La présidente du Conseil des ministres italien, Giorgia Meloni, effectuera demain, mercredi, une visite officielle en Algérie. Cette visite constituera une opportunité pour la création de la Chambre de commerce algéro-italienne, proposée par Mme Giorgia Meloni, avait-on appris par le communiqué de la Présidence de la République publiée début février après l'appel téléphonique reçu par le Président Abdelmadjid Tebboune de la cheffe du Gouvernement italien. Les observateurs insistent toutefois sur la place que prendra le gaz naturel au cours de cette visite, au vu des bouleversements intervenus entre-temps du fait de l'agression américano-sioniste contre l'Iran lancée le 28 février, qui a entraîné une crise sur le marché de l'énergie impactant l'approvisionnement en gaz de pays européens, dont l'Italie. En effet, se basant sur les données de sites spécialisés, des médias ont fait état d'un recul des expéditions mondiales de GNL d'environ 20 % depuis le début du mois. Ils imputent la baisse des exportations, principalement au Qatar, premier exportateur mondial. Ils rappellent que ce pays dépend du détroit d'Ormuz pour acheminer sa production vers les marchés asiatiques et européens et notent que la fermeture de facto de ce corridor maritime stratégique a entraîné une rupture immédiate des flux commerciaux. Pour les experts, la situation a été aggravée par des dommages directs aux infrastructures de production, citant le complexe de Ras Laffan, au Qatar, qui représente la plus grande installation de liquéfaction au monde, a contraint d'interrompre ses opérations à la suite de frappes iraniennes. À court terme, estiment-ils, cette contraction des échanges se traduit par une tension accrue sur les marchés importateurs, en particulier en Europe. Au début de ce mois, le site web italien HuffPost, cité par des médias, avait noté que l'Italie était fortement dépendante du gaz importé, le gaz naturel liquéfié en provenance du Qatar représentant environ 33,6 % de ses importations totales. On sait que l'Italie compte beaucoup sur l'Algérie pour accroître la sécurisation de ses approvisionnements en gaz. En plus du domaine énergétique, d'autres centres d'intérêt pour l'Italie ressortent de sa relation économique avec l'Algérie. Ils ont été examinés par la revue « Diplomazia Economica Italiana » du ministère italien des Affaires étrangères et de la Coopération internationale qui a consacré, en novembre dernier, un grand dossier à l'économie algérienne, mettant en lumière la dynamique de diversification économique engagée dans le pays et l'intérêt croissant des entreprises italiennes pour le marché national. Dans ce dossier, intitulé « Algérie, des perspectives et des opportunités au-delà du secteur des hydrocarbures », la revue a souligné l'importance des relations « enracinées » entre les deux pays, notamment grâce à la profondeur de leurs liens historiques et culturels et à leur proximité géographique, relevant que la nouvelle orientation repose sur l'extension des domaines de coopération à de nouveaux secteurs, reflétant les transformations que connaît l'économie algérienne. La publication s'est attardée sur les progrès « notables » réalisés par l'Algérie en matière de développement économique et humain grâce aux politiques sociales et à l'investissement dans les infrastructures. Passant en revue les opportunités d'affaires, le document a mis en avant l'attractivité du marché algérien pour les entreprises italiennes, y compris les petites et moyennes entreprises (PME), notamment dans les secteurs de l'agriculture, des énergies renouvelables et de l'efficacité énergétique, des industries agro-alimentaires et de transformation, de l'industrie pharmaceutique, de la mécanique et de l'industrie automobile. Parmi les autres facteurs d'attractivité dont jouit l'Algérie, la publication a cité le faible coût de l'énergie et des matières premières, le capital humain spécialisé grâce au nombre important d'universités et de centres de formation dont dispose le pays, et sa proximité des marchés de l'Afrique subsaharienne. La revue a mis en avant les opportunités offertes par le secteur agricole en Algérie, notamment grâce aux incitations à l'investissement dans les wilayas du Sud pour atteindre l'autosuffisance en produits de large consommation et augmenter les exportations hors hydrocarbures. Pour rappel, l'Algérie figure parmi les pays prioritaires dans le cadre du Plan Mattei, destiné à renforcer les partenariats italiens avec l'Afrique.