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Plusieurs hauts responsables à la barre des accusés
Publié dans La Nouvelle République le 22 - 04 - 2019

La situation s'accélère du côté de la justice algérienne où, quelques jours après l'injonction que lui a adressée Gaïd Salah, l'institution judiciaire accélère le rythme de l'instruction des dossiers sur lesquels elle a été interpelée. Plusieurs gestionnaires en relation directe avec des actes de corruption et de dilapidation de deniers publics seront jugés. Ils ont été classés en tête de liste des enquêtes judiciaires à mener rapidement.
Ce que confirme la convocation à comparaître de plusieurs d'entre-eux à comparaître devant le procureur de la république près le tribunal de Sidi M'Hamed. C'était ce dernier samedi avec au titre de têtes de file l'ex-premier ministre Ahmed Ouyahia et le ministre des Finances Mohamed Loukal. Tous deux seraient directement impliqués dans des opérations de corruption, dilapidation de deniers publics et octroi d'avantages illégaux. Il y a quelques semaines, ces deux suspects occupaient le poste de Premier ministre et secrétaire général du RND en ce qui concerne le premier. Pour ce qui est du second, outre son poste de ministre des finances, il était également ex gouverneur de la Banque d'Algérie. En plus de sa gestion des opérations de la planche à billets, il lui est reproché des opérations de transfert de fond en devises au profit de la famille et proches de Bouteflika,. Dans le lot de ces derniers, il y a les frères Kouninef cités comme en ayant bénéficié Tout aussi pointé du doigt, les deux sénateurs du tiers présidentiel Said Barkat et Djamel Ould Abbès. La comparution à la barre de ces deux derniers dépendra de la levée de l'immunité parlementaire préalable qui a été demandée. Et pour peu que celle-ci soit levée par la commission juridique du Sénat, rien ne devrait s'opposer à leur audition à la barre des accusés. Il leur est reproché la dilapidation des deniers publics destinés aux couches sociales les plus défavorisées. Selon les documents relatant les faits, alors qu'il était ministre de l'agriculture, le premier aurait usé et abusé des deniers de l'état dans de nombreuses opérations d'acquisition de vaches laitières. Il s'est avéré que loin de servir au développement de la filière laitière, ces opérations ont totalement dévié de leur objectif. Elles ont servi à la satisfaction des intérêts personnels de l'ex ministre de l'agriculture que fut Saïd Barkat. Le scandale des vaches laitières de Biskra et d'autres régions du sud du pays est encore vivace dans l'esprit des éleveurs. D'où ce sentiment de satisfaction qui a caractérisé de nombreux vrais acteurs algériens de l'élevage des vaches laitières. A l'écoute de la décision de poursuivre judiciairement Djamel Ould Abbas secrétaire général du FLN, anciennement Djamel Ould Abbas ministre de la solidarité nationale; de la famille et de la femme pour peu que la commission juridique du Sénat donne son accord. C'est que le sieur a usé et abusé des caisses de l'état pour, selon lui, acheter du matériel et équipements destinés aux structures, associations et institutions sociales ainsi que pour les handicapés. On se contentera, pour l'heure, des enquêtes judiciaires officiellement entamées sur des délits qu'auraient commis dans l'exercice de ses fonctions l'ex Premier ministre Ahmed Ouyahia. C'est d'ailleurs la 2ème fois qu'il est cité à comparaître à la barre sur un dossier douteux après celui de Sider. Tout porte à croire que cette fois, il n'en réchappera pas. Particulièrement quand on sait qu'initialement confiée au pôle financier de Bab Jdid (Alger) de la Gendarmerie, l'enquête sur les Kouninef, a finalement été délocalisée au CPMI de l'armée. La décision a été prise après qu'il ait été constaté des défaillances dans le déroulement de l'enquête menée par le chef de brigade de gendarmerie sur ces individus. Cet autre geste de bonne volonté a été bien accueilli par certains leaders engagés dans cette partie de jeu politique. Là où, l'opposition a encore ses cartes intactes. Il y a par ailleurs, des acteurs de l'opposition à qui auraient été proposés des intéressements politiques pour les uns, financiers pour d'autres pour renoncer à la lutte. Il est dit aussi que l'opposition politique est peut-être infiltrée. « Ce qui peut justifier la prudence sur ses stratégies et actions » affirme-t-on. L'opposition pourrait aussi compter sur des soutiens du côté des acteurs politiques conscients de la gravité des options et choix de Gaïd Salah mais qui ne sauraient s'y opposer pour des raisons que chacun peut deviner aisément. Ce qui paraît évident, c'est qu'elle a tout de même résisté à toutes les tentatives et semble déterminée pour participer 'assaut final contre ceux pour beaucoup dans la ruine du pays. D'où l'attention soutenue de la communauté internationale dont les missions d'information de l'Union Africaine et de l'ONU qui se multiplient. C'est que l'Algérie représente, pour l'heure, des risques de l'effondrement d'un système démocratique nouveau. Il est basé sur des marches pacifiques et une symbiose entre l'armée et le peuple. L'objectif recherché à savoir « système dégage » est à matérialiser au moyen de deux mots que les citoyens de toute âge répètent « selmia selmia » à chaque fois que l'occasion de s'exprimer leur est donnée de le faire.

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