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L'année sans Sila...
Contribution
Publié dans Liberté le 20 - 10 - 2020

Le Sila n'aura pas lieu cette année. Pour garder le lien entre écrivains, éditeurs et lecteurs, Liberté ouvre ses colonnes et leur donne la parole...
Par : LAZHARI LABTER
Ecrivain
*De 2001 à 2004 en tant que directeur des éditions Anep, le Salon international du livre d'Alger – dont j'étais membre de son Comité d'organisation durant quatre ans –, et de 2005, année où j'ai créé ma maison d'édition sous mon nom en 2015, année où, la mort dans l'âme, j'ai dû mettre la clé sous le paillasson, le Sila a été pour moi, en tant qu'éditeur, un des moments les plus forts de la vie culturelle et littéraire du pays. Et en tant qu'auteur aussi comme moment privilégié de rencontre avec mes lecteurs.
Rater ce rendez-vous annuel est pour un auteur ou un éditeur algériens de l'ordre de l'inconcevable tellement il est attendu, d'autant plus que le reste de l'année les occasions de rencontrer des lecteurs venus des quatre coins du pays sont inexistantes. Le Sila est si ancré dans les habitudes des populations qui le fréquentent en masse, si important pour les amoureux du livre, les éditeurs et les auteurs qu'aucun d'eux n'aurait imaginé qu'un jour viendrait où il n'aurait pas lieu.
Ce manque est aussi terrible que le manque d'un être cher. On évoquera dans les années à venir "L'année sans Sila", comme on le disait jadis des années terribles marquées par la famine, les épidémies, les crues d'oued ou les invasions de criquets.
J'imagine ce que pourrait être en cette année 2020, déjà profondément marquée par la Covid-19 qui oblige au confinement et à l'absence des contacts habituels sans masque, sans distanciation physique ou sociale, le manque de contact des auteurs avec leurs lecteurs, le manque à gagner pour les éditeurs algériens et surtout étrangers, pour qui le Sila est une aubaine pour renflouer leur trésorerie ou équilibrer leurs comptes mis à mal par la pandémie qui a ravagé des centaines d'éditeurs, d'imprimeurs, de distributeurs et de libraires et impacté fortement tous les métiers et les sous-métiers de la chaîne du livre.
Bien sûr, on parle ici du livre car il s'agit du Sila, mais en vérité la pandémie a eu les effets dévastateurs sur tous les secteurs de la culture non seulement dans notre pays, mais dans l'ensemble du monde. Seule l'intervention de l'Etat permet aux différents secteurs de la culture de ne pas sombrer totalement.
Certains pays, conscients de l'importance de la culture de manière générale et du livre comme vecteur essentiel de la culture en particulier, ont décidé d'injecter des sommes faramineuses, comme la France qui a débloqué 2 milliards d'euros, dont 217 millions pour la chaîne du livre et 320 millions pour le cinéma ! De nombreux autres pays européens, pour qui la culture est non seulement une industrie rentable mais un marqueur de leur rayonnement dans le monde, ont mis en place des fonds d'aide et de soutien et des plans de relance.
Notre pays, qui traverse une crise multidimensionnelle et qui fait face à une raréfaction dramatique de ses rentrées en devises à cause de la chute du prix du baril de pétrole, n'a évidemment pas les moyens de ces pays, mais il existe d'autres mécanismes qui peuvent soulager le "monde du livre" à travers des dispositifs de soutien, comme des exonérations des charges et des taxes et l'accès à des prêts bancaires sans intérêts garantis par l'Etat.
Notre immense artiste peintre M'hamed Issiakhem ne disait-il pas à raison qu'"un pays sans peintres, sans poètes et sans culture est un pays mort" ?
L'Algérie du Hirak aspire à être culturellement plus vivante que jamais !


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