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Immersion dans le passé
«Camus et le fln», Nouveau livre de Tarik Djerroud
Publié dans L'Expression le 17 - 11 - 2022

Il écrit et publie depuis une vingtaine d'années et chacune de ses nouveautés littéraires est empreinte d'innovation et de succulence. Cette fois-ci encore, Tarik Djerroud qui vit et travaille à Béjaïa, n'a pas failli à la tradition puisqu'il livre à ses lecteurs un livre dont le thème ainsi que la façon dont est appréhendé ce dernier sont d'un intérêt extrême. À commencer par le titre évocateur de l'ouvrage qui ne manquera sans doute pas de susciter la curiosité du lecteur. «Camus et le FLN». Tel est le titre de cet ouvrage savamment concocté par un écrivain dont la plume s'est aiguisée au fil des années et des livres rédigés. Comme le titre l'indique amplement, le livre de Tarik Djerroud est une invitation à se replonger dans un passé qui remonte à un peu plus d'une soixantaine d'années. Un passé qui ne semble pas avoir livré tous ses secrets, encore moins avoir pansé toutes ses blessures. Un passé qui refuse de déguerpir, explique l'auteur qui rappelle toutefois qu'il s'agit d'un regard nouveau.
Le livre de Tarik Djerroud se penche donc sur ce que ce dernier qualifie de vieux contentieux qui titille la mémoire collective et soulève moult passions des deux côtés de la Méditerranée.
Tarik Djerroud rappelle que la complexité et les non-dits de la colonisation, le regard des acteurs et celui de nos jours incitent à aller à l'essentiel; c'est-à-dire aller à la vérité historique avec des scrupules divers et tenter de dégager quelques hauts faits et d'autres bassesses qui ont forgé, en leurs temps, des blessures innombrables.
Une oeuvre dense et puissante
Le nouveau livre de Tarik qui parait en France et en Algérie se décline en pas moins de quinze parties. Ce qui rend sa lecture extrêmement passionnante surtout quand on sait que le style de Tarik Djerroud est attrayant et fluide et sa langue d'une beauté remarquable. Sur ces quinze chapitres, l'auteur s'étale de la période historique allant de 1830 à 1962, année du recouvrement de l'indépendance par le peuple algérien après un combat héroïque et inlassable de plusieurs années. Il s'agit d'une approche analytique et contradictoire, nous confie l'auteur qui souligne que son livre est publié en France aux éditions «Erick Bonnier». Pourquoi associer le nom du grand écrivain Albert Camus, auteur du mythique roman «L'étranger» et prix Nobel de littérature, au Front de Libération nationale?
La première réponse qui surgit presque systématiquement c'est le fait que le nom de Camus est indissociable de l'Algérie. Tarik Djerroud répond que quiconque aborde l'Algérie évoque naturellement la figure singulière d'Albert Camus dont l'oeuvre dense et puissante reste intimement liée à notre pays:
«Aussi, dans un même élan mémoriel, l'acronyme du FLN sort des limbes comme le symbole d'un mouvement révolutionnaire qui, les armes à la main, a su impulser un changement du sens de l'histoire d'un pays colonisé pendant cent trente-deux ans.
En poursuivant, pas à pas, ces deux itinéraires pour le moins antagoniques, une lumière dense vient titiller les instincts et se met à éclairer des zones d'ombre insoupçonnées». À la fois essai, récit, voire étude analytique, le livre de Tarik Djerroud est situé au milieu d'une galerie de miniportraits se chevauchant au gré du temps. «Camus et le FLN» est, au fond, une sereine biographie d'une époque pétaradante qui pouvait nous suggérer que l'art parfumé du vivre ensemble pourrait mieux s'apprécier en passant par un chemin moins douloureux, là où l'énergie du coeur est plus forte que la fidélité à la
terre», souligne encore Tarik Djerroud qui a déjà publié plusieurs romans dont «J'ai oublié de t'aimer», «Au nom de Zizou», «Hold up à la Casbah», «Le sang de mars...», «Loin des dogmes dominants, tant culturels que politiques, l'auteur s'est fié aux textes, ces empreintes indélébiles qui disent les états d'âme et les combats d'hommes, attelés dans le train d'une histoire encombrée d'injustices, d'incompréhension et d'espoirs, qui font toute la richesse de cet ouvrage», souligne-t-on en outre dans la note de présentation du livre en indiquant que ce dernier se lit comme un débat intellectuel, certes féroce, mais dont les éléments de langage sont tous puisés des prises de position des uns et des autres, des acteurs de ce moment-là. Tarik Djerroud emmène ainsi le lecteur dans l'univers du nationalisme algérien dans le chapitre intitulé «Les étincelles du nationalisme» puis poursuit son analyse doublée d'un récit dans des parties ayant pour titres: «L'inquiétude du conquérant», «Le Manifeste du désaccord», «La terreur et le colonisé», «La circoncision du 1er-Novembre», «Le rêve d'une trêve», «Un FLN qui voyait grand», «La justice des troubles», «Discours sans recours», «L'angoisse de l'indigène», «Guerroyer ou négocier», «Bien nommer les... troubles», etc.
Des passages fort édifiants
Dans ce livre de plus de 300 pages, le lecteur marquera sans doute plusieurs haltes devant des passages forts et édifiants comme celui-ci: «On croise les chevauchées sanguinaires de Bugeaud, en passant par le combat de Messali et de Ferhat Abbas, les étincelles de l'OS, et la mise en orbite de l'action révolutionnaire par six hommes. De Boudiaf à Ait Ahmed, le relais allait passer à Abane et Ben M'hidi». En plus des déclarations, le livre de Tarik Djerroud est nourri d'événements historiques. «Ce livre laisse aussi la part belle au regard et aux foucades de Camus qui irriguent les chapitres pour en faire, à la fin, un travail équilibré, au plus près de l'objectivité, valeur qui reste un devoir intellectuel, exigeant une lucidité sans failles», conclut Tarik Djerroud. En parcourant de manière hasardeuse le livre, on tombe sur un autre extrait aussi prégnant: «Le raisonnement révolté de Camus et celui des révoltés du FLN étaient très passionnés; certes, il se faisait un bel écho par la convergence de l'analyse de la situation; et puis, hargneux, ils divergeaient en s'invectivant à ne plus finir au sujet des perspectives d'avenir». Mais c'est sans doute la dernière phrase du livre de Tarik Djerroud qui en dit long: si la guerre est temporaire; la justice, elle, demeure une quête permanente.


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