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«L'acte d'écrire est ma première liberté»
Publié dans El Watan le 12 - 09 - 2006

Dans son intervention, Malika Mokeddem relève : «Ma matière d'écriture se trouve en Algérie», le pays où elle a vécu ses «révoltes d'adolescente» et les conventions sociales qui noient le «je» dans le «nous». Un «nous» patriarcal soucieux de perpétuer la lignée. La société est compartimentée : le «nous» prime sur le «je», la gérontocratie étouffe les plus jeunes et l'homme domine la femme. Ainsi, écrire pour une femme signifie briser les carcans des bien-pensants pour se réaliser. «L'acte d'écrire est ma première liberté», explique Malika Mokeddem qui voit en son œuvre autobiographique Mes hommes un autre défi. Le livre évoque le «père, mon premier homme», puis au fil des pages défilent d'autres hommes qu'elle a aimés ou admirés. «Je suis revenue au pays après vingt-quatre ans d'absence pour voir mon père malade. Il ignore tout de ma vie intime depuis mon adolescence. Il ne connaît pas les hommes que j'ai aimés. Il ne veut surtout rien savoir. C'est ce silence sur ma vie qui est à l'origine de ce texte. Je me suis faite avec ces hommes et contre eux. Et j'ai tenu à coucher mon père de son vivant avec eux dans mon livre.» Et de poursuivre : «Dans ce livre, il y a de l'insolence, de la révolte mais aussi de l'amour. En rencontrant mon père, j'ai pris conscience que nous nous sommes loupés à cause de la pudeur, du silence et des interdits.» Cela dit, «j'ai décrit mes relations avec les hommes que j'ai connus sans tomber dans l'érotisme clinquant». L'écrivaine a exprimé sa déception de voir son livre «retiré» dans sa version arabe de la liste des ouvrages qui seront présentés à l'occasion de la manifestation «Algérie, capitale de la culture arabe» qui se tiendra en 2007. La «censure» a frappé aussi Les Harraga de Boualem Sansal et L'attentat de Yasmina Khadra dans leur version arabe. Décision «prise par le ministère de la Culture».
«Peut -être, on ne veut pas voir le peuple lire et réfléchir. En Tunisie et au Maroc, mes livres Les hommes qui marchent, La transe des insomnies et Mes hommes sont traduits en arabe et édités. Dans mon pays, le ministère de la Culture censure Mes Hommes dans sa traduction arabe, ainsi que Les Harraga de Boualem Sansal et L'attentat de Yasmina Khadra. Ils ne seront pas mis à la disposition des Algériens à l'occasion de la manifestation Algérie capitale de la culture arabe qui se tiendra en 2007. En parallèle, l'école trucide l'esprit critique. Une école embrigadée où on n'apprend pas aux Algériens à réfléchir», constate la même voix. Les adeptes du «prêt-à-penser veulent nous imposer des œillères et les idées archaïques». Triste pour un pays où on censure des livres en 2006. Les Chasseurs de lumières ignorent que les oukazes, même s'ils sont bien aiguisés, ne peuvent étouffer les idées. Les idées sont insaisissables. Elles brisent les frontières d'autant qu'elles sont arrachées à la patrie de la mort. Une femme a écrit. Son livre est censuré dans son pays natal. Mais une femme qui écrit comme disait Kateb Yacine dans sa préface à La Grotte éclatée de Yasmina Mechakra, une autre femme écrivain, «vaut son pesant de poudre». Notons que Malika Mokeddem est née le 5 octobre 1949 à Kenadsa. Elle quitte en 1977 l'Algérie pour la France où elle poursuit ses études de médecine (elle est néphrologue). Elle s'installe à Montpellier en 1979. En 1985, elle arrête l'exercice de sa profession pour se consacrer à la médecine. En 1992, elle publie Le siècle des sauterelles. Suivent L'interdite en 1993, Des rêves et des assassins et Les hommes qui marchent respectivement en 1995 et 1997. En 1998 est publié La nuit de la lézarde, puis Nzid et La transe des insoumis en 2001 et 2003. Excepté Le siècle des sauterelles (éditions Ramsey), les autres livres sont édités par Grasset. Elle a obtenu plusieurs prix, entre autres, le prix Littie, le prix de la Fondation Noureddine Aba et le prix Méditerranée.

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