Le Venezuela a sollicité Interpol pour qu'elle émette des «alertes rouges» pour les trois membres de la nouvelle direction du Parlement parallèle de l'opposition, dont sa présidente Dinorah Figuera qui vit en Espagne, a annoncé le procureur général lundi soir. «Nous avons demandé une alerte rouge internationale», a déclaré le procureur général, Tarek William Saab, dans une déclaration à la presse dans laquelle il a qualifié de «criminels» ces nouveaux membres d'un «Parlement» d'opposition. Un tribunal pénal de Caracas avait déjà émis samedi un mandat d'arrêt pour le Venezuela contre Dinorah Figuera, qui a remplacé Juan Guaido à la «présidence» d'une Assemblée nationale parallèle, reconnue par les Etats-Unis et d'autres pays comme la dernière institution démocratiquement élue au Venezuela. Les membres de ce Parlement parallèle, élu en 2015, contestent les élections législatives de 2020 remportées par les alliés du président Maduro. Les deux autres membres de la direction sont Marianela Fernandez et Auristela Vasquez, qui, elles, vivent aux Etats-Unis. «Nous verrons ce que l'Espagne et les Etats-Unis feront de cette demande du ministère public», a poursuivi le procureur général, ajoutant que son bureau avait également demandé la «saisie et la sécurisation des actifs» et le «blocage et l'immobilisation des comptes» des intéressées. Les trois responsables de l'opposition sont accusées «d'usurpation de fonctions, de trahison, d'association criminelle et de blanchiment d'argent, en vertu de leur participation à des actes irréguliers liés à la nomination fictive de l'équipe de direction d'une Assemblée nationale illégitime», ont précisé les autorités judiciaires sur Twitter. Lors d'une vidéoconférence lundi, Mme Figuera a rejeté le mandat d'arrêt à son encontre, soulignant qu'elle bénéficie de «l'asile politique» en Espagne: «Si la dictature a l'intention de prendre des mesures contre le conseil d'administration (de l'Assemblée), en principe, elle ne pourra pas le faire.». Cette nouvelle procédure porte à 27 le nombre de dossiers ouverts par le ministère public contre l'ancien Parlement à majorité d'opposition, avec 65 mandats d'arrêt. Le 30 décembre, trois des principaux partis d'opposition avaient approuvé la suppression du «gouvernement intérimaire» de Juan Guaido qu'ils avaient soutenu lors de sa création, puis le 5 janvier a été élue une nouvelle direction du Parlement. Guaido, autoproclamé président par intérim en janvier 2019, n'a pas réussi à supplanter le président Maduro au pouvoir malgré un large soutien occidental. Soutien qui s'était étiolé au fur et à mesure que l'expérience paraissait vaine. La fin de l'«intérim» intervient dans un contexte de profonde division de l'opposition, alors que la présidentielle est prévue en 2024. Des primaires pour désigner un candidat unique doivent avoir lieu cette année.