, une matière qui fait écho à l'humain, c'est sans doute ce qui me plaît le plus.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.