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L'Algérie ou le déclin par les mathématiques
Science et savoir
Publié dans Liberté le 25 - 02 - 2021


Par : LARBI ZOUAIMIA
Universitaire
Que valaient donc les notes attribuées au baccalauréat et au cycle secondaire en général, si elles n'ont pas une concordance au niveau international ? À partir de ce fait, il s'avère judicieux de conclure que la projection d'un avenir meilleur dans lequel l'éducation scientifique jouera un rôle primordial doit être une préoccupation majeure des hautes sphères du gouvernement algérien... et qu'on cesse de plaisanter."
Pire qu'une avanie quand il faut "bigler" la mise en capilotade de l'enseignement mathématique en Algérie, car aujourd'hui, et sans jeux de mots, le topo incontestablement sarcastique est malheureusement plus que vrai. Faut-il répéter que notre pays vit l'effondrement de la matière scientifique dans ses écoles, maths en tête ?
En effet, un signal affligeant nous est récemment parvenu de la dernière Olympiade internationale des maths, tenue dans sa 61e version en Russie. Cette compétition hautement scientifique, destinée aux élèves des lycées de 103 pays et à laquelle participa une délégation algérienne de 5 compétiteurs, s'est déroulée en septembre 2020. Le dévoilement de la fameuse classification mondiale place notre pays parmi les 5 Etats les plus arriérés de la planète, soit la position 100 sur 103.
Il est utile de mentionner que ladite manifestation, qui a vu le jour en 1959, en Roumanie précisément, visait en premier lieu à promouvoir les mathématiques, à encourager l'émergence d'une sélection internationale formée d'élèves des lycées et collèges du monde, mais surtout à connaître la performance des systèmes scolaires des pays participants.
Fait exceptionnel, notre pays, qui avait fui les rencontres depuis 1997 où il s'est classé à la dernière place en Argentine, a voulu "re-tester" ses compétences en 2009, à l'occasion des rencontres de Bremen (Allemagne). Or, c'est en Allemagne que l'insulte se coupla à l'affront, dit-on. À vrai dire, toute une humiliation planétaire reléguant l'Algérie – tenez-vous bien ! – à la 104e place, parmi les 104 délégations participantes. La lecture devient ainsi évidente, et il était impératif de sauter avec "nervosité" vers une conclusion laissant entendre que le malentendu entre les maths et l'Algérie est devenu tellement ancien...
Malentendu étant encore arrivé à porter un coup sévère à la logique de l'instruction et à son point d'orgue, le savoir. Toutes les épithètes ne peuvent donc décrire ce vieux quiproquo avec la connaissance... dans une République donnant l'image d'une contrée n'ayant guère connu ni la science ni les maths. Egarées plus que perdues, les écoles algériennes sont devenues une sorte d'auberge espagnole – car non fiables pour les compétitions et ne donnant pas naissance à de bonnes sélections nationales en calcul –, dans la mesure où elles injectent une sorte de prédominance des matières abrutissantes anti-maths comme anti-sciences. La résultante a fait en sorte à ce qu'elles se retrouvent, par voie de conséquence, éjectées d'un système mondialement standardisé.
Exemple : en juillet 2007, le pays ne s'est pas inscrit pour les 48es Olympiades mondiales à Hanoï (Vietnam), car un ministre profane, charriant plus de balourdises que d'éveils, n'avait pas jugé nécessaire d'y envoyer les élèves !
Il n'y avait pas que lui, c'est et c'était toute l'Algérie qui craquait sous le poids du pourrissement, du moment que, depuis l'année 1988, le sacrilège avait tenu garnison au sein de ce ministère de l'Education nationale, comme dans ses satellites rentiers et néophytes, et les expériences algériennes dans les compétitions mathématiques le démontrent sans ambages.
Ces expériences nous amenèrent vers l'année phare de 1977, quand on était, comme on l'avait souligné, le seul pays du MENA à y avoir participé (et c'est bien...), mais notre aventure nous avait valu la dernière place parmi les 20 délégations, mais ce fut un commencement.
