Ali Benflis déposera son dossier cette semaine    La difficulté d'accès aux sources mise en exergue    Appel à l'arrêt de «l'instrumentalisation de la justice»    Le rendez-vous de Benflis    Djaballah poursuit en justice Tahar Missoum    Le face-à-face    Les résultats plombés par les lignes intérieures    «Le système de Sécurité sociale n'est pas menacé»    Des «GAG» à plus de 10 milliards de DA par le Conseil des ministres…    Pedro Sanchez sous pression de la droite en Espagne    Daesh derrière le bouclier d'Erdogan    Londres demande officiellement le report du Brexit    La police disperse les manifestants à Hong Kong    L'autre révolution des Tunisiens    Les Libanais crient liberté, révolution    L'EN des locaux, l'autre échec programmé !    L'Algérie dans le groupe D en compagnie du Maroc    Taoufik Makhloufi et Walid Bidani honorés à Alger    D'autres actions des supporters en vue    Championnats du monde de Karaté Do (Cadets-juniors et espoirs)    Retour des mouvements de grève    87 kg de kif et de la cocaïne saisis sur l'autoroute, 3 narcotrafiquants arrêtés    Un homme tué par arme à feu    Le mal en perpétuelle augmentation    Un cauchemar FLN bis    Entre Mounia et Bahia y'a pas photo !    Bellaâ !    "Synapse" de Noureddine Zerrouki en compétition officielle    L'Afrique dans toute sa splendeur    Un espace de tous les arts    Monaco : Des stats impressionnantes pour le duo Ben Yedder-Slimani    «Papicha» ou le drame de la censure?    Bordj-Bou-Arreridj : Réunion du Conseil exécutif de la wilaya    L'enseignement religieux : Une pratique séculaire dans les ksour et oasis de Ghardaïa    Syrie: Paix toujours fragile au deuxième jour de la trêve entre Turcs et Kurdes    M'SILA : Pose de 514 km de câbles de fibres optiques en 2019    Grand prix Chantal Biya de cyclisme au Cameroun : L'Algérien Azzedine Lagab toujours en tête    Jeux Méditerranéens 2021 : Noureddine Bedoui préside une réunion interministérielle consacrée aux préparatifs    L'euro et le yuan remplaceront-ils le dollar pour les prêts extérieurs de la Russie en 2020?    Salah-eddine Dahmoune met en garde la "fitna"    Finances: M. Loukal aux plénières des Assemblées annuelles de la BM et du FMI à Washington    Guerre drogue au Mexique: Un fils du Mexicain "El Chapo" arrêté, puis libéré par des narcos surarmés    Sonatrach explique son projet    Six candidats prennent rendez-vous    13.410 comprimés psychotropes saisis    Des milliers de manifestants à Londres pour un second référendum    Recul de la facture d'importation    Priorité aux jeunes auteurs    







Merci d'avoir signalé!
Cette image sera automatiquement bloquée après qu'elle soit signalée par plusieurs personnes.





Le rêve et la chaloupe
Publié dans Le Quotidien d'Oran le 22 - 01 - 2019

Un conclave. Des intervenants. Des ateliers. Point à la ligne. Et pourtant il ne s'agit pas d'un film ni d'un quelconque best-seller. C'est en fait un roman tragique dont la trame de fond n'est qu'une réalité terrible et fatidique.
Un véritable drame. Les acteurs ne jouent pas de rôles. Ils sont le rôle et le font en temps réel par leurs personnes, leurs corps et leurs âmes.
La scène est un vaste territoire aux côtes généreuses. Le décor est planté de misères, de résignation et de beaucoup de colère. Les gens qui y sont ne sont que des êtres frêles à la silhouette bon enfant, au sourire absent et à la gueule de métèque. Pourtant ils sont bien de chez nous, ils sont notre progéniture, le produit de nos institutions, de nos écoles, de nos nouvelles mœurs. Le rêve qui nourrit les cavités creuses du dénuement qui les encadre, par les 100 locaux, les aides, l'emploi jeune s'avère insuffisant et peu convaincant pour qu'ils se laissent aller au gré d'un discours ou d'une promesse. Tous les pans scénarisés de la tragédie se trouvent scotchés dans le crâne de ces mômes, encore supposés inconscients mais décidés à braver tous les dangers. Rien n'est arrivé à faire disparaître l'angoisse de leurs tripes, ou freiner l'élan aventuriste et meurtrier de prendre le large. Ni l'alcool, trop cher, ni le diluant moins enivrant. La notion du prix du baril de pétrole demeure pour ces crânes une variante inconnue. Le jerrycan de mazout si. Ils le chérissent comme chérirait une maman son bébé. C'est un élément de vie ou de mort, avec d'autres dans la progression du voyage qu'ils comptent entreprendre au bout d'un monde qu'on ignore si l'on y arrive ou pas.
Ce monde qui se transmet par une boite cellulaire accrochée en permanence à l'oreillette vous déracine de votre désœuvrement quotidien, le temps d'un reportage, d'un feuilleton ou d'un journal, pour vous guider vers des rues bien agencées, du travail et de la joie de vivre. A tout ce qu'offre la tentation venue d'ailleurs, de la fenêtre ou du ouï-dire, viennent s'ajouter encore les dures conditions d'ici, d'aujourd'hui et de demain. Ces conditions où le chômage avec le logement et le mariage vont vous permettre de penser à lever les voiles vers un horizon qui vous parait certain et meilleur. Là, la tragédie commence par un air de fête. D'une main l'on prend la décision de partir, de l'autre l'on conserve comme dur le rêve d'y arriver. Ceci est un phénomène qui ne reste pas propre à un pays donné. Partir est devenu presque la première volonté par laquelle l'on tente d'attester une existence. C'est un acte destiné contre son propre sort. Ce sort dont se prévalent certains en charge de le modeler, le concevoir et le mettre en service ne doit pas être un sujet d'une ou deux journées tant qu'il s'agit là d'un destin d'une nation. C'est bien d'abord d'avoir y penser, c'est bien ensuite d'avoir à se plancher pour trouver des solutions, mais c'est malheureux de faire seul et en exclusivité le constat des causes et des motifs génésiaques. L'on ne peut guérir un « malade » si on le prend pour tel en le faisant absenter. L'on ne peut prescrire ou recommander des schémas de résolutions sans prendre en considération la profondeur du désastre. C'est aussi simple ; quand l'égalité sociale, la récompense du mérite, le respect du talent fuient la terre, la sienne, ne faudrait-il pas tenter le tout pour les suivre et goûter un tant soit peu leurs grâces et leurs vertus ? Si le pays est beau, sa terre si généreuse, son histoire si glorieuse ; il est cependant de ces hommes, de ces gouverneurs, de ces chefs qui vous font accroître le malheur et vous font prendre les pires déterminations.
La chaloupe. ils savent qu'ils sont honnis, vomis mais subsistent par la roublardise, l'esbroufe et l'escroquerie fonctionnelle. Il y a cependant certains de ces mêmes hommes affables, travailleurs, silencieux et sans fanfares, rares en soi, qui vous font aimer davantage ce pays et vous font penser que tout avenir est là, entre ses mains, dans ses espoirs, dans ses lendemains, dans son labeur, dans ses rêves et loin de tout rivage ou chaloupe.


Cliquez ici pour lire l'article depuis sa source.