23 ans après avoir accueilli une première fois le sommet, la ville thermale va de nouveau avoir des caméras du monde entier braquées sur elle. Le ballet des dirigeants politiques mais également ses manifestations anti-G7. Ce sont elles qui inquiètent les autorités genevoises. Car une large coalition de collectifs, d'associations et d'organisations baptisée No-G7 qui dit lutter contre «le fascisme», «l'impérialisme» et «le capitalisme» a déjà annoncé vouloir manifester à Genève. Leur objectif, organiser une manifestation le 14 juin et un contre-sommet pendant le G7 sur une grande place de la ville monde. Le sommet «est en réalité une réunion de discours fascistes, impérialistes, capitalistes, anti-féministes et racistes». Or les autorités genevoises ne voient pas d'un bon œil l'organisation d'un contre-sommet. Il faut dire que le canton reste très marqué par les violences dues à la présence de casseurs pendant le G8 d'Evian en 2003. Si les opposants de ce sommet étaient tenus à bonne distance de l'Hôtel Royal, lieu hôte, plusieurs débordements avaient entaché l'événement. Alors que plusieurs associations et collectifs prévoient déjà d'organiser des manifestations en contestation du G7, la Suisse exhorte la France à les accueillir sur son sol. Du 15 au 17 juin 2026, le sommet international sera organisé à Evian-les-Bains en Haute-Savoie. Quand les souvenirs remontent à la surface, il est toujours bon de rappeler aux organisateurs de prendre leurs responsabilités. C'est en tout cas le message envoyé implicitement par la Suisse ce mercredi 18 mars à propos du G7 organisé à Evian-les-Bains, en Haute-Savoie, du 15 au 17 juin 2026. Au-delà du village intergalactique installé à Annemasse, plusieurs milliers de casseurs avaient déferlé dans les rues de Genève et de Lausanne dans la nuit du 31 mai au 1er juin 2003. De nombreuses vitrines avaient été cassées, des voitures incendiées... Des heurts laissant derrière eux une ardoise salée de plusieurs millions d'euros, en partie remboursés par la France, et surtout un traumatisme en Suisse. Des négociations en cours entre les deux pays Deux décennies plus tard, ce sont des «inquiétudes légitimes», a déclaré à la presse la Conseillère d'Etat (membre de l'exécutif cantonal) genevoise Carole-Anne Kast, chargée notamment de la sécurité. Genève et la Suisse n'étant ni organisatrices, ni parties prenantes au G7, «nous considérons que le pays organisateur, la France, doit pouvoir garantir sur son territoire un lieu susceptible d'accueillir un contre-sommet et/ou des manifestations liées au G7», a-t-elle souligné. Selon un communiqué du canton de Genève, ce dernier et la Suisse «négocient» actuellement avec la France à ce sujet. «Le Conseil d'Etat n'acceptera pas que, comme en 2003, notre canton ait à en subir les nuisances», est-il écrit dans ce texte. Pour l'instant, «nous n'avons pas de réponse et c'est un point d'insatisfaction», a affirmé Mme Kast. «Nous sommes un peu frustrés», Malgré ces négociations au point mort, les autorités suisses ont collaboré avec la France pour mettre en place un dispositif important d'accueil, de coordination et de sécurité, en collaboration avec la France. Seulement séparés par le lac Léman, le canton de Genève et la Haute-Savoie seront fortement mobilisés, notamment côté suisse puisque l'aéroport de Genève constitue le principal point d'arrivée des délégations. Fin janvier, le gouvernement suisse a annoncé avoir approuvé «l'engagement subsidiaire d'un effectif pouvant aller au-delà de 2 000 militaires mais limité à un maximum de 5000, en service d'appui», dans le cadre des mesures de sécurité. De son côté, l'armée suisse sera engagée sur terre, sur le lac et dans l'espace aérien et agira en coordination avec l'armée française.