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Mounir Khaled Berrah, directeur général de l'Office National des Statistiques (ONS), au forum de “Liberté"
“Pour un respect de la culture du chiffre"
Publié dans Liberté le 26 - 03 - 2013

Au lendemain du lancement de la deuxième phase de l'opération de recensement économique, le directeur général de l'Office national des statistiques (ONS), Mounir Khaled Berrah, était hier l'invité du forum de Liberté.
Après avoir fait une longue présentation du cadre légal et institutionnel caractérisé, en Algérie, par une loi statistique qui a identifié les organes de production et de coordination statistiques, à savoir le Conseil national de la statistique, l'institution centrale de la statistique, les services statistiques des administrations et des collectivités territoriales, les organes publics et privés spécialisés dont les instituts de sondages (ou ce qui en reste), M. Berrah a précisé que son “organisme n'est pas le seul producteur de statistiques en Algérie".
Interrogé sur la disparition du ministère de la Prospective et des Statistiques qui avait été dirigé (de mai 2010 à septembre 2012) par Hamid Temmar et qui, finalement, a fait long feu, M. Berrah a seulement estimé que l'ONS, à travers son encadrement et ses employés, aspirait, aujourd'hui, à une stabilité “institutionnelle" sous la tutelle du ministère des Finances. Il convient de rappeler, en outre, qu'un secrétariat d'Etat avait été créé et dirigé, à la même époque, par le professeur Sid-Ali Boukrami, une personnalité du monde économique et universitaire qui venait de faire son entrée dans le gouvernement. Si l'on ajoute également le délégué général à la Planification, on peut constater que cette “pléthore" de structures dédiées aux statistiques et à la prospective n'existe plus aujourd'hui. Cependant, les motivations qui avaient présidé à l'avènement de tout un département ministériel consacré aux statistiques et à la prospective restent les mêmes. Le gouvernement continue, semble-t-il, à afficher son intérêt pour l'information économique. Il s'agit, dans le cas d'espèce, de “réactiver" l'outil statistique qui, dans la phase actuelle, se contente seulement d'un secrétaire d'Etat placé auprès du Premier ministre.
Chiffres du chômage : qui croire ?
Sujet de grande inquiétude mais aussi de nombreuses initiatives des pouvoirs publics, le chômage en Algérie continue à hanter les esprits des plus optimistes. Contredisant des chiffres, du reste, assez flatteurs sur son “recul", l'annonce de manifestations sporadiques de chômeurs démontre, si besoin est, et par-delà les chiffres, que cette préoccupation demeure d'une brûlante actualité. Les initiatives actuelles des pouvoirs publics en faveur de l'emploi des jeunes viennent trahir, ainsi, de manière éloquente, le satisfecit dont se gaussent souvent nos dirigeants politiques. Partant de l'adage selon lequel “la nécessité fait loi", il y a, sans l'ombre d'un doute, un problème de chômage endémique en Algérie, notamment dans le Sud. Au-delà de cette approche “empirique", le directeur général de l'ONS, qui n'a pas révélé de chiffre définitif pour l'année 2012, s'en tient à la méthodologie retenue. “Dans beaucoup de pays dans le monde, les chiffres du chômage sont controversés alors que ceux-ci obéissent à des critères très précis notamment aux normes du Bureau international du travail." S'agissant de la manipulation des chiffres par le pouvoir, M. Berrah assurera qu'aucune injonction, d'aucune sorte, n'intervenait jusqu'à publication finale. “L'ONS n'est pas en charge de l'évaluation des politiques publiques. Nous faisons avec ce qui existe et nous essayons, à chaque fois, de faire refléter au mieux la situation socioéconomique du pays. C'est pourquoi, nous sommes en train de densifier notre réseau d'antennes." En matière de transparence, M. Berrah a révélé que l'ONS avait recours à des méthodologies universelles et à des normes internationales reconnues. “Pour élaborer les différents indicateurs statistiques, l'ONS fait référence à des méthodologies et des pratiques saines qui sont admises universellement sur le plan international (ONU, FMI, BIT, OCDE, OMS, etc)." Il signalera que son institution a fait l'objet, par ailleurs, de divers audits (Union européenne, FMI, Cnes, etc.) et que ses publications sont systématiquement accompagnées de “métadonnées". Il subsiste, cependant, selon lui, un problème de perception du chiffre en Algérie en termes de cadre référentiel, d'interprétation, de culture statistique, etc. Il est vrai qu'au lieu de chiffres précis et fiables, nos dirigeants se fourvoient, eux, souvent dans des superlatifs inconsidérés et cela toujours au mépris de la réalité. “Nous veillons à l'intégrité et à la précision du chiffre. Au-delà de notre travail technique, nous voulons instaurer en Algérie le respect de la culture du chiffre", assure l'invité du Forum de Liberté pour qui, “la tyrannie des moyennes" comporte quelques injustices. “Le chiffre doit être analysé dans son contexte. Par exemple, lorsque notre économie est complètement extravertie ou dépendante de l'extérieur, il ne faut pas s'étonner si quelques indicateurs s'affolent suite à une turbulence de l'économie mondiale. Les exportations algériennes ont bien diminué, en 2009, suite à la baisse du prix du baril. Ainsi, l'indicateur n'est comparable dans le temps et dans l'espace que s'il est produit par la même source. Cela rejoint un peu le principe de la permanence des méthodes", explique-t-il.
