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«Je suis engagé pour mon devoir...»
Mourad Senouci, dramaturge et directeur du TRO, à L'Expression
Publié dans L'Expression le 11 - 05 - 2021

L'Expression: Le TRO mémoire sera mis en ligne. Parlez nous de ce projet. En quoi consiste t-il?
Mourad Senouci: Afin de réunir, préserver et promouvoir la mémoire du TRO, nous avons conçu une plateforme numérique dans laquelle sera publié tout ce que nous avons pu collecter comme fonds documentaire. En ce moment, elle est en test ligne, mais elle sera mise a la portée du large public prochainement. Actuellement, nous avons déjà mis une catégorie photothèque, avec un chapitre photo consacré aux artistes qui ont travaillé au théâtre d'Oran depuis 1969, et un autre des pièces théâtrales produites par le TRO de 1969 à 2021.
Une autre catégorie nommée affiche a été publiée sur la plateforme, avec toutes les affiches du théâtre d'Oran de 1969 à 2021 encore.
Une 3ème a été mise, et c'est la catégorie thèses et mémoires, celle-ci est dédiée à la recherche universitaire, nous avons pu publier 70 thèses de licence, master et doctorat dont les sujets de recherche
concernaient le théâtre. Prochainement, nous procéderont à la publication des vidéothèques, puisque nous avons déjà à notre portée une trentaine de vidéos de pièces théâtrales numérisées, ces dernières seront avec un rythme de cinq pièces par semaine, mais encore toutes nos activités depuis 2017 à ce jour seront mises en ligne à partir de cette semaine.
En ce qui concerne les com- ptes en ligne sur la plateforme, un compte a été mis à disposition de notre partenaire le Crasc (Centre de recherche en anthropologie sociale et culturelle), où une première publication sur Abdelkader Alloula a été mise en ligne par le professeur Mohamed Daoud, il a aussi mis une série d'articles concernant le TRO, produits par d'éminents chercheurs associés au Crasc. Deux prochains livres produits aussi par ce dernier, seront publiés à leur tour dès leur sortie. Bientôt, nous lancerons la catégorie Presse Book, où il y aura des articles de presse concernant les différentes productions du TRO. L'opération est à la phase de numérisation.
Notre plateforme a un caractère collaboratif, et donc elle est ouverte à toute personne qui pourra apporter un plus, tout journaliste par exemple, qui souhaite publier ces travaux sur le TRO aura alors un compte où il pourra le faire, afin de préserver et promouvoir ce fonds commun.
Tout artiste, auteur ou même metteur en scène, ayant déjà travaillé avec le théâtre d'Oran, pourront aussi à leur tour avoir un compte où ils mettront leurs documents. Nous lancerons aussi un appel à tous les citoyens, les amis du théâtre qui ont des photos souvenirs par exemple au théâtre, d'anciens prospectus ou affiches, d'anciennes souches de billetterie, et qui souhaiteront les mettre en ligne, pourront eux aussi avoir un compte sur cette plateforme. Enfin, le théâtre d'Oran a une histoire, un patrimoine, et nous souhaitons le préserver et le promouvoir.
Après avoir participé à l'éclosion du théâtre privé «La fourmi», vous planchez actuellement sur d'autres chantiers, notamment un à Oran et un autre théâtre dans le sud de l'Algérie. Pourriez-vous nous en parlez?
Contribuer à l'ouverture des salles de spectacle et de théâtre dans mon pays reste un véritable honneur pour moi, sachant que je suis déjà membre fondateur du premier théâtre privé en Algérie «théâtre de la Fourmi», et j'en suis très fier, car cela fera partie désormais de l'histoire de notre pays.
En ce moment même, je suis sur un projet initié par le groupe public Hôtellerie, tourisme et thermalisme (HTT) en partenariat avec le théâtre la Fourmi, ce projet consiste à transformer en une période d'une année,10 salles de séminaires qui existent en salles de spectacle et de théâtre.
Quant à ma contribution, je la fais en tant qu'apport du ministère de la Culture, et donc je suis chargé d'accompagner ce dernier en apportant mon expertise, et mon suivi de réhabilitation et de transformation.
La première salle a déjà été réalisée, elle se trouve au niveau de l'hôtel Tahat dans la ville de Tamanrasset. Cette initiative a été saluée par les artistes, mais aussi par les citoyens de cette ville. Et donc l'animation et la programmation d'activités se feront prochainement à son niveau. Parallèlement, et dans les prochains jours, nous procèderons à la réhabilitation d'une ancienne salle de cinéma qui se trouve au complexe thermal de Hammam Bouhadjar, dont nous comptons en faire le premier théâtre dédié à la marionnette, son inauguration se fera le 1er juin « Journée mondiale de l'enfance».