Absence de 5 années, et vint ensuite la participation de 1982 où l'Algérie arriva encore parmi les derniers, mais fut sauvée du point extrême par le Koweït, qui la remplace au bas de la liste. En 1983, le classement donne à l'Algérie l'ordre 30 sur les 32 pays qui postulaient.
En 1987, c'est la place 36 sur 42 pays. En 1988, c'est la place 36 sur 49 pays (le meilleur score). En 1990, avec la venue de Benmohamed, le ministre qui ne cessait de crier au loup, le credo de la catastrophe fut amorcé. Sur les 54 pays qui participaient, notre pays arrache la 54e position. En 1991, c'est le numéro 53 sur les 56 équipes participantes. En 1993, l'Algérie donna enfin aux maths de très mauvaises performances. Sur les 73 pays qui avaient postulé aux internationales d'Istanbul, en Turquie, nos élèves arrivèrent 73es, en compagnie du Turkménistan.
Absence de 5 années, et c'est suite à la honte de 1997 que la République du nationalisme de la marche-arrière décide de divorcer d'avec la planète pour une durée de 12 ans, après avoir été qualifiée de dernier pays au monde en matière de compétences mathématiques.
Ici, il est important de mentionner que jusqu'à ce jour, nous ne concourons dans aucune matière, et aucune présence dans les Olympiades des technologies, des sciences physiques, de l'informatique, des sciences de la terre, de la biologie, de la linguistique, de la chimie, de la philosophie... n'a été signalée.
On se rappelle la démagogie ayant couronné notre petite participation aux Olympiades panafricaines organisées en Tunisie en 2005 (14 pays), où on a été largement devancé par la Tunisie, l'Afrique du Sud, le Bénin, le Cameroun, la Côte d'Ivoire et le Zimbabwe, même si sur le plan individuel le jeune Bouakkaz Adriane sauva la face par une seule médaille d'or. La même démagogie avait déloyalement sonné pour glorifier sur notre participation aux Olympiades de 2016 (62e place), où le ministère de l'Education tricha en portant sur la liste deux jeunes qui fréquentaient le lycée français du Qatar.
Aujourd'hui la situation de la participation doit être immédiatement corrigée, et on attend impatiemment de quoi vont accoucher les compétitions de 2021. Bonnes ou mauvaises, cela doit se faire par le lancement d'une étude où il sera enfin judicieux de se demander, en termes de bilan, pourquoi l'Algérie avait, depuis 1997, misé sur les dernières positions et fini par faire en 2020 les pires résultats internationaux des mathématiques en décrochant la 100e place sur les 103 pays participants, loin derrière des pays comme le Guatemala, la Bolivie, l'Albanie et le Koweït.
Que valaient donc les notes attribuées aux baccalauréat et au cycle secondaire en général, si elles n'ont pas une concordance au niveau international ? À partir de ce fait, il s'avère judicieux de conclure que la projection d'un avenir meilleur dans lequel l'éducation scientifique jouera un rôle primordial doit être une préoccupation majeure des hautes sphères du gouvernement algérien... et qu'on cesse de plaisanter.
C'est dans cet ordre d'idées que tous les observateurs se sont encore aperçus de la performance calamiteuse des élèves algériens de la huitième année, en maths et en science, point médian de l'instruction scolaire. Dans un autre registre, les études de la Trends in International Mathematics And Sciences Study sur la performance des systèmes scolaires, les jeunes Algériens ne sont pas évaluables, car l'Algérie évalue autrement puisqu'elle enseigne autrement et toute seule.
Le non-évaluable cède la place à une évaluation dogmatico-religieuse nous venant en parallèle, à travers certains journaux moyenâgeux abêtissants à la longueur des 4 saisons, lesquels en voulant jouer au scholastime, s'attellent à injecter du venin dans les écoles, en accaparant d'une manière populiste, mercantile et idéologique toute la vie scolaire.
