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Si Mustapha Toujours sans maire
Deux semaines après l'assassinat du P/APC
Publié dans Liberté le 09 - 02 - 2003

Le 23 janvier 2003, à 18h45, le P/APC de Si Mustapha, Hamid Hirèche, un maire FLN,
est assassiné devant chez lui. Depuis, la commune est quasiment paralysée. La succession s'annonce problématique. Difficile d'assurer la relève dans ce climat de terreur. Les élus des communes “à risque” se sentent abandonnés.
Si Mustapha. Anciennement Félix-Faure. Cette paisible localité de 9 000 habitants, située sur l'axe Alger-Tizi, à mi-chemin entre les deux, est en deuil.
Au siège de l'APC, l'atmosphère est lourde. Triste. Tendue. Dans le hall, le portrait d'un charmant jeune homme, des airs de guérilleros : c'est le “patron” de la ville, Si Mustapha lui-même, Saoudi Mohamed de son vrai nom, tombé au champ d'honneur le 25 novembre 1958. Bientôt, le portrait de “Si Hamid” va le rejoindre. Deux symboles pour un même combat, celui de la dignité.
Nous demandons à voir un responsable, nous rencontrerons une pléthore de gens, qui ancien fonctionnaire municipal, qui nouveau commis, intronisé à la faveur des communales du 10 octobre dernier.
“Ne mettez pas notre nom sur le journal”, nous préviendront-ils d'entrée. C'est dire le climat qui règne en ces lieux. Les élus se sentent livrés à eux-mêmes, abandonnés. Le bâtiment municipal n'arbore pas de “renforts” particuliers. Il n'est pas indiqué de “s'exposer” plus que cela.
Un proche collaborateur du défunt se souvient de ce qui s'était passé en ce soir fatidique : “C'était un jeudi. J'étais de permanence. J'ai entendu une rafale de kalachnikov, puis des coups de feu au pistolet automatique, sans doute des coups de victoire. Je cours vers la source de l'attentat et trouve Hirèche baignant dans une mare de sang, devant chez lui.”
Feu Hamid Hirèche habitait à quelques encablures du siège de l'APC. Sa maison borde une voie de chemin de fer. Derrière les rails, un no man's land : une zone de repli idéale. Ironie du sort, le quartier du maire lui-même est le premier à pâtir du manque d'éclairage public dont souffre la commune. “L'homme se battait pour ses concitoyens au point de s'oublier lui-même. Il était comme la bougie qui nous éclaire en se consumant”, dit de lui un ami de longue date.
Autre facétie du destin : “Ammi Hamid” — comme l'appellent affectueusement ses jeunes collaborateurs — rentrait de l'hôpital de Thénia où il sera reconduit une heure plus tard. Il était allé rendre visite à sa belle-fille qui, la veille, lui avait offert un joli poupon, Amira, faisant de lui ainsi grand-père pour la première fois.
“Il était tout gai et plein de joie. Le personnel médical de l'hôpital l'entourait en le congratulant pour le bébé qui était venu égayer son foyer. L'hôpital baignait dans une ambiance bon enfant grâce à cet heureux événement. Moins d'une heure plus tard, nous le ramenions dans ce même hôpital, la tête criblée de balles, sur le point de rendre son dernier souffle”, raconte un autre élu.
A noter que la commune de Si Mustapha n'en est pas à son premier deuil du genre. En 1993, elle perd déjà un DEC, en la personne de Labhari Abdelaziz. Elle restera sans maire deux ans durant. En 1995, Hamid Hirèche, un patriote de la première heure, prend en main les rênes de l'APC. Huit ans plus tard, il paye sa bravoure de sa propre vie, après avoir échappé à moult attentats.
Qui va reprendre le flambeau ? La succession est ouverte, ou plutôt... en pointillé. Deux semaines après l'attentat, le poste de maire est toujours vacant. Le wali de Boumerdès vient de désigner un intérimaire pour gérer les affaires courantes en attendant de pourvoir le poste. Le code communal, doit-on souligner, stipule que le poste de P/APC doit être pourvu un mois au plus tard après sa vacance. A noter qu'à l'issue des élections municipales du 10 octobre 2002, le FLN, le RND et le FFS décrochent chacun deux sièges sur les sept que compte l'Assemblée communale, tandis que le dernier avait échu au MNJ. Hamid Hirèche, qui avait été DEC de 95 à 97 et décroché un mandat aux municipales du 23 octobre 1997, se voit réélu à la faveur du critère de l'âge. Sa disparition n'empêche pas le FLN de conserver la présidence de l'APC. Or, il se trouve que jusqu'à l'heure, les choses ne sont pas tranchées au niveau de la cellule du FLN. Un élu de ce parti, nous dira sans ambages : “La tâche n'est pas facile. La plupart des élus habitent dans des quartiers précaires. Ils sont sans défense.” Un autre nous exhorte à nous rapprocher du mouhafidh du parti à Boumerdès ou carrément du secrétaire général du FLN, Ali Benflis himself, pour connaître la position officielle du parti sur cette affaire. Le sentiment que nous ont laissé ces précautions est celui d'une impasse : l'assassinat du maire a chamboulé toutes les cartes. La compétition entre les formations politiques cède le pas à une prudence paralysante. L'Assemblée communale n'a toujours pas siégé. Les militants de base reçoivent des messages de sympathie, sans plus. Tout le monde est dans l'expectative. D'hommes semi-publics ayant fait campagne pour leur mandat à cor et à cri, les élus des partis politiques ne veulent plus s'afficher. Out of the record, tout le monde vous dira : “Hirèche est un argaz. Un brave type. Nous poursuivrons son œuvre et advienne que pourra.” Dès qu'il s'agit de mettre un nom sur une déclaration officielle, tout le monde se rétracte en nous intimant de passer par la voie protocolaire et en nous avertissant : “Gare à vous si notre nom est publié ! Ne mettez même pas nos initiales.”
A l'évidence, les élus ont tout à fait raison d'avoir peur. “Il n'y a pas si longtemps, cinq individus d'une agglomération toute proche sont montés au maquis”, nous dit-on. Un militant du RND fait remarquer : “136 logements sociaux ont été squattés par des gens qu'on ne connaît ni d'Eve ni d'Adam. Si ça se trouve, il y a des terros parmi eux.” D'ailleurs,un groupe de soutien constitué de 14 individus avait été démantelé l'été dernier par la brigade de gendarmerie de Boumerdès.
Autre facteur aggravant : la garde communale ne relève plus de l'APC. Elle est rattachée à un détachement de l'ANP sur les hauteurs de la ville. Autant de paramètres qui rendent effectivement problématique la question de la “succession”, et tout à fait légitime cette peur qui tétanise les gestionnaires locaux et paralyse l'APC, comme celle qui a laissé la commune orpheline et sans maire deux ans durant, au tout début de cette sinistre tragédie.
M. B.


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