Inscrit dans l'agenda culturel national, le Forum du livre s'est tenu, jeudi soir à l'hôtel Sheraton d'Alger, réunissant un large éventail d'acteurs du monde culturel autour du thème fédérateur « Le livre... mémoire ». Cette rencontre a rassemblé écrivains, universitaires, éditeurs, professionnels du secteur du livre ainsi que des représentants des médias, dans un espace dédié à la réflexion intellectuelle, à la création et à la transmission du savoir. Cette édition a été marquée par un hommage solennel rendu au moudjahid et historien Mohamed Harbi, disparu le 1er janvier et désigné «Personnalité de l'année culturelle». Figure emblématique de l'histoire contemporaine de l'Algérie, Mohamed Harbi a été salué pour la richesse de son parcours, à la fois militant et intellectuel. Son engagement constant, sa rigueur scientifique et sa fidélité à ses principes ont été mis en avant comme des traits majeurs ayant façonné son œuvre et son influence durable sur la pensée historique nationale. La ministre de la Culture et des Arts, Malika Bendouda, a rappelé que Mohamed Harbi occupait une place singulière dans le paysage intellectuel algérien, non seulement en tant qu'historien, mais aussi comme acteur engagé dans la construction du destin national. Ses travaux ont contribué à nourrir le débat académique et à proposer une lecture critique et exigeante du passé, tout en affirmant un profond attachement à la mémoire nationale et à l'éthique intellectuelle. Avant la projection d'un documentaire retraçant les grandes étapes de la vie et de la pensée du défunt, la ministre a mis en lumière le rôle central du livre, présenté comme un espace de savoir, de refuge et de transmission. Elle a souligné sa capacité à ouvrir des horizons esthétiques et intellectuels tout en consolidant la mémoire collective, rappelant que le livre demeure l'un des piliers essentiels de l'identité culturelle et un vecteur fondamental de transmission intergénérationnelle. La ministre a également insisté sur la nécessité d'une implication active de l'ensemble des acteurs de la chaîne du livre, des auteurs aux éditeurs, en passant par les imprimeurs et les diffuseurs. Elle a plaidé pour un partenariat créatif et solidaire afin de faire face aux mutations et aux défis de l'édition moderne. Dans cette perspective, elle a évoqué l'importance d'une réévaluation globale de l'industrie du livre et de l'élaboration d'une nouvelle stratégie nationale visant à renforcer la présence du livre dans les librairies, les espaces de lecture et les initiatives culturelles à travers le pays. Abordant les perspectives à venir, Malika Bendouda a annoncé la relance du programme de publication pour l'année 2025, après un retard dans son lancement. Cette initiative vise à soutenir les auteurs et les éditeurs, tout en encourageant la production nationale et la diffusion des œuvres algériennes. Le programme de la soirée a également mis à l'honneur plusieurs créateurs algériens distingués sur la scène internationale, parmi lesquels Zhor Ounissi, Khadidja Debba, Samira Ben Aïssa, Mohamed Fetlina, Mohamed El Amine Bouhloufa, Tarek Thabet, Belkacem Meghzouchene, Sara Ben Ammara, Chouaib Koussa et Meghraoui El Ghalia. Le poète Chouaib Koussa, lauréat du deuxième prix de la poésie maghrébine en Tunisie, a offert une lecture poétique appréciée du public, avant que la soirée ne s'achève par une prestation de musique andalouse interprétée par l'orchestre de l'Opéra d'Alger Boualem-Bessaih. Ce moment artistique a renforcé l'esprit de communion culturelle qui a marqué ce forum, conçu comme un espace de dialogue, de rencontre entre créateurs et public, et de dynamisation de la scène culturelle nationale.