Ces journaux de caniveau abondent dans des sens contraires à la scientificité et veulent qu'on ne mise pas sur l'éducation pour soulever l'économie algérienne. Ainsi, ils ne ratent pas l'occasion pour s'en prendre aux milieux des cercles spécialisés, l'accusant de courants occidentalisés. Mais ces courants sont les vrais courants algériens ayant compris la raison d'être de l'école, et décrient le fait de valoriser des sciences socio-humaines dingo-aliénées parfois moulées dans une religiosité mortifère, au détriment des sciences tout court.
L'explication réside dans le dosage de l'enseignement par des matières qui congèlent l'esprit, illustre aujourd'hui et en partie le foyer du déséquilibre technologique qui commence à prendre forme en Algérie, la poussant au 100e rang mondial en maths, dans une compétition de 103 pays. Mais pour apprendre de ce que font les autres, on peut faire une petite analogie avec les Etats-Unis, là où on répète à satiété... "De la littérature ... ça ne suffit pas" et ce en s'inscrivant carrément dans la méthodologie de Platon qui avait écrit sur le fronton de son académie "Celui qui ignore la géométrie n'entre pas ici".
Il s'agit d'une phrase hautement symbolique, qui orne justement la devise à laquelle souscrit pleinement l'administration américaine, une administration, au vu des scores obtenus dans le système d'enseignement américain, corrige au fur et à mesure, après avoir été plongée dans l'inquiétude sur le futur de la compétitivité économique des Américains. La situation négativement évaluée en 2005, 4 années après les attaques du 11 septembre, tend à devenir positive depuis 2015 en maths et en sciences.
En effet, à la lecture des études menées par l'Organisation de coopération et de développement économique (OCDE) – à ne pas confondre avec l'OSCE – les pontes de l'enseignement et des affaires se sont trouvés à un moment donné, surtout dès 2008, complètement chavirés par les piètres résultats obtenus.
La vraie vérité nous conduit d'ailleurs vers les mathématiques ou les élèves étasuniens sont manifestement tombés de Charybde en Scylla, voire relégués vers une position déclassée par rapport aux autres pays industrialisés. Ainsi, selon le rapport de l'OCDE, les USA se sont placés au 24e rang, loin derrière des pays comme Singapour, le Japon, la Finlande et la Corée du Sud. Une telle donnée est revenue 8 ans après qu'un grand économiste de la Stanford University de la Californie, Eric Hanushek, nous fit découvrir il y a 14 ans, soit en 2006, la retombée que pourrait avoir une pareille "performance" sur l'économie en général.
En effet, Hanushek confirmait déjà ce que reproduit l'OCDE sur certains pays défaillants en mathématiques, que tout échec peut représenter dans un calcul relatif un manque à gagner d'un demi-point du taux de croissance par année.
La situation est d'autant plus grave que malgré le fait de bien composer avec des impératifs de sécurité nationale, les Etats-Unis se sont rendu compte qu'ils ne doivent pas lâcher l'importation des cerveaux de l'étranger pour booster l'apport en génie. La correction a porté ses fruits dès 2017.
Or, dans ce chapitre, un coup d'œil sur cette question démontre que les actions entreprises ont pris naissance suite à des déclarations faites à la fin de 2005 par un certain Victor Johnson, directeur adjoint de l'association internationale des enseignants (Association Of International Educators), lesquelles portent sur la menace que pourrait constituer le déficit des études universitaires en génie, en sciences et en mathématiques dans les collèges américains.
Les Etats-Unis voyaient déjà d'un mauvais œil l'offensive que mènent les pays de l'Asie en matière d'enseignement technologique. Pour répliquer à ce grand démarrage extrême-oriental, les agences fédérales concernées, placées sous l'autorité de la Maison-Blanche, mobilisent une armée d'analystes afin de stimuler l'intérêt de cette grande jeunesse américaine pour le génie et les sciences.
Cependant, elles continuent de constater à regret que, du côté de la nouvelle population hispanophone, en forte croissance démographique, la motivation laisse à désirer : seulement 2,4 jeunes sur 100, de 18 à 24 ans, obtiennent un diplôme universitaire dans ces disciplines contre 6,3 pour les Blancs, quant aux jeunes issus des communautés venant des pays de l'Asie et des îles du Pacifique, ils fournissent 14,7... Une belle démonstration.


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