Intelligence économique Combien y a-t-il de PME en Algérie ? Triste constat : personne ne peut avancer un chiffre fiable. Pas même le département en charge du secteur. C'est donc tout le système de dénombrement des PME en Algérie qui semble grippé.
Devant cette difficulté presque insurmontable en l'état actuel des choses, M. Berrah s'est montré plutôt optimiste. “Ce nouveau recensement devrait permettre de mieux dénombrer nos PME !" Il est attendu de la mise en place du numéro d'identification statistique (NIS) une meilleure coordination et une harmonisation entre les données du Centre national du registre du commerce (CNRC), de la Caisse nationale des assurances sociales (Cnas), de la Caisse d'assurance sociale des non-salariés (Casnos), de l'administration fiscale (DGI), de l'administration des douanes, de l'Office national des statistiques (ONS), de la Chambre nationale de l'artisanat et des métiers (CAM), des Sociétés de gestion des participations (SGP), etc. Par ailleurs, le lancement de la deuxième phase de l'opération du recensement économique, entamée dimanche, a mis également sous les feux de l'actualité le poids du secteur informel qui, de par sa nature, est complètement réfractaire à la transparence. Le cadre juridique, qui régit les recensements officiels comporte, ainsi, des dispositions qui obligent le citoyen à répondre fidèlement et dans les délais aux questionnaires soumis. De leur côté, les enquêteurs de l'ONS sont tenus au “secret statistique" garanti par la loi. D'après la réglementation, “les renseignements individuels ne peuvent en aucun cas être utilisés à des fins de contrôle fiscal, de répression économique, d'enquêtes judiciaires, d'atteinte à la vie privée des personnes ou de concurrence". M. Berrah expliquera qu'en sa qualité de statisticien, il ne voyait pas, pour sa part, de dichotomie entre le secteur formel et le secteur informel. À l'heure où l'intelligence économique devient une préoccupation managériale, la maîtrise de l'information revêt une importance primordiale pour les dirigeants des entreprises, et ce, pour agir toujours “en connaissance de cause". Sur un autre plan, il s'agit, pour le gouvernement, d'orienter, à la lumière des statistiques, une mine d'informations, ses politiques publiques et de rendre des décisions plus cohérentes. En matière d'accessibilité, les autres utilisateurs comme les universités ou encore les médias en auront, eux, très certainement pour leurs comptes, lorsque toutes les publications de l'ONS seront “dématérialisées" du papier vers son site Web. Enfin, pour M. Berrah, l'ONS peut constituer un véritable “tableau de bord" afin d'apporter aux utilisateurs des données grâce auxquelles seront dégagées des “solutions raisonnées et porteuses de progrès".
M C L
Bio express
Né le 20 mai 1964 à Alger, Khaled Mounir Berrah est ingénieur, titulaire d'un PHD et d'un master obtenus à la prestigieuse Massachussetts Institute of Technology (MIT). Professeur d'université, M. Berrah a été notamment directeur de l'Ecole nationale polytechnique (ENP) d'Alger.
Il a été membre du comité de pilotage du Nepad avant de devenir, en 2009, le directeur général de l'Office national des statistiques (ONS).


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