La programmation et l'animation de cette salle seront gérées par le théâtre régional d'Oran dans le cadre d'une convention qui regroupe le TRO et le groupe HHT. Au mois de juin aussi, il est prévu de passer du côté de Guelma, afin de préparer aussi un nouvel espace, et ça sera ainsi jusqu'à la fin de l'année 2021.
En dehors de ce projet, il y a une association très dynamique à Oran qui s'appelle Santé sidi el Houari (SDH), qui a sollicité mon aide afin de transformer un de ses espaces en théâtre ou en salle de spectacle, et nous comptons le réaliser avant la fin du mois de juillet prochain. Pour le moment et avec l'autorisation du ministère de la Culture, je consacre 5 à 6 jours par mois pour les déplacements sur les sites et les autres jours je suis les opérations à distance à partir de mon bureau qui se trouve au niveau du théâtre d'Oran.
Il y a quelques jours s'est tenu à Alger un colloque sur l'investissement du privé dans le secteur culturel. Vous avez coprésidé un atelier, lié aux espaces privés. Un mot-là-dessus et quel bilan pourriez vous nous faire de ce colloque?
Je considère l'organisation du forum consacré à l'économie culturelle, comme un moment clé où il y aura l'avant et l'après ce dernier. C'était la première fois où le thème culture économie a été abordé. Dans beaucoup de pays du monde, la culture a un impact important sur l'économie, le tourisme et l'image, par contre chez nous et pour différentes raisons, nous avons toujours évité d'associer la culture à l'économie et donc à l'argent.
Nous avons un très grand potentiel inexploité, de très beaux théâtres, des sites archéologiques, des musées, de la musique, des milliers d'artistes, une belle histoire et un magnifique pays. Mais ce qui est dommage en prenant exemple sur la politique du tourisme, elle se fait sans approche culturelle profonde Pensez-vous réellement que le privé puisse suffisamment investir dans le domaine culturel, ce dernier étant l'apanage du ministère de la Culture dans sa majorité, qui détient d'ailleurs son monopole en Algérie?
À mon avis, le secteur privé finira par s'intéresser à l'investissement dans le milieu culturel, si on prend exemple sur la ville d'Oran, nous avons le théâtre privé la Fourmi, et très prochainement, le multiplexe cinéma «Cinegold» avec trois belles salles, il y a déjà plusieurs espaces privés consacrés aux arts plastiques, le dernier créé c'est l'espace «Yasmine». J'ai été contacté personnellement il y a de cela un mois environ pour un projet qui concerne un théâtre de poche à 100 places au niveau de la ville d'Alger. Je pense que l'Etat doit vraiment continuer à soutenir les structures publiques, car nous avons besoin d'un service public fort, puissant et surtout de bonne qualité, en même temps, il doit accompagner les privés porteurs de projets culturels, notre déficit est tellement important dans ce domaine, que même la concurrence privée publique n'est toujours pas à l'ordre du jour.
Enfin, qu'est-ce qui anime Mourad Senouci dans toutes ses conquêtes professionnelles durant toutes ces années?
Beaucoup de personnes se demandent comment je fais pour gérer et suivre tous ces projets en même temps et même pour quelle raison je le fais.
Tout d'abord je tiens à signaler que généralement je ne m'engage que dans les projets que je considère réalisables. Et donc à mon avis ils le sont tous. Prenons toujours exemple sur le théâtre privé d'Oran la Fourmi, il a été réalisé en un espace de 6 mois, la transformation de la salle Tahat à Tamanrasset en 31 jours. Nous travaillons dans ces projets avec d'autres normes, c'est l'efficacité et une autre mentalité, et je pense que c'est ça qui est motivant, ce qui fait que je me suis engagé dans cette voie avec l'envie d'apporter une contribution concrète pour la culture dans mon pays et surtout pour les générations futures.
Participer par exemple à l'ouverture de 10 espaces culturels pour cette année, c'est pour moi 10 nouveaux espaces d'expression, d'échanges culturels, d'échanges d' idées, des déplacements de famille, en résumant cela je dirai 10 espaces de vie tout simplement. C'est ça avoir de l'influence sur la société, ça devrait être ça le rôle des femmes et hommes de la culture, et donc je ne fais rien de plus que d'accomplir mon devoir. Je ne fais plus partie des différentes commissions, même si elles restent nécessaires et importantes, le problème qui se pose est que nous avons généralement toujours affaire aux mêmes personnes, aux mêmes analyses et mêmes discours, je préfère être sur le terrain, car l'action permet la décantation et donc donne les arguments nécessaires pour faire avancer le débat, quant à ma motivation profonde et ce qui me donne le courage et force de travailler et de suivre tous ces projets-là, c'est mon souhait, qui est de marquer mon passage dans cette vie, par des réalisations concrètes au profit des nouvelles générations, je souhaite vraiment faire partie de l'histoire culturelle de mon pays, c'est tout ce que je pourrai donner et laisser à mes descendants.


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