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Ben Mohamed, poète "Mes seules angoisses sont alimentées par la situation politique du pays"
Ben Mohamed, poète
Publié dans Liberté le 09 - 04 - 2020

Le poète Ben Mohamed a contribué aux côtés de l'auteur-compositeur Kamal Hamadi à l'écriture du premier album de Zahia Bel, "Rriha Idurar" (parfum de montagnes). Cet opus lancé dernièrement au Canada exprime un profond attachement à la culture d'origine, comme l'indique le titre. Dans la chanson "Ma mère et mon fils", Kamal Hamadi écrit : "Accéder aux nouvelles connaissances, c'est bien. Tout comme découvrir d'autres pays. Mais si tu oublies ton patrimoine, c'est comme avoir une maison sans porte. Telle la poule qui imite la perdrix, jusqu'à perdre sa propre démarche." Dans "Anejli" (l'exil), Ben Mohamed exprime la mutation vécue par cet Algérien d'aujourd'hui qui s'exile alors que ses grands-parents émigraient seulement.
Liberté : Vous avez assisté fin février à Montréal au lancement de l'album de Zahia Bel. Quelles sont vos impressions ?
Ben Mohamed : Kamal Hamadi et moi avons été invités pour le lancement du premier album de Zahia Bel qui contient dix chansons, dont les musiques ont été composées par Kamal qui a également écrit sept textes, alors que j'y ai contribué avec trois textes. On a été agréablement surpris par la qualité de l'accueil qu'on a eu et surtout du professionnalisme des artistes impliqués dans le spectacle et aussi des organisateurs de l'événement.
J'insiste sur la qualité de cette organisation relevée par une grande volonté de mettre avant tout du sens dans le spectacle et d'assurer ainsi la pleine satisfaction du public. Il m'est agréable de mettre en relief cet aspect par ces temps où la recherche du gain facile et de l'agitation politique dominent dans l'organisation de la plupart de nos manifestations dites culturelles. En fait, il y a comme un jeu pervers de mépris du public dans les faits tout en l'encensant dans les discours.

Quelle est l'ambiance culturelle au Canada ?
Nous n'y sommes pas restés longtemps pour une analyse plus fine de la situation. Mais il existe quelques faisceaux d'éclairage dignes d'intérêt. On observe d'abord que le Canada est plus sensible aux problèmes identitaires que la France par exemple, qui a toujours ce handicap du passé colonial qui met constamment en jeu, de façon consciente ou inconsciente, le complexe du colonisateur face au complexe du colonisé. Donc, si les Québécois comprennent bien les revendications identitaires des Algériens, il n'en est pas de même pour les Français qui, eux, au contraire, en ont peur. Pourquoi ?
D'abord par l'importance et le sens culpabilisant donné par le courant nationaliste (et je ne dis pas patriotique) algérien à ce qu'il appelle "mythe kabyle" ou "politique kabyle" de la France. À ce propos, je voudrais juste rappeler que si cette "politique" avait eu une quelconque influence, il n'y aurait jamais eu autant de maquisards et surtout de martyrs kabyles pour l'indépendance. Ensuite, il se trouve que la France elle-même a des problèmes de revendications identitaires avec les Corses, les Bretons, les Occitans…

Paradoxalement, l'éloignement du pays ne constitue pas un handicap…
L'éloignement géographique rapproche plus notre communauté de sa culture d'origine. Par exemple, c'est à Montréal plus qu'en Kabylie que j'ai entendu des mères qui parlent dans la langue maternelle avec leurs enfants. De même pour la musique, c'est là-bas que j'ai vu des familles plus sensibles à nos rythmes, à nos airs et à la mélodie de notre âme, telle que véhiculée par tous ces chanteurs qui ont compris que la meilleure façon d'être moderne est d'être soi-même avant tout.
Pour terminer, peut-on aujourd'hui discuter sans évoquer le confinement et ses angoisses ?
J'avoue que les seules angoisses que j'ai sont alimentées par la situation politique de mon pays d'origine, celle de mon pays d'accueil ainsi que tous ces bouleversements des valeurs que vit le monde actuel. Quant au confinement, pour ma part, ce n'est pas un problème, dans la mesure où, depuis que je suis à la retraite, je ne sors que pour le plaisir de voir des amis, d'assister à des manifestations culturelles qui m'intéressent ou de voyager. Ce confinement est donc une occasion pour m'informer, lire et surtout mettre de l'ordre dans mes textes.

Entretien réalisé à Paris par : Ali BEDRICI


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