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Une ode aux victimes de la décennie noire
"Les maquis du désespoir" d'Arab Ahmim
Publié dans Liberté le 31 - 03 - 2020

Le roman Les Maquis du désespoir d'Arab Ahmim (éd. La Pensée, 2019) est une halte mémorielle au relais même de l'histoire qui reste à écrire "dans cette surenchère de l'horreur". Audacieux dans le choix de ses mots, l'auteur y fait la révérence à celles et à ceux qui ont été fauchés à la force du "hebheb ou de la vieille pétoire datant d'El-Mokrani".
Scindé en six chapitres dont "La colère d'un juste", l'auteur narre à l'histoire "la colère d'un juste", en l'occurrence celle de Cheikh Moh, qu'il élève sur le socle d'un "sage". Et bien que tout ne soit que fiction, l'œuvre d'Arab Ahmim est ce mémento où est schématisée l'horreur de la décennie noire. Cela part d'une course dite clandestine à bord d'une 4L, qui n'est plus du tout jeune, mais qui roule sur les sentiers au piémont de Chréa et des monts de Larbâa.
Au volant, il y a Cheikh Moh qui connaît sa vieille guimbarde dans ses moindres boulons au motif qu'il est retraité des chemins de fers algériens. Alors, et pour qu'il ne voie pas passer le temps qu'il lui reste à vivre, il s'adonne au "taxi clandestin", non pour y arrondir sa chétive pension de retraite, mais pour avoir de la compagnie et causer ainsi avec autrui. Faut dire qu'il y a quelque chose de mort en lui, "un air détaché comme s'il s'était écarté du monde des vivants".
Seulement, et aussi impénétrable qu'il est, Cheikh Moh ne laisse rien paraître. Mieux, ce vieux "patriote" se veut plus rassurant que ne l'est son tacot toussotant. Cheikh Moh a à son bord un jeune "bidasse" venu en permission se remettre des horreurs d'une bataille livrée "au mal et aux flammes de la haine qui brûle tout ce que le pays a de sain et d'intelligent".
Auparavant, le soldat était un étudiant en psychiatrie, d'où la pieuse pensée de l'auteur au psychiatre Mahfoud Boucebsi (1937-1993). Et, chemin faisant, le récit se déroule à mesure que se rétrécit la distance du village où habite le soldat à proximité du "cimetière des âmes perdues". Un village situé dans l'Algérie où "la nuit a peur du soleil" eu égard au film d'Arezki Berkouk dit Mustapha Badie (1927-2001).
Passionné, Cheikh Moh buvait les paroles de ce jeune qui est sorti indemne de "l'école du gourou qui n'a pour pédagogie que la peur ! La phobie de la différence et de la modernité". Du reste, et au bout du récit digne des Contes de la Crypte de William Gaines (1922-1992), les pensées de Cheikh Moh s'axent autour du "sang de la haine et de la vengeance" qu'il rêve d'assouvir "à la dette du sang", mais aussi au "souvenir de fer et de feu" contre la horde des cavaliers de l'apocalypse.
Au demeurant, l'auteur a brodé de l'humanisme autour de l'atrocité que le citoyen lambda a vécue dans sa chair et qu'il offre à la postérité pour que nul n'oublie la lycéenne martyre Katia Bengana (1977-1994), le poète-écrivain Youcef Sebti (1943-1993)...



Louhal Nourreddine
Les Maquis du désespoir, d'Arab Ahmim, éd. La Pensée (2019),
240 pages.


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