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Chaque été à l'honneur
EL GUERBA, L'OUTRE DES AURÈS
Publié dans L'Expression le 16 - 08 - 2008

Il reste que cette bonne vieille guerba, a grandement besoin d'être davantage réhabilitée en tant que symbole d'une identité nationale à préserver.
El guerba, ce rafraîchisseur ancestral si cher aux Auressiens, fait son apparition chaque été dans les douars, villes et villages, s'affirmant ainsi comme l'un des rares symboles culturels anciens encore vivants dans la région de Batna. Malgré les changements rapides survenus dans leur mode de vie, les populations d'Arris, Merouana et Chemra, peut-être plus que d'autres, lui concèdent volontiers une place privilégiée, en particulier pendant les dures journées de l'été. Faite en peau de chèvre et grâce aux poils qui la recouvrent, l'outre auressienne préserve parfaitement -tout le monde en convient- la fraîcheur naturelle de l'eau. Aïcha raconte que, dès sa prime jeunesse, elle excellait dans la confection de la guerba, laquelle comptait parmi les tâches ménagères que la femme chaouie devait impérativement accomplir avec toute l'adresse requise, et ce, avant même son mariage. La confection de la guerba, ce frigo traditionnel, n'est pourtant pas chose facile, selon cette octogénaire qui raconte la bonne recette traditionnelle pour fabriquer une outre: On dépiaute le bouc. on lave la peau de l'intérieur et on remplit la cavité de «arâar» (Genièvre). On répète la même opération, une dizaine de jours plus tard, à raison de cinq à six fois jusqu'à obtention d'une peau fine que l'on enduit de guetrane (Huile de cade). On laisse reposer quelque temps puis on la remplit d'eau que l'on jettera après. On répète l'opération une seconde fois et on referme le goulot avec une pièce faite de tissu et de bois, appelée localement khelala. L'outre est prête à l'usage. Beaucoup de femmes ayant bonne connaissance du tannage de la guerba affirment que son entretien est par contre facile. Elle se lave parfois de l'extérieur pour la débarrasser de la poussière.
L'eau qui y est conservée reste potable pendant plusieurs jours, selon l'expérience des mères et des grands-mères. Elles soulignent qu'il est possible d'ajouter une petite quantité de guetrane à l'eau ou enduire carrément l'outre deux à trois fois de cette même substance extraite du cèdre, pour que l'eau garde son goût particulier. L'eau de l'outre des Aurès qui reste très appréciée des Batnéens voire des visiteurs de la région, doit sa particularité à son goût distinct aromatisé au guetrane mais aussi à sa fraîcheur naturelle.
Ahmed, vendeur d'herbes et d'extraits de plantes naturelles et autres accessoires traditionnels dans sa petite boutique située au centre de Batna, dit ramener les outres qu'il vend de villages et de douars éloignés où la fabrication de la guerba est plutôt du ressort des femmes, notamment à Arris, qui revendique la paternité de ce «bien précieux».
La plupart de ceux qui achètent les guerbas, dira Ahmed, «sont des personnes généreuses qui cherchent, par esprit de bienfaisance, à étancher la soif des passants et des voyageurs. Beaucoup d'entre eux préfèreraient la guerba traitée à l'huile de cade -un désinfectant naturel», dit-il- aux glacières en plastique. Certains commerçants de la région n'omettent pas, à leur tour, d'accrocher des guerbas devant leurs locaux, à l'ombre et recouvertes d'un morceau de tissu humide, pour permettre aux passants de se désaltérer en cas de besoin. Beaucoup d'anciens rencontrés restent convaincus par ailleurs que l'eau de la guerba est «bonne pour la santé» et que son goût la rend «irrésistible». Certains affirment même posséder une guerba et qu'ils s'en abreuvent tout au long de l'année, à l'exclusion de tout autre moyen de conservation.
Un vieil homme de la localité de Machouch a admis que durant tout son séjour en France où il travaillait avant sa retraite, il ne se départissait jamais de sa guerba, un don de sa mère dont il se servait pour se désaltérer mais aussi pour se ressourcer grâce à l'effet qui lui procurait le goût irremplaçable du guetrane et du arâar. «Beaucoup de mes camarades émigrés venaient de temps à autre faire une provision de nostalgie en se désaltérant à l'outre au parfum du bled», a-t-il confié. Il reste que cette bonne vieille guerba, comme tant d'autres produits de l'artisanat, a grandement besoin d'être davantage réhabilitée en tant que symbole d'une identité nationale à préserver, à l'heure où une modernité débridée jette chaque jour dans les méandres de l'oubli nombre d'attributs culturels, matériels et immatériels, remontant très loin dans le temps.


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