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3ème forum de Reage: Près de 400.000 cadres algériens en Europe
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 31 - 10 - 2009

«C'est très difficile de vendre l'Algérie comme destination professionnelle parce qu'elle n'est pas encore vue comme étant un cadre socioprofessionnel dans lequel on peut s'épanouir. Il y a donc un travail titanesque à faire en terme de sensibilisation mais il faut des sacrifices aussi.»
C'est jeudi, lors d'une conférence de presse organisée à l'hôtel Hilton d'Alger par Reage, que cette sentence a été prononcée par un jeune cadre diplômé des écoles d'Alger et, avait-il dit, «fier d'avoir eu des diplômes en Algérie». Cadre à plein temps chez l'opérateur de téléphonie Mobile Nedjma, il anime aussi, mais à titre bénévole comme ses collègues, le bureau de Reage «fraîchement ouvert à Alger». Il n'a pas caché le fait que «les compétences algériennes qui veulent travailler ici viennent avec des conditions d'expatriés, ils veulent qu'on leur trouve un logement, une école pour leurs enfants et autres choses...»
Reage est ce réseau des Algériens diplômés des grandes écoles et universités françaises qui organise le 7 novembre prochain à Paris, sous le parrainage de l'ambassadeur d'Algérie à Paris, son troisième forum qu'il place sous le thème «Algérie, potentiels et opportunités». Depuis trois ans, le forum de Reage réunit, disent ses animateurs, plus de 1.500 personnes venant du Maghreb, d'Europe et des USA pour échanger autour des opportunités d'emplois, d'investissements et d'affaires qu'offre l'Algérie. Pour son édition parisienne qu'il présente comme «1er forum économique euro-algérien», le réseau dit s'ouvrir à des secteurs «inédits», entre autres la construction, l'agroalimentaire, le juridique, la santé... La plénière sera organisée sous le thème «Nouvelle politique des IDE en Algérie». Il sera question selon les organisateurs «d'analyser les impacts des récents changements dans la réglementation des investissements en Algérie, en particulier des investissements étrangers dans le tissu industriel algérien.» Une trentaine de PME sera présente en plus des agences économiques comme l'ANDI pour le compte de l'Algérie et des associations professionnelles des deux rives.
Parmi les invités, on annonce le président du FCE, Redha Hamiani, le président de la CACI, Bendjaber, le conseiller économique de l'ambassade de France à Alger, des responsables de grandes entreprises nationales et internationales comme le patron de Cevital ou le DG de Nedjma (sponsor de l'événement) ou alors de BP ou KPMG.
Reage tente ainsi d'établir une connexion entre les deux rives dans le but de convaincre ceux qui sont dans celle nord de travailler ou alors de «coopérer» avec celle sud. Un objectif appelé par le soin de ses animateurs «construction d'un partenariat stratégique entre l'Algérie et sa diaspora». «On a vu dans ce sens des exemples qui nous laissent optimistes», dit le diplômé d'Alger en évoquant l'expérience de Karim, ce jeune binational diplômé de la Sorbonne, qui a choisit de (re)venir travailler en Algérie. Ses autres objectifs «la mobilisation de la diaspora algérienne et ses amis en faveur du développement de l'Algérie» ou encore «la contribution au rayonnement de l'Algérie dans un espace méditerranéen paisible et prospère». Et pas seulement.
«Vendre l'Algérie comme un champ professionnel»
Le réseau dit privilégier «l'action opérationnelle avec comme objectifs majeurs: participer à la promotion et à la réussite de notre communauté en Europe et dans le monde ; encourager l'esprit d'entreprise et favoriser l'émergence d'une nouvelle génération d'élites ; promouvoir les parcours d'excellence notamment auprès des jeunes talents ; construire un partenariat stratégique entre l'Europe et l'Algérie (...) » ; «oeuvrer au rapprochement des acteurs économiques maghrébins» ; enfin, «être force de propositions et de contributions». Le réseau s'est déjà constitué en antennes internationales. Il en a une au Canada, une autre aux Emirats Arabes Unis et une troisième en Grande-Bretagne sans compter, bien sûr, celle européenne. Il a aussi monté des clubs des Tic, de l'énergie, des ressources humaines, juridique avec en plus un club des entrepreneurs et un conseil junior. Et pour lever toute équivoque, il est précisé que «Reage n'est pas un recruteur mais oeuvre pour que les potentialités algériennes essaient de vendre l'Algérie comme un champ professionnel». C'est, dit l'un de ses animateurs, «une plate-forme d'échanges réunissant élites et opérateurs économiques». Son président, Fateh Ouazani, estime que «c'est une action militante au sens pur et propre du terme».
Ouazani est intervenu jeudi par téléphone à partir de Paris pour souligner que «nous sommes très demandeur d'informations de l'autre côté, donc on cherche à leur expliquer les difficultés mais également les facilités». Il a fait savoir que «nous sommes 6 millions d'Algériens vivant à l'étranger, près de 400.000 d'entre eux sont des cadres dans différents secteurs économiques européens. Vers 2020, nous serons près d'un million de cadres dont nombreux seront comptés parmi les décideurs au sein de grandes institutions.» Il estime que «c'est un véritable levier pour l'Algérie». Le président de Reage pense par ailleurs qu' «au-delà de l'euromed, il est possible de construire une région Europe-Afrique-Moyen-Orient qui compte 1,5 milliard d'habitants. C'est un formidable marché pour l'Algérie.» Il avoue être «conscient des difficultés qu'il y a en Algérie, bien qu'avec ça nous avons des membres qui s'y sont installés. Ce n'est pas un mouvement d'ampleur certes - nous n'avons pas d'invitation à faire dans ce sens - mais nous disons que l'Algérie a besoin de leur contribution.»
Dans Reage, «on est convaincu qu'un certain nombre de choses doivent bouger (...), on espère que ça aille vite». Ouazani fait état «d'un sentiment d'une certaine instabilité chez beaucoup que je pourrais comprendre. Mais l'essentiel est qu'on puisse faire quelque chose ensemble. Nous regardons avec beaucoup d'attention les opportunités qui peuvent se présenter à nous pour des projets concrets de partenariat entre les deux rives.» Le principal indicateur, dit une des animatrices, «pour collecter des informations sur différents secteurs, ce sont les opérateurs qui sont sur le terrain. On n'a pas besoin de données microéconomiques, on cherche des informations au plan microéconomique pour essayer de savoir comment évolue l'économie algérienne.» Reage fonctionne ainsi depuis 2005, date de sa création, et compte déjà 1.000 membres.


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